Le 14 novembre 2024, à 10h47, heure de Washington. Donald Trump poste un message sur Truth Social. Pas un tweet, non : un avertissement. « Les Iraniens ne peuvent pas tenir plus longtemps. » Pas de source, pas de nuance. Juste cette phrase, sèche, comme un ultimatum. Et puis il ajoute : « Ils essaient désespérément de peser sur l’élection de mi-mandat. » Sous-entendu ? Si les républicains gagnent en novembre, la pression sur Téhéran va redoubler. Et la guerre, elle, s’arrêtera « immédiatement ».
Problème : personne ne sait si c’est une promesse ou une menace. Ou les deux.
**L’Iran qui tremble (ou qui feint de trembler)
En 2023, les attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz ont fait bondir les tensions. Les États-Unis ont riposté en ciblant des sites militaires iraniens en Syrie. Résultat ? Un bras de fer gelé, mais pas éteint. Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), les Gardiens de la révolution iranienne (IRGC) ont mené au moins 12 opérations majeures contre des cibles américaines ou alliées depuis 2021. Douze. Pas des provocations. Des actes de guerre.
Pourtant, Téhéran évite l’escalade totale. Pourquoi ? Parce que son économie est au bord du gouffre. Les sanctions américaines étouffent le pays : , 60% de PIB par habitant depuis 2018, selon la Banque mondiale. Les Iraniens ont faim. Pas seulement de nourriture, mais de stabilité. Et une guerre ouverte avec Washington, c’est le chaos.
Alors Trump a raison sur un point : l’Iran ne peut pas tenir indéfiniment. Mais ça ne veut pas dire qu’il va plier. Juste qu’il va négocier. Ou saboter.
**Le piège des législatives américaines
Les Iraniens ont un atout : le temps. Et les États-Unis, en pleine campagne électorale, sont distraits.
En novembre, les Américains élisent la totalité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Si les républicains reprennent le contrôle, ce qui semble probable selon les sondages (YouGov donne +7 points aux Républicains en moyenne), Trump ou ses alliés pourront durcir le ton sur l’Iran. Problème : une guerre ouverte avant l’élection, c’est un cadeau pour Biden. Après ? Personne ne sait.
C’est là que Téhéran joue serré. Si les attaques iraniennes reprennent à plein après novembre, Trump pourra brandir la menace d’une réponse « massive ». Mais si les Iraniens attendent… ils perdent leur levier de pression.
Le vrai calcul de Trump ? Faire croire à l’Iran que les États-Unis vont frapper fort après les élections. Pour que Téhéran anticipe et négocie avant. Ou alors… pour que l’Iran frappe avant, et que Trump puisse accuser Biden d’avoir « failli » face à la menace.
**Ce que personne ne dit sur les « négociations secrètes »
En 2022, des fuites dans la presse (Washington Post) ont révélé que les États-Unis et l’Iran avaient discuté en secret d’un accord pour réduire les tensions. Rien de signé, bien sûr. Juste des contacts via des intermédiaires, Oman, le Qatar, parfois même la Chine.
Aujourd’hui, ces canaux sont toujours ouverts. Mais personne n’ose en parler. Pourquoi ? Parce que si Trump gagne en 2024, il pourrait rompre ces discussions du jour au lendemain. L’Iran, lui, a tout intérêt à garder une porte de sortie. Même si, au final, elle ne mène nulle part.
Le scénario le plus probable ? Une trêve fragile après novembre. Pas la paix. Juste un cessez-le-feu qui permet à chacun de respirer. Le temps que les marchés oublient la crise pétrolière. Le temps que l’attention des Américains se tourne vers autre chose.
**Pourquoi cette guerre ne finira pas comme Trump le promet
Parce que ni l’un ni l’autre ne veut vraiment la paix.
- Pour l’Iran, une guerre ouverte, c’est la fin du régime. Mais une tension permanente, c’est une façon de tenir les États-Unis à distance sans risquer un effondrement interne.
- Pour Trump, une victoire militaire contre l’Iran, c’est l’assurance d’être réélu en 2024. Mais une guerre longue ? C’est un bourbier. Et personne ne veut d’un nouveau Vietnam.
Alors ils bluffent. L’un avec des missiles, l’autre avec des tweets. Et le monde regarde, impuissant, tandis que le compte à rebours continue.
La dernière carte de Trump ? Faire croire que la fin est proche. Même si, au fond, personne ne sait vraiment ce qui se passera en novembre.
Sauf peut-être les généraux iraniens. Eux, ils ont un plan B. Toujours.