Un symbole qui coûte cher
Le vol privé de Ronaldo n’est pas une première. Depuis qu’il a quitté la Premier League pour la Saudia Arabian League, ses déplacements se font souvent en jet, même pour des matchs amicaux. Mais là , c’est différent. Le Danemark n’est pas l’Arabie saoudite. C’est l’Europe. Et le Portugal, malgré son titre d’Europe 2016, reste un pays où les inégalités dans le football sont criantes.
Prenez Bruno Fernandes. Capitaine de Manchester United, star incontestée, et pourtant il prend le ferry avec ses coéquipiers. Pourquoi ? Parce que la Fédération portugaise ne peut pas se permettre un jet pour tout le monde. Ou alors, elle choisit. Et elle choisit Ronaldo. Toujours.
Le coût ? Entre 50 000 et 100 000 euros par vol, selon les sources. Une somme qui pourrait équiper un centre de formation, former des jeunes, ou simplement offrir des conditions décentes à des joueurs comme Fernandes, qui, lui, n’a pas les mêmes sponsors que CR7.
Le Portugal, pays de deux vitesses
Le problème, c’est que ce n’est pas un hasard. Depuis que Ronaldo a quitté l’Angleterre pour la Saudi Pro League, la Fédération portugaise a basculé dans une logique de starification extrême. Tout tourne autour de lui : les sponsors, les médias, les déplacements. Les autres ? Ils s’adaptent.
Prenez le cas de Rafael Leão. En 2022, il a refusé de jouer un match amical contre la Serbie parce que la Fédération ne voulait pas couvrir ses frais de déplacement. Résultat : il a été suspendu. Deux poids, deux mesures ? Évidemment. Mais c’est comme ça que ça marche au Portugal.
Et puis il y a l’argent saoudien. Ronaldo touche des millions pour promouvoir l’Arabie saoudite. La Fédération en profite pour se remplir les poches, mais elle ne redistribue pas. Les joueurs comme Fernandes, ou même Bernardo Silva, doivent se contenter de moins.
Un match qui en dit long sur le football portugais
Le choc contre le Danemark n’est pas qu’un simple match amical. C’est un miroir tendu au football portugais. D’un côté, Ronaldo, roi incontesté, qui se déplace en jet privé comme un CEO. De l’autre, une équipe qui doit composer avec des moyens limités, des egos surdimensionnés, et une Fédération qui privilégie l’image à la substance.
Ce n’est pas nouveau. Mais là , c’est visible. Et ça pose une question : jusqu’à quand le Portugal va-t-il accepter que son football soit un spectacle à sens unique ?
Ce que ça change pour vous
Si vous regardez ce match, retenez une chose : ce que vous voyez sur le terrain n’est pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est ce que vous ne voyez pas. Les inégalités. Les choix. L’argent qui coule à flots pour les uns et qui manque cruellement pour les autres.
Et surtout, retenez que le Portugal n’est plus le même depuis que Ronaldo a tourné le dos à l’Europe. Maintenant, il joue sa partition ailleurs. Et ça, ça se paie. En euros. Et en crédibilité.