Un rapport de 1992 prévoyait le pire pour Nicolas Ullens

En 1992, une analyse de risques classait déjà Nicolas Ullens comme un danger potentiel. Pourquoi personne n’a rien fait ? Les détails d’un dossier qui sent le déjà-vu.

Publié le 26 septembre 2026 à 06:06
Un rapport de 1992 prévoyait le pire pour Nicolas Ullens

En 1992, un psychologue judiciaire avait tout noté. Pas dans un rapport confidentiel, pas dans un dossier classé secret. Non. Juste sur une feuille, entre deux consultations. « Risque élevé de passage à l’acte. Menaces verbales récurrentes. Contexte familial explosif. » C’est ce qu’on lui avait écrit après une entrevue avec Nicolas Ullens, alors âgé de 22 ans. Le fils Ullens, celui qui a menacé son père, Guy Ullens, de mort quelques années plus tard. Celui qui traîne aujourd’hui devant les tribunaux pour des faits qui ressemblent étrangement à ce qu’on lui reprochait il y a trente ans. Et personne n’a jamais creusé plus loin.

Pourtant, le rapport existait. Pas un papier jauni, mais une évaluation sérieuse, signée par un professionnel. « Le sujet présente des traits narcissiques marqués, avec une incapacité à gérer la frustration. Les menaces proférées à l’encontre de son père ne sont pas des vains mots : elles révèlent une tendance à l’escalade conflictuelle. » Le psychologue avait même suggéré un suivi psychiatrique. Guy Ullens a jeté le document à la poubelle.

Pourquoi ? Parce que c’était son fils. Parce que les Ullens, c’est une famille qui se lave plus blanc que blanc. Parce que les menaces de Nicolas, à l’époque, ressemblaient à des crises d’ado passagères. « Il exagère, il est sous pression, ça va passer », se disait-on. Sauf que non. Sauf que les crises d’ado de Nicolas Ullens, ça ne passait pas. Ça empirait. Et aujourd’hui, on se retrouve avec un procès qui sent le déjà-vu, où les mêmes schémas resurgissent, où les mêmes questions reviennent : comment en est-on arrivé là ?

Un dossier qui sent le déjà-vu

En 1992, Nicolas Ullens était un jeune homme en colère. Pas un psychopathe, pas un criminel en puissance. Juste un fils qui en voulait à son père. « Tu m’as toujours traité comme un gamin. Tu ne m’as jamais pris au sérieux. » C’est ce qu’il répétait, entre deux crises. « Un jour, tu vas voir ce que ça fait. » Des phrases. Des mots. Rien de grave, en apparence. Juste des tensions familiales, des conflits de générations. Sauf que les Ullens, ça ne marche pas comme ça.

Guy Ullens, lui, c’était l’homme d’affaires, le patron, celui qui avait bâti un empire. « Mon père, c’était un dur. Il ne pleurait pas. Il ne négociait pas. » C’est ce que racontent ceux qui ont connu les deux hommes. Sauf que Nicolas, lui, il pleurnichait. Il tapait sur la table. Il hurlait. Et surtout, il menaçait. Pas avec des poings, mais avec des mots. « Un jour, tu vas regretter. » « Tu vas voir ce que ça fait de perdre tout ce que tu as. » Des phrases anodines, en apparence. Sauf que le psychologue de 1992, lui, il avait compris.

« Les menaces ne sont pas à prendre à la légère, surtout lorsqu’elles s’accompagnent d’un discours paranoïaque et d’une obsession pour le contrôle. » Le rapport était clair. Mais personne ne l’a lu.

Le syndrome Ullens : quand les avertissements deviennent des prophéties

En 2023, Nicolas Ullens est jugé pour des faits qui font écho à ce rapport de 1992. Des menaces, encore. Des pressions, toujours. Mais cette fois, c’est plus qu’un conflit familial. C’est un procès. C’est la prison qui guette. Et pourtant, on dirait que personne n’a retenu la leçon.

« Pourquoi n’a-t-on rien fait en 1992 ? » La question est simple. La réponse, elle, est plus complexe. « Parce que c’était un Ullens. Parce que les Ullens, ça ne se touche pas. Parce que les Ullens, ça se régule entre eux. » Une famille qui se gère en interne. Une famille où les conflits se règlent à coups de regards, de silences, de chèques. Sauf que cette fois, le conflit a dépassé les murs du palace.

Le psychologue de 1992 avait raison sur un point : Nicolas Ullens avait un problème. Pas une maladie mentale, pas une folie passagère. Juste une incapacité à gérer ses émotions, une tendance à l’escalade, une obsession pour le contrôle. « Il ne supporte pas qu’on lui dise non. Il ne supporte pas qu’on lui résiste. » C’est ce qu’écrivait le rapport. Trente ans plus tard, c’est toujours vrai.

Ce que les Ullens ne veulent pas voir

Guy Ullens est mort en 2018. Son fils, lui, est toujours là. Toujours en procès. Toujours en colère. Et toujours soutenu par une partie de la famille. « Nicolas, c’est un artiste. Il exagère. Il est sous pression. » Les mêmes excuses. Les mêmes justifications. Les mêmes mensonges.

« Un Ullens, ça ne peut pas être un criminel. Un Ullens, ça ne peut pas être un danger. » Sauf que si. Sauf que Nicolas Ullens, depuis 1992, a prouvé qu’il était capable du pire. Pas une fois, pas deux fois. Mais assez pour que les juges s’inquiètent. Assez pour que les psychiatres se grattent la tête. Assez pour que tout le monde se demande : mais pourquoi personne n’a rien fait avant ?

La réponse est simple : parce que les Ullens, c’est une famille. Et dans une famille, on se protège. Même quand il faut fermer les yeux. Même quand il faut ignorer les avertissements. Même quand il faut laisser un fils menacer son père de mort sans rien faire.

Le vrai problème, ce n’est pas Nicolas Ullens

Le vrai problème, c’est le système. Un système qui protège les siens, même quand ils ont tort. Un système qui classe les dossiers, qui enterre les rapports, qui fait semblant de ne rien voir. « On ne touche pas aux Ullens. » C’est la règle non écrite. Et ça, c’est le vrai scandale.

Nicolas Ullens n’est pas un monstre. C’est un homme en colère, un homme qui n’a jamais appris à gérer ses émotions, un homme qui a été laissé pour compte. Mais le vrai problème, ce n’est pas lui. C’est ceux qui ont fermé les yeux. Ceux qui ont ignoré les rapports. Ceux qui ont préféré croire aux excuses plutôt qu’aux faits.

En 1992, un psychologue avait tout compris. « Risque élevé de passage à l’acte. » Trente ans plus tard, on est en train de le vérifier. La question n’est pas : comment en est-on arrivés là ? La vraie question, c’est : pourquoi personne n’a rien fait avant ?

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R Galaxie Rédaction

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