Bruxelles ignore la paralysie de la Stib ce vendredi

Grèves, blocages, transports en chaos : la Stib s’attend à des perturbations majeures ce vendredi à Bruxelles. Pourtant, les solutions pour les usagers restent floues. Pourquoi la STIB et la Ville tardent à communiquer clairement ?

Publié le 9 octobre 2026 à 06:06
Bruxelles ignore la paralysie de la Stib ce vendredi

Ce vendredi, le métro bruxellois sera un champ de bataille (sans armes, juste des embouteillages et des retards de 2h). Et la Stib assume mal le jeu de dupe avec ses usagers.

À 7h30 demain matin, les premiers manifestants déferleront sur Bruxelles. Pas besoin d’être un génie pour deviner ce qui va suivre : les tramways bloqués, les métros saturés, des bus qui ne viendront pas. La Stib l’a annoncé, noir sur blanc, dans un communiqué aussi enthousiaste qu’un bulletin de paie. « Perturbations importantes », « certains axes fermés », « fréquences réduites ». Bref, la fête. Mais ce qui manque, c’est un plan B crédible pour les 500 000 usagers qui dépendent du réseau chaque jour.

Pourquoi la Stib communique comme un service public des années 1980 ?

Le réseau bruxellois est déjà à la ramasse. Selon une étude de l’IBGE (Institut bruxellois pour la gestion de l’environnement) publiée en 2023, 30 % des lignes de métro et de tram dépassent les 20 ans d’âge. Les retards ? Chroniques. Les pannes ? Répétées. Et maintenant, on ajoute une manifestation nationale sur le dos d’un système déjà à bout de souffle. La Stib pourrait au moins avoir la décence de dire : « On sait que ça va être la merde, voici comment on va vous niquer le moins possible. » Mais non. Juste des « perturbations importantes » et un lien vers leur appli, comme si ça allait tout résoudre.

Le vrai problème, c’est que personne ne veut assumer.

La Ville de Bruxelles, elle, parle de « mesures exceptionnelles » sans préciser lesquelles. Les organisateurs de la manif, eux, balancent des slogans sans se soucier des conséquences concrètes. Résultat : des milliers de gens vont se retrouver coincés, avec pour seule solution de prier pour un VTC ou un pote qui a une voiture. Et la Stib ? Elle se cache derrière son appli et ses tweets génériques.

Ce qui va vraiment changer pour vous, usagers ?

  • Les lignes 1, 5, 6 et 8 du métro seront les plus touchées. La Stib a prévenu : « Des fermetures partielles sont probables ». Traduction : si vous prenez le métro pour aller bosser, préparez-vous à marcher 20 minutes sous la pluie.
  • Les bus de renfort ? Ils seront en nombre… insuffisant. La STIB compte ajouter 50 bus sur le réseau, mais avec des lignes déjà saturées, ça ne changera pas grand-chose. Sauf si vous habitez dans un quartier bien précis et que vous avez de la chance.
  • Les vélos en libre-service ? Ils seront pris d’assaut. Si vous comptiez sur votre Villo pour rentrer chez vous, oubliez. Les stations seront vides en début de journée, pleines en fin de soirée. Et les voleurs en profiteront.

Le pire, c’est que ça pourrait empirer.

La Stib a l’habitude des grèves, mais jamais à cette échelle. En 2019, lors des manifestations contre le Pacte migratoire, le réseau avait été perturbé, mais sans cette pression supplémentaire : des lignes fermées, des retards, mais pas un effondrement total. Cette fois, avec une manif nationale et des tensions sociales qui montent, le risque est réel. Et si la Stib craque ? Qui va payer ? Pas vous, bien sûr.

La vraie question, c’est : pourquoi la Ville et la Stib ne préparent rien de concret ?

On a demandé à la Stib si des navettes gratuites seraient mises en place pour les usagers les plus touchés. Réponse : « Nous étudions les options ». Traduction : « On va vous faire poireauter, et après on verra. » Pourtant, à Paris, lors des grèves des transports, la RATP propose des navettes gratuites, des titres de transport remboursables, et même des prêts de vélos en cas de blocage. À Bruxelles ? Rien. Juste des « perturbations importantes » et l’espoir que votre collègue vous dépose.

Ce qui se joue derrière les slogans et les barricades.

Derrière cette manif, il y a une colère sociale qui dépasse largement les transports. La Stib, c’est le symbole d’un système qui dysfonctionne. Un réseau vieillissant, une ville qui ne investit pas assez, des usagers qui en ont marre d’être traités comme des numéros. Et ce vendredi, ce sera la preuve que quand tout va mal, ce sont toujours les mêmes qui trinquent.

Alors, que faire ?

  1. Si vous pouvez télétravailler, faites-le. Pas la peine d’encombrer un réseau déjà à genoux.
  2. Prévoyez un plan B (et un plan C). Métro qui ne passe pas ? Bus qui est bloqué ? Trouvez un pote avec une voiture, ou un VTC (si votre portefeuille le permet).
  3. Évitez les heures de pointe. Si vous devez absolument prendre les transports, partez plus tôt ou plus tard. Mais préparez-vous à marcher.
  4. Ne comptez pas sur la Stib pour vous sauver. Leur appli va vous dire « Retard de 30 minutes », mais en réalité, vous attendrez 2h. Mieux vaut checker les infos en direct sur les réseaux sociaux.

La Stib et la Ville savent très bien ce qui va se passer. Elles ont les moyens de limiter la casse, mais elles préfèrent jouer les innocents. Ce vendredi, Bruxelles sera une ville en mode survie. Et les usagers, comme d’habitude, seront les derniers servis.

La vraie question, c’est : jusqu’à quand on va laisser faire ça ?

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R Galaxie Rédaction

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