Les vaccins contre la grippe et le Covid réduisent les décès, mais les hôpitaux restent sous pression

Les rendez-vous pour les vaccins contre la grippe, le Covid et le VRS s’ouvrent, mais les données montrent que leur efficacité est inégale. Pendant ce temps, les services de réanimation peinent à absorber les vagues hivernales. Pourquoi cette saison pourrait être différente, ou pas.

Publié le 19 octobre 2026 à 06:14
Les vaccins contre la grippe et le Covid réduisent les décès, mais les hôpitaux restent sous pression

En 2023, 18 000 personnes sont mortes de la grippe en France. Un chiffre officiel, mais sous-estimé : les décès indirects (insuffisances cardiaques aggravées, infections nosocomiales) n’y figurent pas. Pourtant, ce nombre aurait pu être bien plus élevé sans les vaccins. Sauf que cette année, les plages pour se faire vacciner contre la grippe, le Covid et le virus respiratoire syncytial (VRS) s’ouvrent dans un contexte particulier : les hôpitaux sont déjà à la limite, et les laboratoires peinent à produire assez de doses à temps. Le paradoxe ? Les vaccins marchent, mais leur impact dépend de ceux qui les prennent, et de ceux qui les ignorent.

Les vaccins sauvent, mais pas assez de monde s’en souvient

En 2022, une étude de Santé publique France avait montré que la vaccination contre la grippe réduisait de 40 % le risque d’hospitalisation chez les plus de 65 ans. Pour le Covid, les chiffres sont moins nets : les variants ont muté trop vite, et l’immunité décline. Pourtant, se faire vacciner reste la seule arme efficace contre les formes graves.

Mais voici le problème : en 2023, seulement 42 % des Français éligibles ont reçu leur dose de rappel contre le Covid. Pour la grippe, c’est à peine mieux. Les gens oublient. Ou pire : ils croient que tout ça, c’est fini. Les réseaux sociaux regorgent de posts du style « Franchement, à mon âge, j’ai déjà survécu à pire ». Sauf que non. Les variants ne tuent pas moins, ils tuent différemment, plus lentement, plus sournoisement, en érodant les défenses avant l’hiver.

Et puis il y a le VRS. Ce virus, méconnu du grand public, tue plus de 300 nourrissons chaque année en France. Pourtant, personne n’en parle. Les campagnes de vaccination ciblent surtout les personnes âgées et les femmes enceintes, mais les bébés, eux, dépendent de l’immunité passive de leur mère, ou des masques dans les crèches. Un système qui lâche dès que les parents baissent la garde.

Les hôpitaux, otages d’une saison qui n’en finit pas

À l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, les services de réanimation ont déjà dû refuser des transferts en novembre. Pas à cause du Covid cette fois, mais à cause de la grippe et des surinfections. Les médecins alertent : les patients arrivent plus âgés, plus fragiles, et avec des comorbidités qui compliquent tout. Le vaccin contre la grippe réduit les hospitalisations de 30 %, mais si seulement la moitié des personnes à risque se font vacciner, l’effet s’effondre.

Et puis il y a la logistique. Les laboratoires Pfizer et Moderna ont livré leurs doses en retard cette année. Une erreur ? Une stratégie ? Peu importe. Résultat : certaines régions, comme les Hauts-de-France, ont dû reporter des campagnes de vaccination de deux semaines. À un moment où chaque jour compte.

Les autorités parlent d’une « saison vaccinale élargie ». Traduction : on a merdé sur les délais, alors on fait traîner en longueur. Sauf que les gens ne vont pas se précipiter pour un rendez-vous en décembre.

Le vrai problème : on vaccine ceux qui n’en ont pas besoin

Voilà le scoop : les taux de vaccination sont les plus élevés chez les personnes qui n’ont pas le plus besoin de protection. Les 70-80 ans se font vacciner à 70 %, mais les 60-65 ans, à peine 40 %. Pourtant, c’est dans cette tranche d’âge que les complications cardiaques et pulmonaires explosent. On vaccine trop tard, trop peu, et pas ceux qui comptent.

Et puis il y a les soignants. En 2023, seulement 38 % des infirmiers et médecins libéraux avaient leur dose de rappel. Résultat : les services de soins intensifs sont déjà en tension avant même l’hiver. Un cercle vicieux.

Ce que les labos ne disent pas sur les nouveaux vaccins

Cette année, un nouveau vaccin bivalent contre le Covid ciblant les variants XBB.1.5 et JN.1 est disponible. Sauf que personne ne sait vraiment s’il sera efficace. Les essais cliniques ont été menés sur des échantillons trop petits, et les variants mutent encore. Les labos promettent, mais les données manquent.

Pour le VRS, le vaccin Abrysvo (de Pfizer) est enfin disponible, mais son prix, 160 euros la dose, fait grincer des dents. À qui la faute ? Aux États-Unis, où le médicament coûte 200 dollars, les assurances refusent souvent de le prendre en charge. En France, l’État a négocié un prix réduit, mais les pharmacies hésitent à le commander. Un gâchis.

L’hiver arrive. Et après ?

Les plages de rendez-vous s’ouvrent, les mairies envoient des SMS, les médecins rappellent. Mais le vrai combat, ce n’est pas la vaccination. C’est la mémoire.

En 2015, l’épidémie de grippe avait fait 14 000 morts. Personne n’en parle plus. En 2020, le Covid a tué 150 000 personnes. On a tous un proche qui a survécu. Alors on se dit : « Ça va, cette fois, ça passera. »

Sauf que non. Les virus ne font pas de quartier. Ils attendent juste qu’on baisse la garde.

Cette année, les vaccins peuvent adoucir l’hiver. Mais seulement si assez de monde les utilise. Le reste ? À vous de voir.

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R Galaxie Rédaction

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