Votre salaire va monter, mais pas assez pour compenser l’inflation

À partir du 1er octobre 2026, les Belges verront leur fiche de paie s’allonger, mais les hausses ne suffiront pas à rattraper le coût de la vie. Entre plaques d’immatriculation à radier et cartes d’identité délivrées par le dentiste, le gouvernement joue avec les nerfs des citoyens. Voici ce qui change vraiment, et pourquoi ça ne changera pas grand-chose.

Publié le 1 octobre 2026 à 16:00
Votre salaire va monter, mais pas assez pour compenser l’inflation

Votre salaire va monter, mais pas assez pour compenser l’inflation

Ce jeudi 1er octobre, les Belges vont recevoir une petite surprise en ouvrant leur enveloppe salariale. Enfin, une petite surprise. Parce que les hausses promises par le gouvernement fédéral, entre 3 et 5 % selon les secteurs, ne suffiront pas à couvrir l’inflation cumulative des deux dernières années. Selon les calculs de Test-Aankoop, un ménage moyen perdra encore 120 euros par mois en pouvoir d’achat malgré ces ajustements. Et le pire ? Les secteurs les plus touchés, comme la santé ou l’éducation, sont ceux où les salaires stagnent le plus. Les infirmières, déjà en grève depuis six mois, vont devoir choisir entre serrer la ceinture ou enchaîner les jours de carence. Le gouvernement parle de « mesure sociale ». Les syndicats, eux, appellent ça une « arnaque à la petite cuillère ».

Les plaques d’immatriculation, ce casse-tête administratif qui n’en finit pas

En 2026, la Belgique passe enfin au système européen de plaques d’immatriculation. Enfin, presque. Parce que radier les anciennes plaques, celles avec les deux lettres au début, va prendre trois ans. Trois ans. Trois ans pour que les conducteurs belges aient enfin des plaques qui correspondent à leur voiture. Trois ans pour que les assurances, les radars et les garages s’adaptent. Trois ans pour que les voleurs de voitures comprennent enfin le nouveau code. Le SPW Mobilité a annoncé un « plan de transition ». En réalité, c’est un plan pour éviter la panique… jusqu’à ce que la panique arrive. Les premières plaques européennes seront distribuées aux nouveaux véhicules immatriculés à partir d’octobre. Les autres ? Ils devront attendre leur contrôle technique pour les changer. Sauf si elles sont volées, endommagées ou… si le propriétaire décide enfin d’en avoir une qui ne ressemble pas à un code-barres des années 90.

Votre carte d’identité, désormais délivrée par le dentiste

Depuis 2024, les communes belges ferment leurs guichets un à un. Trop de monde, trop peu de fonctionnaires, des files d’attente qui dépassent parfois six heures. Résultat : pour obtenir une nouvelle carte d’identité, les Belges doivent maintenant se rendre… chez le dentiste. Oui, vous avez bien lu. La loi permet désormais aux chirurgiens-dentistes agréés de délivrer des cartes d’identité. À condition, bien sûr, que votre rendez-vous pour un détartrage coïncide avec une disponibilité chez un praticien formé à la prise d’empreintes digitales. Le gouvernement parle d’« optimisation des ressources ». Les patients, eux, se demandent pourquoi ils doivent maintenant choisir entre se faire soigner les dents et prouver leur identité.

Ce qui ne changera pas : les inégalités

Les hausses de salaire ? Elles concernent surtout les fonctionnaires et les employés du privé dans les grandes entreprises. Les indépendants, eux, doivent se débrouiller. Les smicards ? Ils verront une augmentation de 1,2 %, soit 23 euros brut par mois. Assez pour payer un café. Pas assez pour remplacer une voiture ou un frigo qui lâche. Quant aux plaques d’immatriculation, elles ne changeront rien à la hausse des primes d’assurance, qui continuent de grimper. Et la carte d’identité chez le dentiste ? Une solution pour les urbains qui ont le temps et l’argent pour se payer un rendez-vous en ville. Ceux qui vivent en zone rurale ou précaires ? Ils devront toujours faire 100 km pour un guichet ouvert deux heures par semaine.

Le vrai problème : personne ne veut assumer les coûts

Le gouvernement belge dépense 1,8 milliard d’euros par an en subventions pour les transports en commun. Pourtant, les trains sont bondés, les retards légion, et les grèves se multiplient. Les salaires augmentent, mais les entreprises externalisent. Les plaques d’immatriculation coûtent cher à changer, mais personne ne veut financer la transition. Les cartes d’identité se font chez le dentiste parce que les communes n’ont plus les moyens de payer leurs employés. Le système est à l’envers. On donne des miettes aux uns, on fait porter le poids aux autres, et au final, c’est toujours le citoyen qui trinque.

Ce que ça signifie pour vous

Si vous êtes salarié, votre fiche de paie sera un peu plus épaisse. Mais votre portefeuille, lui, ne le sera pas. Si vous conduisez une vieille voiture, préparez-vous à des années de galère pour avoir des plaques qui correspondent à votre immatriculation. Et si vous avez besoin d’une carte d’identité, commencez à chercher un dentiste avec un guichet. Parce que le vrai changement, celui qui aurait pu simplifier la vie des Belges ? Il n’est pas à l’ordre du jour. Il n’y en aura pas.

Le gouvernement joue avec les apparences. Les citoyens, eux, continuent de payer le prix.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie
Votre salaire va monter, mais pas assez pour compenser l’inflation | R Galaxie