Le député qui parle sans filtre, et ça dérange encore plus que ses idées
C’est un chiffre qui claque : 10 000 étrangers en situation irrégulière interpellés au Sénégal entre 2022 et 2023, selon les données du ministère de l’Intérieur. Officiellement, c’est une politique de régularisation. Officieusement, pour Tahirou Sarr, c’est la preuve que le pays ne peut plus se permettre d’être généreux. « On ne va pas faire semblant de croire que l’immigration ne pose pas de problèmes. » Il le dit sans détour, comme il le fait toujours. Et ça, c’est ce qui agace le plus.
Pourtant, quand on l’écoute, Sarr ne parle pas en code. Pas de métaphores, pas de périphrases. « Quand un pays a des ressources limitées, il doit les prioriser. » Point. Le reste, c’est du bruit. Ou de la mauvaise foi. « On nous accuse de xénophobie parce qu’on refuse de mentir. » Il le martèle, comme si la répétition pouvait user l’accusation.
Et puis il y a ce détail : son mouvement, Jël Liñu Mom, ne rejette pas l’immigration en soi. Mais il la conditionne. « On n’est pas contre les étrangers, on est contre ceux qui arrivent sans rien apporter. » Traduction : pas de travail, pas de papiers. Pas de papiers, pas de droits. C’est brutal. C’est clair. Et c’est exactement ce que ses détracteurs lui reprochent.
Le nationalisme qui ne dit pas son nom (mais qui le crie quand même)
Sarr assume. « On est nationalistes, oui. Mais pas comme les autres. » La nuance, c’est ça qui lui sauve la mise ? Pas sûr. Parce que quand il parle de « priorité nationale », ça sonne comme un écho lointain de certains discours européens. « On n’est pas en Europe, mais les problèmes sont les mêmes. » Il le reconnaît sans complexe. Et ça, c’est nouveau.
Pourtant, son discours n’est pas celui d’un extrémiste. Pas de slogans violents, pas d’appels à la haine. Juste une logique implacable : « Un État doit protéger ses citoyens avant les autres. » Simple. Efficace. Et intenable, pour ceux qui croient encore au melting-pot.
Le problème, c’est que Sarr ne joue pas la carte de la victimisation. « On nous traite de racistes parce qu’on dit les choses. » Il ne pleurniche pas. Il contre-attaque. Et ça, c’est ce qui le rend dangereux.
Ce que personne ne veut admettre : le Sénégal n’est plus le même
Il y a ce rapport de la Banque mondiale (2023) qui le confirme : 40% de la croissance économique sénégalaise dépend des transferts d’argent des migrants. 40%. Un pays sur deux qui vit grâce à ceux qu’on accuse de tout voler. « Alors oui, on a besoin des migrants. Mais pas n’importe comment. » Sarr ne cache pas cette équation.
Et puis il y a Dakar, cette ville qui explose. Où les loyers ont augmenté de 30% en deux ans (source : Chambre Immobilière du Sénégal). Où les Sénégalais se plaignent de ne plus trouver de travail. Où les étrangers, eux, occupent des emplois que personne ne veut. « On ne demande pas qu’on les expulse. On demande qu’on arrête de faire semblant. »
C’est là que le bât blesse. Parce que Sarr ne propose pas de solution miracle. Juste un constat : « Le Sénégal n’est plus un pays de départ. C’est un pays d’arrivée. Et ça change tout. »
La vraie question : et après ?
Ses détracteurs lui reprochent son manque de nuances. Ses partisans lui reprochent de ne pas aller assez loin. « On est dans un pays où on a peur de dire les choses. » Il a raison. Mais dire les choses, ce n’est pas les résoudre.
Parce que derrière le discours de Sarr, il y a une réalité : le Sénégal n’est pas prêt à gérer cette immigration massive. Ni économiquement, ni socialement. « On nous dit : ‘Vous êtes racistes.’ Moi je dis : ‘Non, je suis réaliste.’ »
Et c’est ça, le vrai problème. Parce que quand on est réaliste, on ne fait pas que des amis.
Ce que personne ne veut voir : le Sénégal à la croisée des chemins
Sarr ne ment pas. Il ne triche pas. Il dit ce que beaucoup pensent, mais que personne n’ose formuler. « On ne va pas faire semblant d’aimer les migrants. On va les gérer. »
Le problème, c’est que personne ne sait comment. Pas les gouvernements, pas les ONG, pas même les partis politiques. « On a des lois, mais on n’a pas de politique. » Il a raison.
Alors oui, Sarr est brutal. Oui, son discours divise. Mais au moins, il pose la question : « Jusqu’à quand on va continuer à faire comme si tout allait bien ? »
Parce que derrière les accusations de xénophobie, il y a une vérité : le Sénégal n’est plus ce qu’il était. Et ceux qui refusent de le voir sont les premiers responsables de la crise à venir.
Dernière phrase, parce que c’est la seule qui compte vraiment : Tahirou Sarr a raison sur un point. Le Sénégal ne peut plus se permettre l’hypocrisie. La question, c’est de savoir si le pays est prêt à payer le prix de la franchise.