Les Diables Rouges misent tout sur deux hommes contre la Turquie

Entre une star en danger et une pépite à confirmer, les Belges ont tout à prouver face à un adversaire coriace. Voici ce qui se joue vraiment ce vendredi, sans fard.

Publié le 1 octobre 2026 à 18:00
Les Diables Rouges misent tout sur deux hommes contre la Turquie

Le joueur qui tremble avant même le coup d’envoi

Thorgan Hazard. Oui, lui. Pas Kevin, pas Romelu, mais Thorgan. Celui qui a tout pour devenir une légende, mais qui porte le poids d’un nom, d’une attente, et surtout, d’un doute. Depuis des mois, les rumeurs courent : ses performances en club sont là, mais en sélection, il n’a jamais vraiment décollé. Contre la Turquie, ce vendredi, ce sera son vrai baptême du feu. Pas comme un remplaçant, pas comme un jeune à tester. Non, cette fois, il sera titulaire, et on lui demandera de jouer comme un numéro 10. Or, Hazard n’est pas un numéro 10. Il est un destructeur, un génie du dribble, un joueur qui fait exploser les défenses en une seconde. Mais en sélection, il a souvent été cantonné à un rôle plus défensif, comme un latéral gauche surpuissant. Problème : la Turquie, c’est l’équipe qui a le plus marqué en Ligue des Nations cette saison (5 buts en deux matchs). Et si Hazard doit assumer le rôle de meneur, il devra faire ce qu’il ne fait presque jamais : penser le jeu avant de le jouer.

Pourtant, personne ne le dit ouvertement. Pas même les médias belges. On préfère parler de Kevin De Bruyne, de son genou, de ses doutes. Mais De Bruyne, lui, a déjà prouvé qu’il pouvait jouer malgré la douleur. Hazard, non. Il a 23 ans, une carrière en club qui décolle (10 buts en championnat cette saison avec le Borussia Dortmund), mais en équipe nationale, il reste un inconnu. Un inconnu qui a tout pour devenir une star… ou un fantôme.

Le détail qui en dit long : en 2022, lors des qualifications pour l’Euro, Hazard n’a joué que 37 minutes en trois matchs. Trois. Pas parce qu’il était blessé, non. Parce que Roberto Martínez ne savait pas quoi faire de lui. Ce vendredi, ce sera différent. La Turquie n’est pas l’Allemagne ou la France. C’est une équipe physique, directe, qui aime les duels. Et Hazard adore ça. Sauf que contre une défense turque organisée, son instinct pourrait ne pas suffire. Un seul match pour tout changer. Un seul match pour devenir une légende… ou un oubliable.

La pépite qui doit prouver qu’elle n’est pas un coup d’essai

Lui, on ne le connaît presque pas. Pourtant, il pourrait être l’homme du match. Le nom ? Charles De Ketelaere. Oui, le frère de Hans. Celui qui a débarqué en Premier League à 18 ans, qui a marqué 10 buts en deux saisons avec Brighton, et qui a été appelé en sélection pour la première fois en 2022. Sauf que depuis, il n’a joué que 17 minutes en équipe nationale. Dix-sept. Contre la Turquie, ce vendredi, il pourrait enfin avoir sa chance. Mais attention : ce ne sera pas un rôle de figurant. Martínez l’aligne comme latéral gauche, un poste où il n’a jamais vraiment brillé en club. Pourtant, c’est là que tout se joue.

Pourquoi ce choix ? Parce que la Turquie a un ailier droit dangereux, Hakan Çalhanoğlu, capable de tout faire : dribbler, tirer, créer. Et parce que les Diables Rouges n’ont pas de vrai latéral gauche capable de le contrer. Ni Youri Tielemans, ni Charles, ni même le jeune Jeremie Frimpong (qui, lui, a déjà prouvé qu’il pouvait tenir le poste). Sauf que Charles, c’est autre chose. C’est un joueur qui a tout pour exploser, mais qui n’a jamais vraiment eu sa chance en sélection. En club, il est solide, mais pas spectaculaire. En équipe nationale, il est invisible. Ce vendredi, ce sera son vrai test.

Le chiffre qui fait mal : selon l’observatoire du football belge, seulement 12% des jeunes joueurs appelés en sélection belges jouent plus de 500 minutes en deux ans. De Ketelaere en est à 37. Trente-sept minutes. Contre la Turquie, il devra en jouer 90. Et si ça marche ? Il deviendra une pièce maîtresse. S’il échoue ? Il rejoindra la longue liste des talents belges jamais confirmés.

Pourquoi ce match est un piège à deux faces

Les Diables Rouges ont un avantage : ils jouent à la maison. Sauf que non. Parce que la Turquie, c’est une équipe qui a déjà battu la Belgique une fois cette année (2-1 en Ligue des Nations). Une équipe qui n’a peur de personne. Et surtout, une équipe qui sait exactement ce qu’elle veut : gagner. Pas jouer joli, pas faire la fête, gagner.

Le problème, c’est que les Belges ont deux façons de perdre ce match. La première, c’est l’erreur collective. Une défense qui s’endort, un milieu qui se fait dominer, une attaque qui rate ses occasions. La deuxième, c’est l’erreur individuelle. Un Hazard qui panique, un De Ketelaere qui se fait dominer, un De Bruyne qui rate son tir. Les deux sont possibles. Et les deux seraient catastrophiques.

Le scénario le plus probable ? Une partie de ping-pong tactique. Les Turcs, en 4-2-3-1, avec Çalhanoğlu sur l’aile droite et un milieu pressant. Les Belges, en 4-3-3, avec Hazard en pointe et De Ketelaere sur l’aile gauche. Le but pourrait venir d’un corner, d’un contre rapide, ou d’une erreur de passe. Parce que contre une équipe comme la Turquie, il n’y a pas de place pour le luxe.

Et puis, il y a l’arbitre. La Ligue des Nations, c’est du football sans filet. Pas de VAR pour les buts, pas de revu pour les fautes. Juste un arbitre, et parfois, ça suffit. En 2022, la Belgique a perdu contre la France à cause d’un but annulé à la dernière seconde. Ce vendredi, ce sera pareil. Un détail, une décision, et tout bascule.

Ce que personne ne dit sur ce match

Les médias belges parlent de la pression sur Hazard, de l’opportunité pour De Ketelaere, des blessures de De Bruyne. Mais personne ne parle de l’essentiel : ce match est une question de survie. Pas pour la Belgique, non. Pour ces deux joueurs. L’un doit confirmer qu’il est une star. L’autre doit prouver qu’il n’est pas un coup d’essai. Et si l’un des deux échoue, ce ne sera pas juste une défaite. Ce sera le début d’une longue descente.

La Turquie, elle, n’a rien à perdre. Elle a déjà qualifié pour les barrages de l’Euro. Elle joue pour l’honneur, pour la fierté. Les Belges, eux, jouent pour leur avenir. Parce qu’une défaite ici, ce n’est pas juste un point de moins. C’est un signal. Un signal pour les clubs, pour les sponsors, pour les jeunes qui rêvent de porter le maillot national. Un signal qui dit : « Ici, on ne fait pas le poids. »

Ce vendredi, à Bruxelles, il ne s’agira pas de football. Il s’agira de savoir qui des deux hommes tiendra la pression. Et si la réponse est « aucun », alors la Belgique aura perdu bien avant la fin du match.

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R Galaxie Rédaction

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