Trump et Musk félicitent l’extrême droite allemande, et personne ne bronche vraiment

La victoire écrasante de l’AfD en Saxe-Anhalt relance le débat sur l’Europe, mais les États-Unis et les élites économiques ferment les yeux. Pourquoi cette indifférence ? Et que dit ce silence sur l’avenir du continent ?

Publié le 9 septembre 2026 à 16:05
Trump et Musk félicitent l’extrême droite allemande, et personne ne bronche vraiment

Pourquoi les États-Unis applaudissent sans sourciller ?

Les États-Unis n’ont jamais caché leur mépris pour l’UE. Trump, en particulier, a toujours traité l’Europe comme un client faible, un partenaire à prendre ou à laisser. Mais là, il ne s’agit pas juste de critiquer Bruxelles. Il s’agit de saluer un parti qui veut fermer les frontières, réduire les droits des migrants, et dont une partie de l’électorat rêve d’un retour à un nationalisme pur et dur.

Pourtant, personne ne semble choqué. Pourquoi ? Parce que l’AfD, c’est aussi l’antithèse du wokisme américain. Elle rejette l’islamisme radical, elle critique l’islam politique, elle défend une vision conservatrice de la société. Pour Trump, c’est une victoire contre ce qu’il appelle « l’islamo-gauchisme ». Musk, lui, voit probablement dans l’AfD un rempart contre le « politiquement correct » européen, ce poison qui, selon lui, étouffe l’innovation.

Mais attention : ce n’est pas un soutien idéologique. C’est un calcul. L’AfD, c’est l’Europe qui dit « non » à la migration de masse, « non » à l’islam radical, « non » à une bureaucratie bruxelloise qu’elle déteste. Et ça, ça arrange Washington. Même si ça signifie fermer les yeux sur les dérives.

Un détail qui en dit long : quand l’AfD a gagné, les marchés ont à peine réagi. Pas de panique, pas de vente massive d’actions allemandes. Pourquoi ? Parce que les élites économiques savent une chose : l’AfD ne touchera pas aux règles du jeu économique. Elle veut juste moins d’immigration, plus de souveraineté, et un État plus fort. Pas de révolution capitaliste. Pas de remise en cause des traités de libre-échange. Juste une Europe plus dure, plus fermée, mais toujours rentable.**

Et puis, il y a ce chiffre, souvent ignoré : l’AfD ne fait pas que 30% en Saxe-Anhalt. Elle fait 20% en Bavière, 15% en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, et même 10% en Hesse. Elle progresse partout. Pourtant, les médias internationaux en parlent à peine. Pourquoi ? Parce que ça dérange. Ça dérange parce que ça montre que l’Europe n’est pas un bloc homogène, mais un continent fracturé.

Et ça, personne ne veut le voir.

Ce que l’AfD ne dit pas (mais que tout le monde sait)

L’AfD, c’est le parti qui parle de l’immigration comme d’un problème, mais pas des causes. Elle dénonce les crimes commis par des migrants, mais elle évite soigneusement de parler des conditions dans les pays d’origine qui poussent les gens à fuir. Elle veut moins de réfugiés, mais elle ne propose pas de solutions concrètes pour l’Afrique ou le Moyen-Orient.

Pourquoi ? Parce que ça compliquerait tout. Parce que parler de développement économique, de corruption, de guerres, c’est admettre que la migration, c’est un problème structurel, pas juste un problème de « mauvaises personnes ».

Et puis, il y a cette question qui tue : si l’AfD arrive au pouvoir, que se passe-t-il pour les 8 millions de personnes qui ont déjà le droit de vivre en Allemagne ? L’AfD ne le dit pas clairement. Elle parle de « régularisations », mais personne ne sait vraiment ce que ça veut dire. Est-ce qu’on va expulser massivement ? Est-ce qu’on va naturaliser en masse ? Personne n’a de réponse.

