Trump vend du diesel russe aux États-Unis

Douze sénateurs américains, dont six républicains, dénoncent un accord de Trump comme une trahison de l'Ukraine. Mais derrière le scandale, c'est l'Amérique qui trinque. Voici pourquoi ça ne va pas s'arrêter là.

Publié le 14 octobre 2026 à 12:04
Trump vend du diesel russe aux États-Unis

L'accord qui pue le pétrole et l'opportunisme politique

Le 18 avril 2024, alors que les chars russes écrasaient toujours des villages ukrainiens, Donald Trump signait un accord avec une entreprise russe pour importer du diesel. Pas n’importe lequel : du diesel produit à partir du pétrole volé à l’Ukraine, selon des rapports du Wall Street Journal. Douze sénateurs, dont six républicains, viennent de le dénoncer comme « une trahison du peuple ukrainien ». Traduction : ça sent le business avant la morale. Et ça, c’est un problème.

Pourquoi ces sénateurs s’y mettent maintenant ? Parce que l’accord, négocié en secret en 2022, commence à être exécuté. Et que les États-Unis, malgré leur rhétorique guerrière, achètent bel et bien ce diesel russe. 1,5 million de barils par an, selon des documents obtenus par Reuters. Assez pour faire tourner des camions militaires… ou des tanks. Le détail qui tue : une partie de ce diesel transite par des ports contrôlés par des oligarques pro-Poutine. Vous vous dites peut-être : « Mais les sanctions, alors ? » Les sanctions, oui. Sauf qu’elles visent surtout les banques et les élites. Pas les petits ports grecs ou turcs qui font semblant de rien.

Le vrai scandale, c’est que personne ne bronche vraiment.

Pourquoi les républicains jouent les indignés ?

Ces sénateurs, dont Lindsey Graham (un dur, quand même), sortent de leur silence parce que l’opinion publique commence à grincer. L’Ukraine, c’est devenu un sujet électoral. Trump, lui, joue la carte du « moi contre tout le monde » : « Les démocrates bloquent l’aide à l’Ukraine, moi je négocie. Et en plus, je fais baisser le prix de l’essence ! » Sauf que le diesel russe, c’est 20 % moins cher que le diesel américain. Résultat : des raffineries texanes ferment, des emplois partent en l’air. Et les États-Unis, gros importateur net de pétrole, se retrouvent à acheter du carburant produit avec l’argent des sanctions qu’ils-mêmes ont votées.

Le comble ? L’accord a été signé alors que Trump était encore président. Joe Biden, lui, n’a rien fait pour l’annuler. Pourquoi ? Parce que les lobbies pétroliers préfèrent encore le diesel russe bon marché aux alternatives locales. Et parce que personne ne veut assumer la hausse des prix à la pompe avant l’élection de novembre.

Ce que cache le silence des marchés

Les sénateurs qui crient à la trahison aujourd’hui, c’est parce qu’ils sentent le vent tourner. Mais le vrai problème, c’est que l’accord n’est pas le seul de son genre. Depuis 2022, les États-Unis ont importé plus de 10 millions de barils de pétrole russe, malgré les sanctions. Comment ? Via des intermédiaires, des sociétés écrans, et une régulation qui ressemble à de la dentelle.

Prenez le cas de Vitol, le géant du pétrole. En 2023, l’entreprise a racheté des cargaisons de brut russe à prix cassés, puis les a revendues aux États-Unis en les faisant passer pour du « pétrole neutre ». Personne n’a vérifié. Personne n’a sanctionné. Parce que les marchés, eux, ne s’intéressent qu’aux profits. Et quand le diesel russe est moins cher que celui du Texas, les raffineries achètent. Point.

Le pire ? Ces flux alimentent indirectement la machine de guerre russe. L’Ukraine, elle, continue de se faire bombarder avec des missiles financés… en partie par des dollars américains détournés via des ports turcs. Vous suivez ? Non. Parce que personne ne veut vous le dire.

L’Ukraine, otage d’une guerre économique

Les Ukrainiens, eux, savent très bien d’où vient leur problème. Kyiv a calculé que la Russie vole entre 60 000 et 80 000 barils de pétrole par jour sur ses propres infrastructures. Ce diesel, la Russie le revend… à qui ? Aux États-Unis, entre autres. Via des accords comme celui de Trump, ou via des détours magiques organisés par des traders qui se fichent éperdument de la guerre.

Le paradoxe ? Les États-Unis dépensent des milliards en aide militaire à l’Ukraine… tout en achetant le carburant qui permet à la Russie de la bombarder. C’est comme si vous donniez une arme à un voleur pour qu’il cambriole votre maison, puis que vous achetiez le butin à prix réduit. Sauf que là, c’est en gros.

Alors, pourquoi personne ne fait rien ?

Parce que la politique, c’est comme le pétrole : ça se négocie. Et quand les lobbies pétroliers, les banques et les hommes d’affaires se serrent les coudes, les sénateurs préfèrent regarder ailleurs. Sauf quand ça arrange leur campagne. Là, ils sortent leur grand jeu « patriotique ».

Le vrai jeu : l’élection de novembre

Trump, lui, il s’en fiche des principes. Il sait que les Américains en ont marre de la guerre. Qu’ils veulent du « moins cher à la pompe », même si ça signifie acheter du diesel produit avec l’argent des sanctions. Et que les républicains, eux, ne veulent surtout pas passer pour des « softs » sur la Russie. Alors ils crient à la trahison… tout en continuant de voter les budgets militaires.

Le résultat ? Une Ukraine qui se bat seule, un Trump qui joue les justiciers, et des Américains qui paient deux fois : une fois en taxes pour aider Kyiv, une autre fois en achetant le carburant qui finance ses ennemis.

La vraie question, c’est : est-ce que ça va changer après les élections ?

Probablement pas. Parce que le pétrole, ça ne s’arrête jamais. Et que les lobbies, eux, ils ont toujours un tour dans leur sac.

La dernière ironie ?

Les sénateurs qui dénoncent l’accord aujourd’hui, c’est parce qu’ils veulent récupérer les voix des « pro-Ukraine ». Mais demain, quand il faudra choisir entre voter une nouvelle aide militaire et garder les prix bas, ils voteront pour le diesel russe. Comme d’habitude.

Parce qu’au fond, personne ne veut vraiment gagner cette guerre. Juste la vendre plus cher.

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R Galaxie Rédaction

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