Sébastien réclame toujours ses 27 euros sans succès.

Un voyage annulé, des remboursements partiels, et un parking qui refuse de lâcher ses 27 euros. Sébastien, 53 ans du Rœulx, raconte comment les failles du système profitent aux grandes enseignes au détriment des petits clients.

Publié le 2 octobre 2026 à 06:05
Sébastien réclame toujours ses 27 euros sans succès.

Sébastien a tout perdu sauf son argent de parking à Charleroi

27 euros. C’est le prix d’un ticket de parking à l’Aeropark, à Charleroi. Pour Sébastien, 53 ans, ces 27 euros sont une somme symbolique, mais surtout, une somme qu’il n’aura jamais. Son vol Ryanair pour Pise a été annulé à cause de la grève. Ryanair l’a remboursé. L’Italie l’a remboursé. Le parking, lui, non.

Pourtant, c’est simple : son vol était annulé. Point. Il n’a pas pu partir. Il n’a pas pu utiliser le parking. Logique. Sauf que la logique, visiblement, ne s’applique pas à Aeropark.

Leur argument ? Deux semaines, c’est trop court pour un remboursement. Deux semaines. Pour un vol annulé. Pour des vacances qui n’ont jamais eu lieu. Pour un parking qu’il n’a jamais utilisé.

Sébastien n’est pas un cas isolé. Mais il est celui qui a eu le culot d’écrire à la presse. Les autres, ils serrent les dents. Ils paient. Ils râlent entre eux. Ils savent que c’est peine perdue.

Quand Ryanair et l’Italie jouent les généreux

Ryanair, l’Italie, et même la SNCF dans certains cas : ces géants du transport savent y faire. Un vol annulé ? Un remboursement. Un train qui ne part pas ? Un bon de voyage. Un vol retardé ? Des compensations. Tout est prévu, tout est calculé.

Pourtant, entre ces grands groupes, il y a des petits maillons. Des parkings privés. Des sociétés locales. Des gens qui, eux, ne jouent pas le jeu.

Sébastien a eu de la chance : Ryanair l’a remboursé intégralement. L’Italie aussi, via son assurance voyage. Mais Aeropark, cette société privée qui gère le parking de l’aéroport de Charleroi, refuse de bouger. Leurs conditions générales ? Un délai de deux semaines pour un remboursement. Deux semaines pour prouver que le vol était annulé. Deux semaines pour que le client se batte contre une machine administrative.

Le problème ? Personne ne lui explique pourquoi c’est si compliqué. Personne ne lui dit : « Voici la procédure. » Personne ne lui tend la main. Juste un mur.

Le parking qui gagne toujours

Aeropark n’est pas une exception. Les parkings privés, les sociétés de location de voitures, les hôtels : tous ont leurs petites clauses. Leurs petits délais. Leurs petites astuces pour ne pas rendre l’argent.

En 2022, selon une étude de l’UFC-Que Choisir, 43 % des consommateurs ont rencontré des difficultés pour obtenir un remboursement après une annulation de voyage. 43 %. Presque la moitié. Et dans la majorité des cas, ce sont les petites structures qui font traîner les dossiers.

Pourquoi ? Parce que c’est plus facile. Parce que le client, souvent, n’a pas les moyens de se battre. Parce que ces sociétés savent que la plupart des gens abandonneront en cours de route.

Sébastien, lui, n’a pas abandonné. Il a écrit. Il a insisté. Il a montré les preuves. Et pourtant, rien. Juste un silence radio.

Leur réponse ? « Nous étudions votre dossier. » Traduction : « On s’en fout. »

Le système qui broie les petits

Ce qui est ironique, c’est que Sébastien n’est pas un client lambda. Il a payé son parking. Il a respecté les règles. Il a même gardé sa preuve d’achat. Pourtant, Aeropark lui oppose des conditions qui n’ont aucun sens.

Le vrai problème, c’est que ces sociétés privées fonctionnent comme des forteresses. Leurs CGV sont des labyrinthes. Leurs services clients ? Des boîtes noires. Et quand vous appelez, vous tombez toujours sur la même réponse : « Contactez votre assurance. » « Vérifiez votre dossier. » « Nous ne pouvons pas faire grand-chose. »

Le résultat ? Le client perd. Toujours.

Pour Sébastien, ça fait des mois qu’il attend. Des mois à se battre contre un système qui n’a pas envie de céder. Et le pire ? Il sait qu’il n’est pas le seul.

Ce que ça dit de nous

Ce qui est révélateur, c’est que personne ne s’indigne vraiment. Personne ne monte au créneau. Pourquoi ? Parce que c’est normal. Parce que c’est comme ça. Parce que les petits clients, on s’en fout.

Sébastien a eu la chance d’avoir un vol remboursé par Ryanair. Mais pour les autres ? Ceux qui n’ont pas d’assurance ? Ceux qui n’ont pas les moyens de se battre ? Ceux-là, ils paieront. Toujours.

Le vrai scandale, ce n’est pas Aeropark. C’est que personne ne bronche. Que personne ne force ces sociétés à jouer le jeu. Que personne ne dit : « Assez. »

Parce que 27 euros, pour certains, ce n’est rien. Mais pour d’autres, c’est une insulte. Une insulte à la logique. Une insulte à la confiance.

Et le pire, c’est que Sébastien le sait. Il sait qu’il ne récupérera jamais ces 27 euros. Il sait qu’il est seul contre tous.

Mais il a raison. Et c’est ça, le problème.

La prochaine fois, ce sera pire

Sébastien a eu de la chance. Son vol était annulé. Il avait une assurance. Il a pu se battre.

Mais imaginez un jeune qui part en week-end à Bruxelles. Son vol est annulé. Il n’a pas d’assurance. Il paie son parking. Et après ? Il paie encore.

Imaginez une famille qui doit prendre l’avion pour un enterrement. Vol annulé. Parking non remboursé. Ils sont déjà en deuil. Maintenant, ils sont aussi en colère.

Le système est conçu pour ça. Pour que les gens paient. Toujours. Peu importe.

Parce qu’au final, qui va se battre pour 27 euros ? Personne.

Et c’est ça, la vraie arnaque.

Ils gagnent toujours

Aeropark ne rendra pas les 27 euros de Sébastien. Ryanair, si. L’Italie, aussi. Parce que ces géants ont les moyens de se défendre. Parce qu’ils savent que les clients, un jour ou l’autre, céderont.

Mais Sébastien, lui, a eu le culot de ne pas céder. Et c’est pour ça qu’il est toujours en colère.

Parce que 27 euros, ce n’est pas une somme. C’est un principe.

Et le principe, c’est que personne ne devrait avoir à se battre pour récupérer ce qui lui appartient.

Alors la prochaine fois que vous payez un parking à l’aéroport, souvenez-vous de Sébastien. Souvenez-vous de ses 27 euros.

Et la prochaine fois, exigez mieux.

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R Galaxie Rédaction

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