Un écrivain québécois traqué pour avoir utilisé l’IA
Vos livres, vos articles, vos prises de position : tout est passé au crible. Thélyson Orélien, un des noms les plus visibles de la littérature québécoise, se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs pour des raisons qui n’ont rien à voir avec sa plume. Les accusations sont claires : plagiat, utilisation non déclarée de l’intelligence artificielle, et une volonté, selon lui, de le « faire taire ». Rien de très original, en soit. Mais dans un milieu où l’on parle encore de « génie littéraire » comme d’une exception divine, ça fait mal.
Orélien n’est pas le premier. Mais il est peut-être le premier à avoir osé répondre. Et ça, ça dérange.
L’IA comme bouc émissaire
Le roman en question ? « Les Ombres de Montréal ». Un titre qui sonne comme une promesse, une plongée dans les bas-fonds de la métropole. Sauf que les bas-fonds, parfois, c’est aussi ceux de la crédibilité. Des passages entiers, selon des lecteurs attentifs et des algorithmes de détection, auraient été générés par des outils comme ChatGPT. Orélien, lui, nie. Pas l’usage de l’IA, il reconnaît l’avoir testée, comme tout le monde, mais le plagiat pur et simple.
Problème : dans un monde où l’on copie-colle depuis des décennies, la frontière entre inspiration et vol devient floue. Et quand l’IA entre dans la danse, tout devient prétexte à la chasse aux sorcières.
« On me reproche d’avoir utilisé des outils que des milliers d’autres écrivains utilisent aussi, mais en silence », a-t-il lâché dans une interview récente. Une phrase qui résume à elle seule l’hypocrisie du milieu. Parce que oui, tout le monde triche. Tout le monde bidouille. Tout le monde utilise des raccourcis. Mais quand un nom comme Orélien est pointé du doigt, c’est différent.
Le plagiat, ce vieux fantôme
Les accusations de plagiat dans le milieu littéraire ne datent pas d’hier. En 2020, une enquête du Journal de Montréal révélait que 15 % des mémoires universitaires au Québec contenaient des passages copiés-collés sans référence. 15 %. Un chiffre qui donne le vertige. Pourtant, personne n’a jamais vraiment creusé. Personne n’a jamais vraiment sanctionné.
Pourquoi Orélien, alors ? Peut-être parce qu’il a le tort d’être connu. Peut-être parce qu’il a le tort de parler. Peut-être parce que ses détracteurs voient en lui un symbole à abattre.
« Ils veulent me réduire au silence parce que je dérange », affirme-t-il. Dérange avec quoi ? Avec ses prises de position politiques ? Avec ses romans qui bousculent ? Ou simplement parce qu’il a eu l’audace de dire, haut et fort, que l’IA n’était pas l’ennemi, mais un outil, comme la calculatrice, comme le correcteur orthographique ?
La littérature à l’ère des algorithmes
Le vrai débat, celui qu’on n’ose pas avoir, c’est celui de la légitimité de l’écriture assistée. Faut-il interdire l’IA ? Faut-il la réguler ? Faut-il simplement fermer les yeux et faire semblant de ne rien voir ?
Orélien, lui, mise sur la transparence. « Si j’ai utilisé l’IA, je le dirai. Mais je ne suis pas un plagiaire », martèle-t-il. Une position qui divise. D’un côté, ceux qui y voient de l’honnêteté. De l’autre, ceux qui y voient de la naïveté.
Pourtant, la question n’est pas là. La question, c’est : jusqu’où peut-on aller avant que l’écriture ne perde tout sens ?
Quand un roman est écrit à 80 % par une machine, est-ce encore un roman ? Quand un article d’opinion est généré par un algorithme, est-ce encore de la pensée ?
Les éditeurs ferment les yeux. Les médias tournent la tête. Et les écrivains, eux, continuent de jouer avec le feu.
Ce que ça dit de nous
Cette affaire en dit long sur notre rapport à la création. On veut l’authenticité, mais on tolère la fraude. On réclame l’innovation, mais on craint le changement. On célébre les génies, mais on punit ceux qui osent sortir des sentiers battus.
Orélien n’est pas un héros. Il n’est pas non plus un coupable idéal. Il est simplement le miroir grossissant d’un système qui refuse de grandir.
La littérature québécoise, comme toutes les autres, est à la croisée des chemins. Soit elle s’adapte, soit elle disparaît. Et cette fois, ce ne sont pas les algorithmes qui décideront. C’est vous.
La dernière ligne
L’IA ne volera pas les plumes. Elle volera les certitudes. Et ça, personne ne semble prêt à l’accepter.