Les profs de 4e primaire refusent ce test qui va tout casser

Les enseignants de 4e primaire alertent : le nouveau test CLE est trop dur pour des enfants de 9-10 ans. Une première cette année pour 50 000 élèves, et personne ne veut assumer les conséquences. Voici pourquoi ça va mal se passer.

Publié le 12 septembre 2026 à 20:05
Les profs de 4e primaire refusent ce test qui va tout casser

Un élève de 4e primaire, assis devant sa feuille, les doigts qui tremblent un peu. La consigne est en gros caractères : « Résous ce problème de maths en 15 minutes. » Sauf que le problème, lui, parle de « fractions décimales appliquées à un budget familial ». Et que l’élève, lui, il a 9 ans. Pas 14. Pas 16. 9 ans.

Pourtant, c’est ça, le nouveau test CLE (Comprendre, Lire, Écrire) qui débarque cette année dans toutes les classes de 4e primaire. 50 000 enfants concernés. Et les profs flippent. Pas parce que c’est un test certificatif, non, celui-là, ils s’en foutent. Mais parce que personne ne leur a expliqué comment gérer la merde qui va suivre quand les résultats vont tomber. Et surtout, quand les parents vont débarquer en cours pour hurler.

Un test conçu pour des adultes, pas pour des gamins

Le problème, c’est pas le test en lui-même. C’est ce qu’on en fait. Officiellement, c’est « une évaluation formative », comme si on voulait juste « voir où en sont les élèves ». Sauf que :

  • Personne n’a testé le niveau de difficulté sur des enfants réels. Les échantillons ont été faits en classe, oui. Mais avec qui ? Des profs motivés qui ont préparé leurs élèves ? Ou des gamins moyens, ceux qui boudent quand on leur demande de « relire leur dictée » ?

  • Les consignes sont écrites comme pour des adultes. « Analyser le document suivant et en dégager les idées principales », traduis : « Lis ce texte de 3 pages et fais un résumé de 10 lignes, mais pas n’importe comment, avec des connecteurs logiques ». Sauf que ton enfant, lui, il a du mal à retenir son goûter après la récré.

  • Les maths sont un calvaire. Pas de la soustraction basique. Non. Des problèmes du style « Un train part de Liège à 7h42 avec une vitesse moyenne de 120 km/h… ». À 9 ans. Avec des enfants qui ont encore du mal à faire la différence entre « moins » et « soustraire ».

Résultat : les profs que j’ai contactés (anonymement, bien sûr) parlent de « catastrophe annoncée ». « On nous dit de les préparer, mais comment ? On a pas le temps, pas les outils, et en plus, on nous met la pression pour que ça marche », lâche une enseignante de Charleroi. Sauf que ça va pas marcher.

Le vrai problème : personne ne veut assumer

Le test CLE, c’est la Fédération Wallonie-Bruxelles qui l’a conçu. Sauf que les profs n’ont aucun recul dessus.

  • Les directives sont floues. « Évaluez les compétences en lecture », ok, mais avec quels critères ? Faut-il noter sur 20 ? Sur 10 ? Faut-il mettre des mentions ? Personne ne sait.

  • Les parents vont débarquer. Parce que quand Mamie voit que son petit a « 4/20 en compréhension écrite », elle va péter un câble. Et elle aura raison : à 9 ans, un 4/20, c’est pas normal. Sauf que la réalité, c’est que le test est trop dur. Et que les profs vont se retrouver entre le marteau et l’enclume : soit ils trichent sur les notes, soit ils prennent des coups de téléphone furieux.

  • Les directeurs d’école sont dans la merde. Parce qu’eux, ils ont un budget à défendre. Et si les résultats du test CLE sont mauvais, ça va se retourner contre eux. « Pourquoi vos élèves sont si en retard ? », « Ben… on a pas eu le temps de les préparer ». Très convaincant.

Le pire ? Personne ne veut assumer.

La Fédération dit : « C’est une évaluation formative, pas certificative. », traduction : « On est pas responsables si ça dérape. »

Les profs disent : « On nous a pas donné les outils. », traduction : « On va se faire engueuler, mais pas nous. »

Les parents disent : « Pourquoi on nous a rien dit avant ? », traduction : « On va faire un bordel, mais pas chez nous. »

Ce qui se passe quand un test pourrit tout

En 2019, la Flandre avait lancé un test similaire pour les 6e primaires. Résultat :

  • 30 % des élèves ont échoué en lecture. Pas parce qu’ils étaient nuls. Parce que le test était trop complexe pour leur âge.

  • Les profs ont dû inventer des systèmes de compensation. Certains ont « arrondi les notes », d’autres ont « adapté les consignes ». Bref, tout le monde a triché.

  • Les parents ont manifesté. Pas contre l’école. Contre l’absence de communication. « On nous a rien dit, on a cru que c’était une évaluation normale », disaient-ils.

Aujourd’hui, en Wallonie, on refait la même connerie. Sauf qu’ici, personne n’a appris de la Flandre.

La vraie question : à quoi ça sert ?

Parce que voila le truc : ce test, il sert à rien.

  • Ce n’est pas certificatif. Donc ça compte pour… rien.

  • Ça ne change pas la pédagogie. Les profs continuent à faire comme avant. Sauf qu’aujourd’hui, ils ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête : « Et si les résultats sont mauvais ? »

  • Ça va juste créer du stress. Pour les gamins, qui vont paniquer à l’idée de rater. Pour les profs, qui vont craindre les réactions. Pour les directeurs, qui vont avoir peur des chiffres.

Alors à quoi bon ?

La réponse, c’est simple : à rien. Sauf à donner une fausse impression de contrôle. « On évalue, donc on agit », sauf que personne n’agira. Parce que personne ne veut assumer.

Le piège final : quand les résultats tombent, tout le monde se défile

Dans trois mois, les notes seront là. Et là, le vrai cirque va commencer.

  • Les profs vont dire : « Les élèves étaient pas prêts. »

  • La Fédération va dire : « C’est une évaluation formative, pas un examen. »

  • Les parents vont dire : « Pourquoi on nous a rien expliqué ? »

  • Les directeurs vont dire : « On a fait ce qu’on a pu. »

Sauf que personne n’aura fait ce qu’il fallait.

Parce que le vrai problème, c’est pas le test. C’est l’absence de stratégie. On lance un truc sans préparation, sans formation, sans communication. Et après, on s’étonne que ça foire.

La seule question qui compte, c’est : qui va payer ?

Pas les enfants. Jamais les enfants.

Pas les profs. Ils sont déjà surchargés.

Alors qui ?

Les politiques, bien sûr. Ceux qui ont décidé sans écouter. Ceux qui vont faire semblant de s’indigner quand les résultats seront mauvais. Ceux qui recommenceront la même connerie dans trois ans.

La dernière connerie : et après ?

Parce que voila le truc : ce test, il va passer. Les 50 000 enfants vont le faire. Certains vont réussir. D’autres vont échouer. Et après ?

Rien. Rien du tout.

On va fermer le dossier. On va dire que c’était une expérience. On va attendre trois ans pour en relancer un autre, encore plus dur, avec encore moins de moyens.

Et les gamins, eux, ils seront déjà en 6e.

Avec toujours les mêmes problèmes. Toujours les mêmes profs à bout. Toujours les mêmes parents en colère.

Sauf que cette fois, personne ne s’en souviendra.

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R Galaxie Rédaction

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