Trois-Rivières mise sur deux technologies pour sauver des vies

La Fondation Santé Trois-Rivières lance une campagne pour financer deux traitements innovants. Mais les délais et les lobbies compliquent tout. Voici pourquoi ça pourrait changer la donne, ou pas.

Publié le 4 octobre 2026 à 12:13
Trois-Rivières mise sur deux technologies pour sauver des vies

Pourquoi ces deux technologies n’arrivent toujours pas ?

La première, un marqueur sanguin développé par l’Institut de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM), permet de détecter des tumeurs agressives trois ans avant qu’elles n’apparaissent à l’imagerie. La seconde, une thérapie ciblée contre les métastases résistantes aux hormonothérapies, est testée en phase III depuis 2019 par la compagnie québécoise Theratechnologies. Résultat : on sait qu’elles marchent. Mais on ne les voit pas.

Pourquoi ? Parce que les comités d’approbation fonctionnent au ralenti. Un dossier comme celui du marqueur sanguin met cinq ans à passer de la preuve scientifique à l’autorisation de mise sur le marché. Cinq ans. Pendant lesquelles des femmes meurent. La Fondation Santé Trois-Rivières a déjà récolté 1,2 million via Un seinbol, mais l’argent ne suffit pas. Il faut aussi casser les habitudes.

Le piège des protocoles

Les hôpitaux adorent les protocoles. Parce que c’est rassurant. Parce que ça évite les erreurs. Sauf que les protocoles, c’est comme les règles d’un jeu de société : si tout le monde les suit à la lettre, vous perdez. Ici, le jeu, c’est la vie des patientes.

Prenez le cas de la thérapie de Theratechnologies. Les essais cliniques ont montré une réduction de 40 % des récidives chez les femmes en phase métastatique. Pourtant, le ministère de la Santé du Québec a mis deux ans à valider son intégration dans le régime public. Deux ans à tergiverser sur des détails de dosage, alors que les patientes attendaient.

Et puis il y a les lobbies. Les géants de la chimio et des radiothérapies ne veulent pas perdre leur marché. Ils financent des études qui minimisent l’efficacité des alternatives. Résultat : les médecins hésitent. Les patientes aussi.

L’argent n’est pas le vrai problème

La Fondation Santé Trois-Rivières a besoin de 3 millions pour accélérer l’adoption de ces deux technologies. C’est une somme. Mais ce n’est pas une fortune. Le vrai blocage, c’est la culture. Une culture qui préfère attendre, tester encore, vérifier une dernière fois, plutôt que d’agir.

En 2020, le gouvernement français a mis deux semaines à autoriser l’usage du remdesivir pour le COVID. Deux semaines. Pas deux ans. Parce que la France avait déjà un système en place pour les urgences sanitaires. Le Québec, lui, a encore des réunions de comité.

Ce qui se joue à Trois-Rivières

La ville est un terrain d’expérimentation. Pas parce qu’elle est en retard, mais parce qu’elle est en avance sur certains points. Le Centre hospitalier de Trois-Rivières (CHTR) a déjà intégré des protocoles innovants pour les cancers du sein métastatiques. Mais sans les outils adéquats, même les meilleurs médecins sont limités.

La campagne Un seinbol n’est pas qu’une collecte de fonds. C’est un test. Un test pour savoir si le Québec peut enfin passer à la vitesse supérieure. Si les deux technologies sont adoptées d’ici 2026, ce sera la preuve que le système peut bouger. Sinon, on restera dans l’attente.

Le vrai enjeu : la confiance

Les femmes qui subissent un cancer du sein ont déjà assez de doutes. Elles se demandent si leur médecin a les bons outils. Si leur traitement est le meilleur. Si on ne leur cache rien. Quand une technologie prometteuse traîne pendant des années, ça creuse le fossé.

La Fondation Santé Trois-Rivières pourrait lever les 3 millions. Mais si les comités continuent à bloquer, à retarder, à tergiverser, l’argent ne servira à rien. Le vrai défi, ce n’est pas de trouver des donateurs. C’est de convaincre les décideurs que l’attente tue.

Et après ?

Si la campagne réussit, deux choses vont changer. D’abord, des vies seront sauvées. Ensuite, une question se posera : pourquoi on a mis autant de temps ?

La réponse est simple. Parce que personne ne voulait prendre de risque. Même si le risque, c’était de ne rien faire.

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R Galaxie Rédaction

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