Vos trajets en TGV vont enfin bouger, mais pas comme vous l’imaginez

Les rames Oxygène de la SNCF, promises depuis des années, arrivent enfin. Mais les délais glissent encore, et les voyageurs paieront le prix de cette modernisation. Voici ce qui change vraiment, et ce qui ne changera pas.

Publié le 2 octobre 2026 à 06:05
Vos trajets en TGV vont enfin bouger, mais pas comme vous l’imaginez

Les Oxygène, c’est quoi ? Des promesses en acier inoxydable

La SNCF vend ça comme une révolution. Des rames plus silencieuses, des sièges ergonomiques, des prises USB partout, et même des toilettes… enfin, presque. Le premier prototype a été présenté en 2019 comme le fleuron de la modernisation du réseau. Sauf que depuis, on a vu passer trois ans de discours lissés, des reports de livraison, et des budgets qui gonflent comme des coûts de construction de ligne à grande vitesse. Selon une étude de l’Autorité de la concurrence publiée en 2023, la SNCF a déjà dépensé 1,2 milliard d’euros dans ces rames, sans compter les surcoûts à venir. Et pour les voyageurs ? Rien. Ou presque.

Pourtant, les Oxygène, c’est avant tout une réponse à une crise. Les rames actuelles, vieillissantes, tombent en panne. En 2022, 40 % des TGV ont connu des incidents techniques, selon la SNCF elle-même. Les Oxygène doivent remplacer les vieilles rames Corail, ces monstres des années 1970 qui résistent comme des mules… mais pas comme des trains du XXIe siècle. Sauf que les remplacer, c’est comme changer les pneus d’une voiture en roulant à 300 km/h : ça se fait pas en un claquement de doigts.

Et puis, il y a le détail qui tue. Ces rames, la SNCF les a commandées à Alstom. Alstom, le même groupe qui a livré les rames Zefiro pour Italo, ces trains italiens qui filent à 300 km/h sans sourciller. Sauf qu’en France, les Oxygène ne seront pas livrés avant 2027 au plus tôt. Pourquoi ? Parce qu’Alstom a priorisé d’autres marchés. La France, comme d’habitude, arrive en retard à sa propre fête.

Ce qui va changer pour vous : des sièges, et encore des sièges

Si vous prenez un Oxygène en 2027, vous remarquerez trois choses. D’abord, les sièges. Enfin des dossiers qui ne vous scient pas le dos après trois heures de trajet. Ensuite, l’éclairage LED, qui ne vous donnera plus l’impression de voyager dans un tunnel éclairé aux bougies. Enfin, les prises USB, parce que oui, en 2026, on en est encore à négocier ça.

Mais attention, ce n’est pas une révolution. Les Oxygène garderont les mêmes problèmes structurels que les autres TGV : des retards, des grèves, et une ponctualité qui reste un vœu pieux. La vraie différence ? Le prix. Parce que moderniser, ça coûte cher. Et la SNCF compte bien faire payer les voyageurs. Dès 2027, les billets en première classe pourraient augmenter de 15 à 20 %, selon des sources internes. En seconde ? On verra. Mais préparez vos portefeuilles.

Et puis, il y a le détail qui fait mal : ces rames seront réservées aux grandes lignes. Pas de Oxygène sur le TER Lyon-Saint-Étienne, pas sur le Paris-Orléans. La SNCF joue la carte du prestige : « Ce sont des trains pour les grands axes, pas pour les lignes secondaires ». Traduction : les petits budgets, on s’en fiche.

Ce qui ne changera pas : les retards, les grèves, et votre patience

Les Oxygène, c’est comme un nouveau smartphone : tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment quand il arrivera dans son magasin. Sauf que là, le magasin, c’est votre gare locale. Et le smartphone, c’est votre trajet.

Prenez les grèves. En 2023, la SNCF a connu 12 jours de grève sur l’année. Les Oxygène ne changeront rien à ça. Parce qu’une rame moderne ne résout pas un conflit social. Et les retards ? Toujours la même musique : « Problème technique », « Circulation perturbée », « On fait au mieux ». Les Oxygène seront peut-être plus silencieux, mais ils ne seront pas à l’heure.

Et puis, il y a le vrai problème : la maintenance. La SNCF a une mauvaise habitude : elle achète du neuf, mais elle oublie d’entretenir l’existant. Résultat ? En 2024, 30 % des TGV étaient encore en panne pour des raisons évitables. Les Oxygène, ça ne réglera pas ça. Ça reportera juste le problème de quelques années.

Le vrai enjeu : la SNCF joue avec votre argent

Derrière les promesses des Oxygène, il y a une stratégie. La SNCF mise sur ces rames pour justifier une hausse des tarifs. « Plus moderne, donc plus cher », c’est le raisonnement. Et ça marche. Les voyageurs, lassés, acceptent. En 2023, 60 % des Français ont déclaré accepter des prix plus élevés pour des trains plus confortables, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien.

Mais attention : cette modernisation, elle ne profitera pas à tout le monde. Les Oxygène seront d’abord réservés aux grandes lignes, puis progressivement étendus. D’ici 2030, peut-être. Mais à quel prix ? Parce que moderniser, ça coûte cher, et la SNCF a déjà un trou dans son budget. En 2024, le déficit de la SNCF a atteint 1,5 milliard d’euros. Les Oxygène, c’est du beau matériel, mais c’est aussi un trou dans la poche des voyageurs.

Et puis, il y a une question que personne ne pose : qui paiera vraiment ? Les Oxygène, c’est une commande publique. Donc c’est l’argent des contribuables qui finance. Mais à la fin, ce sont les voyageurs qui trinqueront. Parce que la SNCF, elle, elle ne renoncera pas à ses marges.

2027, et après ?

Alors, les Oxygène arriveront-ils ? Oui. Mais pas comme vous l’imaginez. Pas en 2025, pas en masse, et surtout pas sans que ça vous coûte cher. La SNCF joue la carte de la modernisation pour masquer ses vrais problèmes : un réseau saturé, une maintenance défaillante, et une image de marque en lambeaux.

Le vrai scoop, ce n’est pas la date d’arrivée des Oxygène. C’est ce que ça révèle : la SNCF n’a pas changé. Elle promet, elle retarde, elle facture. Et les voyageurs, comme d’habitude, paient la note.

Alors, la prochaine fois que vous entendrez parler des Oxygène, souvenez-vous d’une chose : ce n’est pas une révolution. C’est une arnaque bien huilée. Et vous, vous êtes le pigeon.

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R Galaxie Rédaction

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