Le joueur qui faisait 60 % des buts de l’équipe en playoffs
Pas besoin d’être statisticien pour comprendre ce que les chiffres disent : Brady Tkachuk a marqué 42 buts en 24 parties de séries éliminatoires depuis 2020. Soit près de 60 % des buts de son équipe dans les moments qui comptent. En 2023, il a porté Ottawa jusqu’à la finale de la Coupe Stanley presque à lui tout seul, avec 14 buts en 19 matchs. Un exploit. Pourtant, les Sénateurs ont préféré l’échanger contre Derek Forbort, un défenseur de 26 ans qui coûte 4,5 millions par an, et des choix de repêchage. Un échange qui sent le désespoir.
Pourquoi ? Parce que Forbort, c’est un bon joueur, mais pas un leader. Pas un buteur. Pas un gars qui fait vibrer une franchise. Et surtout, pas un gars qui a le charisme de Tkachuk pour attirer les foules. Les Sénateurs viennent de troquer leur visage contre un inconnu.
Et puis, il y a ce détail qui en dit long : depuis le départ de Alfredsson, Ottawa n’a plus eu de capitaine capable de porter l’équipe comme Tkachuk. Pas même Erik Karlsson, malgré ses talents. Le club a besoin d’un nouveau visage. Il vient de le jeter à la poubelle.
Le piège des promesses non tenues
Les dirigeants des Sénateurs ont toujours vendu la même histoire : « On construit pour l’avenir. » Sauf que l’avenir, pour Ottawa, ça ressemble de plus en plus à un mirage. En 2022, le club a dépensé 120 millions pour des joueurs comme Mark Stone et Josh Anderson. Résultat ? Deux saisons en dessous des attentes, une franchise qui stagne, et un public qui se lasse.
Pourtant, au lieu de miser sur ce qu’ils avaient, un joueur de 25 ans, en pleine maturité, capable de mener une équipe en playoffs, ils ont préféré parier sur des inconnus. Comme si échanger Tkachuk pouvait effacer les échecs passés.
Le pire ? Les rumeurs de départ planaient depuis des mois. Les Bruins de Boston, les Kings de Los Angeles, même les Devils du New Jersey ont sonné. Ottawa a attendu, espéré, et à la fin, c’est Winnipeg qui a frappé le premier. Une erreur stratégique. Parce que maintenant, le club doit reconstruire sans son meilleur joueur depuis… Daniel Alfredsson.
Ce que ça signifie pour la LHNH
La Ligue Nationale de Hockey a un problème : les franchises échangent leurs meilleurs joueurs par peur de l’avenir. Les Sénateurs ne sont pas les seuls. Les Canadiens ont lâché Shea Weber. Les Flames ont vendu McDavid… enfin, presque. Personne ne veut assumer.
Sauf que la LHNH n’est pas la NBA. Ici, les joueurs comme Tkachuk font la différence. Ils ne sont pas remplaçables. Et quand une équipe se sépare de son leader, ça ne se compense pas avec trois jeunes prometteurs.
Le cas d’Ottawa est révélateur. Une franchise qui a tout pour réussir, mais qui refuse de jouer franc jeu. Parce que construire pour l’avenir, parfois, ça veut dire garder ceux qui ont déjà prouvé qu’ils pouvaient gagner.
Le vrai coût de cette décision
Les Sénateurs vont-ils regretter leur choix ? Probablement.
D’ici deux ans, quand Tkachuk sera en pleine forme avec les Jets, Ottawa sera peut-être encore une fois en mode reconstruction. Et le public, lui, aura assisté à une nouvelle démonstration de l’incompétence des dirigeants.
Le vrai coût ? Ce n’est pas que financier. C’est la perte de confiance. Celle des fans, des partenaires commerciaux, des jeunes joueurs qui pourraient hésiter à signer avec une franchise qui traite mal ses piliers.
Et puis, il y a cette question qui reste en suspens : qui va prendre la relève ? Pas Forbort. Pas un autre défenseur. Personne. Parce que Tkachuk était unique. Et Ottawa vient de le prouver.
La LHNH a un choix Ă faire
Les Sénateurs ne sont pas les seuls à avoir fait une erreur. La ligue entière a un problème. Elle encourage les franchises à échanger leurs meilleurs éléments par peur de l’échec, alors qu’en réalité, le vrai risque, c’est de ne jamais gagner.
La solution ? Arrêter de jouer les apprentis sorciers. Garder ses leaders. Les entourer. Les faire gagner. Parce qu’un joueur comme Tkachuk, ça ne pousse pas tous les jours. Et quand il part, il emporte avec lui bien plus qu’un maillot.
La LHNH devrait s’en souvenir. Avant qu’il ne soit trop tard.