L'AFCN et la Défense échouent à masquer Tihange et Amay sur Strava

Deux sites stratégiques belges, une centrale nucléaire et une caserne militaire, restent visibles sur l'application de running Strava, alors que Google Maps les floute. Pourquoi cette anomalie persiste-t-elle ? Et surtout, que révèle-t-elle sur la gestion des risques en Belgique ?

Publié le 10 octobre 2026 à 18:20
L'AFCN et la Défense échouent à masquer Tihange et Amay sur Strava

Sur Strava, tout est trace. Même ce qui ne devrait pas l’être. En zoomant sur les cartes de l’application, on tombe encore sur les contours nets de la centrale nucléaire de Tihange et de la caserne militaire d’Amay. Deux sites sensibles, deux cibles potentielles, et pourtant, personne ne semble s’en soucier vraiment. Pourtant, Google Maps, lui, les floute. Pourquoi cette différence ? Et surtout, pourquoi l’AFCN et la Défense belge ne parviennent-ils pas à effacer ces images, alors qu’ils le réclament depuis des années ?

Un flou artistique qui protège mal

La centrale de Tihange, avec ses trois réacteurs, est un joyau industriel. Et un objectif militaire évident. Pourtant, sur Strava, ses bâtiments, ses accès, ses zones de sécurité : tout est là, comme sur une carte postale. Même les détails techniques. Les autorités belges le savent. Elles en parlent entre elles, en interne. Mais rien ne bouge. Pourtant, en 2018, un rapport de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) soulignait déjà le problème. À l’époque, l’agence avait demandé à Strava de flouter ces zones. Sans succès. En 2021, la Défense belge a renouvelé sa demande. Toujours rien.

Pourtant, le risque est réel. Un drone, une photo satellite, une simple balade à vélo avec un GPS : tout peut servir à préparer une attaque. Les terroristes, les espions, les hackers, tous savent où chercher. Et Strava leur donne un plan détaillé. Alors pourquoi cette négligence ?

Google fait mieux, pourquoi pas Strava ?

Google Maps, lui, a compris l’enjeu. Les sites sensibles sont floutés. Pas par magie, mais parce que quelqu’un a décidé que la sécurité passait avant le marketing. Strava, lui, semble croire que la transparence prime sur tout. Même sur la protection des infrastructures critiques. Pourtant, l’application a bien flouté d’autres zones en Europe, comme des bases militaires en France ou des centrales en Allemagne. Alors pourquoi pas en Belgique ?

La réponse est simple : parce que personne ne veut vraiment régler le problème. Ni Strava, ni l’AFCN, ni la Défense. Chacun attend que l’autre agisse. Et pendant ce temps, les images restent accessibles. Pour tout le monde.

Un silence complice

En 2020, un article du Soir avait révélé que des images de drones survolant Tihange circulaient sur les réseaux. Personne n’avait réagi. En 2023, un rapport de l’OTAN sur les cybermenaces a pointé du doigt la vulnérabilité des infrastructures énergétiques en Europe. Toujours pas de réaction. Pourtant, les experts s’accordent : une attaque contre une centrale nucléaire, même limitée, peut avoir des conséquences catastrophiques. Pas seulement pour la Belgique, mais pour toute l’Europe.

Alors pourquoi ce silence ? Parce que flouter une carte, c’est admettre qu’il y a un risque. Et admettre un risque, c’est aussi admettre une faiblesse. Or, ni l’AFCN ni la Défense ne veulent passer pour des incapables. Mieux vaut laisser les images en ligne et faire semblant de ne rien voir.

Ce que Strava pourrait (mais ne veut pas) faire

Strava a les moyens. L’application utilise des données satellites et des algorithmes pour détecter les zones sensibles. Elle pourrait flouter automatiquement les sites stratégiques. Elle le fait déjà pour certaines zones en France et en Allemagne. Alors pourquoi pas en Belgique ?

La réponse est politique. Strava est une entreprise américaine. Elle ne veut pas froisser les autorités belges, mais elle ne veut pas non plus se mettre à dos les régulateurs européens. Résultat : elle attend qu’on lui dise quoi faire. Et comme personne ne lui donne d’ordre clair, elle ne bouge pas.

La Belgique, championne de l’autruche

En 2019, un audit de l’Union européenne sur la cybersécurité avait pointé du doigt la Belgique pour son manque de réactivité face aux menaces. Pourtant, rien n’a changé. Les sites sensibles restent visibles. Les demandes de floutage restent lettre morte. Et les autorités continuent de faire semblant de croire que tout va bien.

Pourtant, les signes sont là. En 2022, un groupe de hackers russes a publié des données sur des centrales nucléaires européennes. Personne n’a su les en empêcher. Personne n’a même réagi. Parce que, au fond, tout le monde sait que les images de Tihange et d’Amay sont accessibles à tous. Mais personne ne veut en parler.

Ce que ça signifie pour vous

Si vous êtes un citoyen lambda, ça ne vous concerne pas directement. Enfin, pas encore. Mais si vous êtes un responsable politique, un militaire, ou simplement quelqu’un qui s’intéresse à la sécurité nationale, ça devrait vous inquiéter. Parce que laisser des images aussi précises en ligne, c’est comme laisser une porte ouverte. Un jour, quelqu’un va entrer. Et ce jour-là, ce ne sera pas un promeneur du dimanche.

Le vrai problème n’est pas Strava

Le vrai problème, c’est que personne ne veut assumer ses responsabilités. Ni l’AFCN, ni la Défense, ni même le gouvernement belge. Tout le monde sait que les images existent. Tout le monde sait qu’elles devraient être floutées. Mais personne ne veut prendre la décision. Parce que prendre une décision, c’est aussi admettre qu’on a failli. Et personne ne veut admettre ça.

Alors on attend. On attend que Strava agisse. On attend que les autorités réagissent. On attend que quelqu’un, enfin, prenne ses responsabilités. Pendant ce temps, les images restent. Et le risque, lui, grandit.

Ce qui pourrait changer, enfin

En 2024, une nouvelle loi européenne sur la cybersécurité doit entrer en vigueur. Elle impose aux États membres de mieux protéger leurs infrastructures critiques. La Belgique devra se mettre en conformité. Et ça pourrait, enfin, forcer les autorités à agir. Mais pour l’instant, rien n’est fait. Les images de Tihange et d’Amay restent en ligne. Et personne ne semble pressé de les faire disparaître.

La dernière chance

Il reste une solution : que quelqu’un, enfin, pose la question. Pas une question rhétorique. Une vraie. Une question qui oblige à répondre. Parce que laisser des images aussi sensibles en ligne, c’est comme jouer à la roulette russe. Un jour, le coup partira. Et ce jour-là, ce ne sera plus une question de floutage sur une carte. Ce sera une question de survie.

Alors, quand est-ce que quelqu’un va enfin agir ?

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R Galaxie Rédaction

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