La Tunisie ignore le risque des boissons brûlantes

Une étude révèle un lien clair entre thé et café trop chauds et le cancer de l’œsophage. En Tunisie, où ces boissons sont bues brûlantes, personne ne semble s’en soucier. Pourtant, les chiffres sont là.

Publié le 4 octobre 2026 à 14:07
La Tunisie ignore le risque des boissons brûlantes

# Le thé et le café tunisiens tuent en silence

**Un verre de thé à 70°C, c’est déjà trop.** L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le sait depuis des années. Pourtant, en Tunisie, les thermos en aluminium crachent leur contenu à 80, 90, parfois 100°C sans que personne ne bronche. Une étude récente, publiée dans *The BMJ*, confirme ce que les gastro-entérologues pressentaient : boire des liquides à plus de 65°C régulièrement augmente de 90 % le risque de cancer de l’œsophage. En Tunisie, où le thé à la menthe et le café turc sont des rituels quotidiens, le lien est évident. Et pourtant, aucun avertissement. Aucun débat.

## Pourquoi personne ne parle de ce danger

**Parce que c’est culturel.** En Tunisie, comme ailleurs dans le Maghreb, une boisson trop froide est une insulte. Un thé qui ne brûle pas la langue ? À peine servi. Les cafés et les maïs, ces petits commerces de quartier, maintiennent leurs boissons à des températures où l’on peut se brûler la bouche sans même s’en rendre compte. Les Tunisiens le savent. Ils s’adaptent. Mais leur œsophage, lui, ne s’adapte pas.

L’étude du *BMJ* a suivi près d’un million de personnes sur 10 ans. Résultat : ceux qui consommaient régulièrement des boissons à plus de 65°C avaient un risque accru de cancer de l’œsophage. En Tunisie, où la moyenne tourne autour de 75-80°C pour un thé, le risque n’est pas théorique. Il est réel. Pourtant, ni les autorités sanitaires ni les médias ne semblent s’en émouvoir. **Pourquoi ?** Parce que parler de ça, c’est remettre en cause des siècles de traditions.

## Le silence des autorités sanitaires

**Le ministère de la Santé tunisien n’a jamais émis d’avertissement.** Aucune campagne d’information, aucun contrôle sur la température des boissons servies dans les cafés. Rien. Pourtant, le cancer de l’œsophage est en hausse dans le pays. Selon l’Institut National du Cancer de Tunis, les cas ont augmenté de 30 % en 15 ans. Coïncidence ? Pas sûr.

En Iran, pays voisin où la consommation de thé brûlant est tout aussi ancrée, des campagnes ont été lancées pour sensibiliser la population. Résultat : une baisse des températures moyennes des boissons servies. En Tunisie, rien. **Pourquoi cette indifférence ?** Peut-être parce que changer les habitudes, c’est admettre que certaines traditions sont dangereuses. Et personne ne veut entendre ça.

## Ce que les Tunisiens devraient savoir

**Un thé à 65°C, c’est déjà un risque.** À 70°C, le danger est réel. À 80°C, comme c’est souvent le cas en Tunisie, c’est une loterie. Pas besoin d’attendre les symptômes, brûlures d’estomac, difficultés à avaler, pour agir. Quelques gestes simples peuvent réduire les risques :

- **Laisser refroidir** le thé ou le café avant de le boire. Même 5 minutes font une différence.
- **Éviter les gorgées brûlantes**, surtout le matin à jeun.
- **Privilégier les tasses en céramique** plutôt qu’en aluminium, qui conservent moins la chaleur.

Mais le vrai problème, c’est l’absence de débat. En Turquie, où le café est servi bouillant, des études ont montré une corrélation similaire. Pourtant, là-bas aussi, personne ne semble s’en préoccuper. **Comme si la santé de l’œsophage était un détail secondaire face au plaisir d’une boisson brûlante.**

## Un angle mort dans la santé publique

**La Tunisie a d’autres priorités.** Le choléra, le diabète, les maladies cardiovasculaires. Le cancer de l’œsophage, lui, est souvent considéré comme un problème marginal. Pourtant, il tue. Et il pourrait tuer bien plus si rien ne change.

L’étude du *BMJ* n’est pas une surprise. Elle confirme ce que les médecins tunisiens observent depuis des années. Mais une confirmation scientifique ne suffit pas à faire bouger les lignes. **Il faudrait une prise de conscience collective. Et ça, personne ne semble prêt à l’enclencher.**

## La Tunisie paiera-t-elle le prix de son indifférence ?

**Les chiffres sont là.** Le cancer de l’œsophage est en hausse. Les boissons brûlantes sont partout. Et les autorités ferment les yeux. Dans 10 ans, quand les statistiques seront encore plus alarmantes, sera-t-il trop tard pour agir ?

En Iran, on a agi. En Turquie, on parle. En Tunisie, on attend. **Comme si le corps des Tunisiens était une variable d’ajustement dans l’équation culturelle.**

**La santé n’est pas négociable. Même pas pour un thé.**

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R Galaxie Rédaction

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