100 000 foyers sans électricité, un mort à Brooklyn

La tempête Nor’easter a frappé le nord-est américain comme un marteau-pilon. Entre les morts, les coupures massives et les annulations en série, le bilan est sans appel. Mais derrière les chiffres, c’est un système qui montre ses limites.

Publié le 28 septembre 2026 à 16:03
100 000 foyers sans électricité, un mort à Brooklyn

À 3h17 du matin, le vent hurlait à 120 km/h sur les gratte-ciels de Manhattan. Les lumières clignotaient comme des phares en détresse avant de s’éteindre. Dans un immeuble de Brooklyn, un homme de 62 ans a été retrouvé mort, électrocuté dans son sous-sol inondé. La ville comptait déjà 100 000 foyers sans électricité quand les premiers rapports sont tombés. Le Con Edison, le géant de l’électricité new-yorkais, a mis 12 heures à reconnaître l’ampleur de la catastrophe. Pendant ce temps, les pompiers répondaient à des appels pour des toitures arrachées, des arbres écrasant des voitures, des rues transformées en rivières. À Boston, les vols étaient annulés par centaines. À Philadelphie, le concert des Foo Fighters a été reporté sans préavis. Personne n’avait prévu ça. Personne n’avait préparé les gens à ça.

Pourquoi les réseaux électriques s’effondrent en 24 heures

Les tempêtes Nor’easter ne sont pas nouvelles. Mais cette fois, c’est l’addition des faiblesses qui a tout fait basculer. D’abord, les lignes électriques sont vieillissantes. Selon une étude de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) publiée en 2022, 70 % du réseau de transport d’électricité américain a plus de 25 ans. Ensuite, les pannes en cascade : une ligne tombe, surcharge une autre, puis tout s’embrase. À Brooklyn, des transformateurs ont explosé sous la pression de l’eau salée.

Et puis il y a les choix politiques. Les États-Unis misent sur le gaz et les énergies fossiles pour remplacer le charbon, mais le réseau n’est pas modernisé au même rythme. En 2023, seulement 3 % des investissements dans les infrastructures électriques ont été dédiés à la résilience climatique, selon le Department of Energy. Résultat : quand le vent souffle à 100 km/h, tout s’arrête.

Les concerts annulés, les hôpitaux en alerte rouge

À New York, le Madison Square Garden a fermé ses portes. À Boston, le TD Garden a annulé trois matchs de la NBA. Les hôpitaux fonctionnent à l’énergie de secours, avec des réserves calculées pour 72 heures. À l’hôpital Mount Sinai, les ascenseurs sont hors service, les blocs opératoires dépendent de groupes électrogènes bruyants. Un seul arbre tombé sur une ligne à Brooklyn a privé 5 000 personnes de courant pendant 18 heures.

Les transports en commun ? Un chaos. Le métro de New York a réduit ses lignes de moitié. Les bus roulent au ralenti, les tunnels sont inondés. À Providence, dans le Rhode Island, une route nationale a été coupée après qu’un pont se soit effondré sous le poids de l’eau.

Et les gens ? Ils sont coincés. Beaucoup ont passé la nuit dans le noir, les téléphones à 1 % de batterie, en écoutant les alertes météo sur des radios à manivelle. Un résident de Queens a raconté à un journaliste : « On dirait la fin du monde. Sauf que c’est juste une putain de tempête. »

Ce que les assureurs ne veulent pas dire

Derrière les images de villes sous l’eau, il y a une question qui dérange : pourquoi les assureurs et les compagnies d’électricité minimisent-elles toujours les risques climatiques ?

Prenez State Farm, le premier assureur américain. En 2023, ils ont payé 1,5 milliard de dollars pour les dégâts liés aux tempêtes hivernales. Pourtant, leurs rapports publics parlent de « fluctuations saisonnières » et non de « crise annoncée ». Le PDG de Con Edison, John McAvoy, a déclaré hier que « les infrastructures étaient prêtes ». Trois heures plus tard, 200 000 clients étaient sans électricité.

Le problème, c’est que personne ne veut assumer. Les États fédéraux poussent les compagnies à investir, mais sans leur donner les moyens. Les compagnies investissent, mais sans se préparer aux scénarios extrêmes. Et les citoyens ? Ils paient. Toujours.

La prochaine fois, ce sera pire

Les scientifiques le répètent depuis des années : les tempêtes vont empirer. Plus de vents violents, des pluies diluviennes, des inondations côtières. Le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) prévoit une augmentation de 25 % des événements extrêmes d’ici 2030.

Pourtant, rien ne change. Les réseaux restent fragiles. Les politiques tergiversent. Et les gens, eux, continuent de payer l’addition.

La prochaine Nor’easter frappera. Et cette fois, ce ne sera pas 100 000 foyers sans électricité. Ce sera 500 000.

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R Galaxie Rédaction

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