À l'ONU, les mots ne suffisent plus face aux drones et aux obus

Moscou vise Zaporijia, Kiev lance 1000 drones. Pendant ce temps, à New York, les dirigeants se serrent la main en évitant le sujet. La guerre ne s’arrête pas, mais les solutions non plus. Voici pourquoi personne ne veut vraiment en parler.

Publié le 22 septembre 2026 à 08:12
À l'ONU, les mots ne suffisent plus face aux drones et aux obus

Le 1er octobre, à 3h47 du matin, les alarmes ont retenti dans la centrale nucléaire de Zaporijia. Pas une attaque classique, non : des frappes ciblées sur les infrastructures électriques autour du site. Les Russes, encore. Depuis juin, ils ont transformé la centrale en champ de bataille psychologique. Chaque coup de canon, chaque drone qui tombe, c’est un rappel : personne ne contrôle vraiment ce réacteur. Et personne ne veut en assumer la responsabilité. Pourtant, les experts de l’AIEA, eux, tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. Leur dernier rapport, daté du 20 septembre, parle d’une « détérioration continue des conditions de sécurité ». Traduction : on joue à la roulette russe avec un réacteur de 4 000 MW. Et personne ne bronche. Pas même à l’ONU, où les dirigeants du monde entier se réunissent cette semaine en mode « on fait semblant de croire que ça peut marcher ».

Pourquoi les drones de Kiev ne changent rien à l’équation Kiev a balancé 1 000 drones en une seule nuit, mercredi. Un record, selon le ministère de la Défense ukrainien. Assez pour faire sauter des dépôts de carburant russes près de Kherson, selon eux. Assez pour « démontrer que l’Ukraine frappe là où ça fait mal », comme l’a twitté le président Zelensky. Sauf que. Les Russes, eux, ont riposté en bombardant Zaporijia. Pas pour riposter, non : pour rappeler qui tient les cartes. Parce que Zaporijia, c’est le gros lot. Un coup là-bas, c’est une crise énergétique en Europe de l’Est, c’est des prix de l’électricité qui explosent, c’est des menaces nucléaires qui reviennent en boucle. Les drones ukrainiens ? Des mouches contre un tank. Les frappes russes sur Zaporijia ? Un coup de massue sur le tabou nucléaire.

Et puis, il y a le détail qui tue : ces 1 000 drones, Kiev les a achetés. Pas fabriqués. Pas assemblés sur place. Importés. Pendant ce temps, la Russie, elle, produit ses propres missiles, ses propres systèmes de défense aérienne, et elle les déploie à la chaîne. La dépendance ukrainienne aux armes occidentales, c’est un peu comme un patient en réanimation branché à des machines : ça tient debout tant que les tuyaux sont ouverts. Mais si l’un d’eux lâche ?

L’ONU, ce théâtre où on évite le sujet À New York, cette semaine, tout le monde parle de « désescalade », de « dialogue », de « voie diplomatique ». Sauf que. Les mots, ça ne stoppe pas les obus. Les résolutions de l’ONU, ça ne répare pas les réseaux électriques de Zaporijia. Pourtant, c’est là que se joue le vrai combat : pas sur le front, mais dans les couloirs des Nations unies, où chaque mot est pesé, chaque alliance calculée. Prenez le cas de la Chine. Xi Jinping a débarqué à New York avec un discours sur la « paix », mais sans une seule mention de la Russie ou de l’Ukraine. Coïncidence ? Non. La Chine vend des armes à Moscou, elle achète du pétrole russe à prix cassé, et elle attend que l’Occident se fatigue. Pendant ce temps, l’Inde, elle, continue d’acheter du pétrole russe tout en vendant des armes à Kiev. Double jeu ? Non, juste des intérêts.

Et puis il y a la France. Macron a sorti son « nous ne laisserons pas l’Ukraine tomber », mais dans les faits, les livraisons d’armes traînassent. Pourquoi ? Parce que Washington freine. Parce que Berlin hésite. Parce que personne ne veut payer le prix politique d’une escalade. Résultat : Kiev se bat avec ce qu’elle a, et ce qu’elle a, c’est de plus en plus vieux et de moins en moins efficace.

Le vrai problème, c’est l’arme nucléaire qui ne dit pas son nom Personne n’ose en parler ouvertement, mais tout le monde y pense. La centrale de Zaporijia, c’est l’arme ultime du bluff russe. Pas besoin de l’utiliser pour faire peur. Les Russes n’ont même pas à menacer : il suffit qu’un drone ukrainien s’écrase trop près des réacteurs, et hop, c’est l’Europe qui tremble. L’AIEA a bien envoyé une mission sur place en septembre. Ils sont repartis avec un rapport accablant : « conditions de sécurité inacceptables ». Mais que fait l’ONU ? Rien. Parce que si elle impose une résolution pour sécuriser Zaporijia, la Russie la bloque. Parce que si elle ne fait rien, c’est l’Occident qui passe pour faible.

Et puis, il y a un détail qui saute aux yeux : depuis le début de la guerre, les Russes ont pris le contrôle de la centrale. Ils en ont fait une base militaire. Ils en ont fait un otage. Et personne ne veut envoyer des soldats pour la reprendre. Parce que ça, ce serait la guerre totale. Parce que ça, ce serait l’escalade que tout le monde redoute.

Ce que personne ne dit, mais que tout le monde sait La guerre en Ukraine, ce n’est plus une guerre classique. C’est une guerre par procuration, où chacun joue son propre jeu. Les États-Unis veulent affaiblir la Russie sans s’engager directement. La Chine veut que l’Occident s’épuise. La Russie veut gagner sans payer le prix d’une invasion totale. Et l’Ukraine ? Elle se bat pour survivre, avec des moyens qui diminuent à vue d’œil.

À l’ONU, cette semaine, les discours seront lisses, les poignées de main nombreuses, et les promesses vides. Parce que la vraie bataille, elle se joue ailleurs : dans les usines d’armes, dans les salles de marché où le pétrole russe se négocie, et dans les bureaux des stratèges qui savent très bien que cette guerre ne s’arrêtera pas avant que l’un des camps lâche. Ou avant qu’un accident à Zaporijia ne change tout.

Et ça, personne n’en parle.

La dernière carte, c’est l’énergie L’hiver approche. En Ukraine, les coupures de courant se multiplient. En Europe, les prix de l’électricité grimpent. Et en Russie, Poutine mise sur un seul argument : sans gaz, sans pétrole, sans uranium, l’Occident va plier. Sauf que. L’Allemagne a déjà relancé ses centrales à charbon. La Pologne achète du gaz américain. Et la France ? Elle triche avec ses chiffres pour faire croire que ses réserves sont pleines.

La vraie guerre, ce n’est pas celle des drones ou des obus. C’est celle de l’énergie. Et celle-là, personne ne veut la perdre.

Conclusion À New York, on fait semblant de croire que les mots peuvent encore quelque chose. À Kiev, on se bat avec ce qu’on a. À Moscou, on attend. Et à Zaporijia, les réacteurs tournent toujours. La question n’est pas de savoir qui va gagner. C’est de savoir qui va craquer le premier. Parce que dans cette guerre, le perdant, ce n’est pas celui qui perd la bataille. C’est celui qui n’a plus les moyens de continuer.

Et pour l’instant, tout le monde a encore des cartes en main.

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R Galaxie Rédaction

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