Les masques, oui, mais pas n’importe comment
Le masque, c’est le geste le plus visible. Pourtant, beaucoup l’utilisent mal. Un masque mal ajusté ou en tissu fin ne filtre presque rien. Pire : certains le baissent sous le menton en parlant. Résultat ? Une étude de l’Université de Cambridge publiée en 2021 a montré que les masques mal portés réduisent à peine la transmission par rapport à ne pas en porter du tout. Alors, comment faire ?
Privilégiez les masques chirurgicaux ou les FFP2. Vérifiez qu’ils couvrent bien le nez et la bouche, sans espace. Et surtout, ne le touchez pas en le portant. Si vous devez l’ajuster, retirez-le d’abord. Un détail qui compte : les masques en tissu épais, avec une double couche, peuvent être une option si vous n’avez pas accès à autre chose. Mais attention, ils doivent être lavés à 60°C après chaque utilisation.
Et évitez les masques avec valve d’expiration. Ils protègent contre les projections, mais pas contre celles des autres. Autrement dit, vous respirez l’air contaminé des gens autour de vous sans filtre.
L’aération, l’arme secrète sous-estimée
Personne n’en parle assez, mais c’est le geste le plus efficace après le masque : faire entrer l’air frais. Dans les bus, cela dépend des conducteurs. Certains ouvrent les fenêtres dès que possible. D’autres, surtout par temps froid, les gardent fermées. Résultat : dans un bus non aéré, la concentration en CO₂ peut atteindre 2 000 ppm (contre 400 ppm en extérieur). Or, au-delà de 1 000 ppm, le risque de transmission des virus augmente significativement.
Pourtant, les transports en commun français ne sont pas obligés d’aérer systématiquement. À Paris, la RATP a bien installé des capteurs de CO₂ dans certains bus, mais ce n’est pas généralisé. Et dans le métro, où les fenêtres n’existent pas, l’aération dépend des systèmes de ventilation centrale. Problème : ces systèmes sont souvent sous-dimensionnés. Une étude de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) en 2020 a révélé que dans certaines stations, le renouvellement d’air était insuffisant, surtout aux heures de pointe.
Alors, que faire si vous êtes coincé dans un métro ou un bus mal aéré ? Bougez. Levez-vous, marchez. L’air est généralement moins chargé en particules au centre du véhicule qu’au niveau des sièges. Et si possible, évitez les heures de pointe.
La désinfection, un leurre ?
Les gares et les bus sont désinfectés, c’est vrai. Mais est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Les produits utilisés (eau javellisée, alcool à 70°) tuent bien les virus sur les surfaces. Sauf que les virus se transmettent surtout par les gouttelettes et les aérosols, pas par les poignées ou les sièges. Une étude de l’Université de Princeton a montré que le risque de contamination via les surfaces est bien inférieur à celui de la respiration d’aérosols.
Alors, faut-il désinfecter son siège avant de s’asseoir ? Cela peut rassurer, mais l’impact réel est limité. En revanche, désinfectez vos mains après avoir touché une surface partagée : barres de métro, boutons d’ascenseur, écrans de titre. Utilisez du gel hydroalcoolique à 60% minimum.
Les transports en commun français, champions de l’improvisation
La France a mis du temps à réagir. Pendant la première vague de Covid-19, les transports parisiens ont été parmi les derniers en Europe à généraliser le port du masque obligatoire. Résultat : des pics de contamination dans le métro. Aujourd’hui, les choses ont changé, mais les moyens restent inégaux.
Prenez la RATP. Elle a investi dans des purificateurs d’air dans certaines stations, mais ces systèmes sont coûteux et pas encore déployés partout. Quant à la SNCF, elle a bien installé des distributeurs de gel hydroalcoolique dans les gares, mais leur efficacité dépend de l’usage des voyageurs. Et dans les TER, où les espaces sont encore plus confinés, l’aération laisse souvent à désirer.
Pourtant, il y a des exemples ailleurs. À Tokyo, les transports sont équipés de systèmes de filtration d’air haut de gamme, et les voyageurs sont incités à voyager aux heures creuses. À Hong Kong, les masques sont obligatoires depuis des décennies, et la population est bien plus disciplinée qu’en France.
Ce que les pouvoirs publics ne disent pas
Les autorités sanitaires insistent sur les gestes barrières, mais elles minimisent souvent un fait : les transports en commun sont des usines à virus. Pourquoi ? Parce que les mesures prises (masques, désinfection) sont appliquées de manière aléatoire, et que les infrastructures ne sont pas conçues pour limiter les contaminations.
Prenez l’exemple des sièges. Dans un bus ou un métro, les sièges sont souvent placés en rangées serrées, favorisant la propagation des aérosols. Une étude de l’Université de Bristol a montré que les passagers assis près d’une fenêtre avaient 30 % moins de risques d’être contaminés que ceux assis au milieu. Pourtant, personne ne réorganise les sièges.
Et puis, il y a le problème des voyageurs asymptomatiques. Une personne sur trois contaminée par le Covid-19 ne présente aucun symptôme, selon l’OMS. Dans un bus bondé, elle peut infecter des dizaines de personnes sans même le savoir.
Alors, que faire concrètement ?
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Évitez les heures de pointe. Si vous pouvez, décaler votre trajet de 30 minutes peut réduire votre exposition de moitié.
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Portez un masque qui protège vraiment. Chirurgical ou FFP2, bien ajusté. Et ne le baissez pas.
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Aérez au maximum. Si vous êtes dans un bus avec fenêtres, demandez au conducteur de les ouvrir. Dans le métro, bougez, marchez.
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Lavez-vous les mains après le transport. Même si vous n’avez touché personne, les surfaces sont des nids à microbes.
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Pensez aux alternatives. Vélo, trottinette, covoiturage : si la distance le permet, évitez les transports en commun aux heures où ils sont bondés.
Le vrai problème, c’est l’architecture des villes
On pourrait croire que le problème se résoudra avec le temps. Mais non. Les transports en commun resteront des incubateurs à virus tant qu’on ne repensera pas leur conception. Des sièges espacés, une ventilation renforcée, des couloirs larges pour éviter les foules : tout cela existe, mais ça coûte cher. Et les collectivités préfèrent dépenser des millions en caméras de surveillance plutôt qu’en systèmes de filtration d’air.
En attendant, la solution la plus efficace reste entre vos mains : réduisez votre exposition. Parce que dans un bus ou un métro, le risque zéro n’existe pas.