Pourtant, c’est là que le bât blesse. Parce que si l’AfD gagne vraiment, ce ne sera pas juste une question de politique migratoire. Ce sera une remise en cause profonde de l’identité allemande. Et ça, même ses électeurs ne mesurent pas encore l’ampleur.

L’Allemagne qui se réveille (trop tard ?)

En 2015, Angela Merkel a ouvert les frontières. Elle a cru faire un geste humanitaire. Résultat ? Plus de 1,3 million de migrants sont arrivés en Allemagne cette année-là. Aujourd’hui, l’AfD en paie le prix politique.

Mais attention : l’AfD n’est pas le seul parti à gagner avec cette politique. Les Verts, qui étaient pour l’accueil des réfugiés, commencent à reculer dans les sondages. Parce que les Allemands, eux, ont vu les conséquences : des villes divisées, des tensions communautaires, des quartiers où l’État ne contrôle plus rien.

Le chiffre qui résume tout : selon une étude du Pew Research Center (2023), 52% des Allemands pensent que l’immigration est un problème pour leur pays. 52%. Pas une minorité. La majorité.

Pourtant, les partis traditionnels refusent d’en parler. Parce que c’est trop compliqué. Parce que c’est trop risqué. Parce que reconnaître ce problème, c’est admettre que la politique migratoire de Merkel était une erreur.

Et personne ne veut assumer ça.

Ce que Trump et Musk ne voient pas (ou ne veulent pas voir)

Quand Trump félicite l’AfD, il voit une Europe qui lui ressemble. Une Europe forte, nationaliste, anti-immigration. Mais il ne voit pas que cette Europe-là est aussi une Europe qui pourrait se retourner contre les États-Unis.

Parce que si l’AfD gagne, ce ne sera pas juste pour l’immigration. Ce sera aussi pour l’OTAN, pour les livraisons d’armes américaines, pour la dépendance énergétique. L’AfD veut une Allemagne plus indépendante. Plus souveraine. Et ça, ça pourrait bien signifier moins de troupes américaines sur le sol allemand, moins de bases militaires, moins d’influence américaine dans les décisions européennes.

Elon Musk, lui, voit dans l’AfD un rempart contre le « wokisme ». Mais il ne voit pas que l’AfD, c’est aussi un parti qui veut contrôler les géants du numérique. Qui veut taxer les GAFAM. Qui veut limiter leur pouvoir. Et ça, pour un homme comme Musk, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Leur erreur ? Ils croient que l’extrême droite européenne est un allié. En réalité, c’est un miroir. Un miroir qui reflète leurs propres divisions, leurs propres peurs. Mais un miroir qui, un jour, pourrait leur renvoyer bien plus qu’ils ne l’imaginent.

L’Allemagne va-t-elle basculer ?

Non. Pas tout de suite. Parce que l’AfD reste un parti marginal au niveau fédéral. Elle ne gouverne pas. Elle ne fait pas la loi. Elle crie dans le désert.

Mais le désert grandit. Parce que les partis traditionnels sont en crise. Parce que les électeurs sont en colère. Parce que personne ne leur propose une vraie alternative.

Alors oui, l’AfD peut gagner encore. Et quand elle gagnera, ce ne sera pas juste une victoire pour elle. Ce sera une victoire du populisme. Une victoire de la colère. Une victoire de ceux qui en ont marre des élites.

Et ça, ce n’est pas qu’un problème allemand. C’est un problème européen. Un problème mondial.

Parce que si l’Allemagne bascule, la France, l’Italie, les Pays-Bas ne sont pas loin. Et après ? Après, ce ne sera plus juste une question de migration. Ce sera une question de démocratie. De stabilité. De sécurité.

Alors oui, Trump et Musk peuvent applaudir. Mais ils feront mieux de regarder plus loin que leurs tweets.

Parce que l’Europe qui vient, ce n’est pas celle qu’ils croient.

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R Galaxie Rédaction

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