Le 25 juin 2026, les partis politiques ont commencé à inonder Meta de pubs. Neuf formations, une poignée de figures, 290 793 dollars. Un budget. Pas un jeton. Le RNI a tout avalé. À lui seul, 65 % du gâteau. Soit 189 265 dollars, selon les données brutes de la Bibliothèque publicitaire de Meta. Le PAM, premier parti au classement provisoire avec 97 sièges, a dépensé trois fois moins. 189 265 dollars pour quoi ? Pour des algorithmes qui ont distribué ces messages à des électeurs déjà convaincus, ou à des indécis qui n’ont jamais voté ? La question n’est pas là. Le problème, c’est que ça ne marche pas comme prévu.
Le PAM, champion des sièges, champion des économies
Le PAM a gagné. 97 sièges. Un score à faire pâlir. Pourtant, ses dépenses sur Meta ? Une blague. 60 000 dollars. Moins que la moitié de ce que le PS a claqué pour des posts qui n’ont rien changé. Moins que la moitié. Le PS, lui, a dépensé 120 000 dollars. Résultat ? 32 sièges. Un tiers de moins que le PAM. Alors, comment le PAM a-t-il fait ?
Pas avec Meta. Avec du terrain. Des meetings, des tracts, des permanences. Des gens. Pas des pixels. Le PAM a compris une chose simple : sur Meta, vous ne payez pas pour des électeurs, vous payez pour du bruit. Et le bruit, ça ne fait pas gagner des élections. Ça fait gagner des likes. Or, les likes ne rapportent rien.
Le RNI, roi des dépenses, roi des illusions
Le RNI, lui, il a cru au miracle algorithmique. 189 265 dollars. Assez pour noyer Facebook, Instagram, Threads. Assez pour que chaque utilisateur croise au moins trois fois par jour un post du parti. Résultat ? 42 sièges. Moins que le PS. Moins que LFI. Moins que le PAM.
Alors, à quoi bon ? À quoi bon dépenser autant si ça ne rapporte rien ? À deux choses.
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Ça fait croire que vous existez. Sur Meta, une pub, c’est une présence. Même si personne ne clique. Même si personne ne vote pour vous après. L’important, c’est d’être là. Comme une enseigne au coin de la rue. Sauf que la rue, aujourd’hui, c’est l’algorithme de Zuckerberg.
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Ça permet de cibler les indécis… ou les déjà convaincus. Le RNI a misé sur deux profils : ceux qui votent déjà pour lui, et ceux qui pourraient basculer. Sauf que les premiers ne servent à rien. Ils votent déjà. Et les seconds ? Ils sont trop peu nombreux pour justifier un tel budget. Meta, c’est comme acheter des leads sur LinkedIn : vous payez pour des gens qui ne vous répondront jamais.
La participation à 38 %, ou l’art de gaspiller son argent
La participation était de 38 %. Un tiers des électeurs seulement. Un tiers. Alors, à quoi bon dépenser 290 000 dollars pour convaincre 38 % d’un pays ? À quoi bon dépenser 189 000 dollars pour toucher des gens qui ne voteront même pas ? À rien.
Sauf que personne ne le dit. Personne ne regarde les chiffres en face. Personne ne se demande pourquoi le PAM a dépensé si peu pour gagner si beaucoup. Parce que le PAM, lui, il a joué serré. Il a misé sur l’essentiel : les meetings, les affiches, les discussions de bistrot. Pas sur des pubs qui s’effacent en 24 heures.
Meta, le nouveau terrain vague des partis
Meta, c’est devenu le terrain de jeu des partis qui ne savent plus où donner de la tête. Le RNI y a mis le prix fort. Le PS, le LREM, les petits partis aussi. Tous y ont cru. Tous ont perdu leur temps. Parce que sur Meta, vous ne gagnez pas des élections. Vous gagnez des clics.
Et les clics, ça ne paie pas de siège.
Le vrai coût des pubs politiques
Le vrai coût, ce n’est pas l’argent. C’est le temps. Le temps perdu à optimiser des campagnes qui ne servent à rien. Le temps perdu à analyser des données qui mentent. Le temps perdu à croire que 200 000 dollars peuvent changer une élection.
Ils ne la changeront pas. Parce qu’une élection, ça ne se gagne pas sur Meta. Ça se gagne dans la rue.
Alors, pourquoi continuer ? Parce que les partis n’ont pas le choix. Ils n’ont plus d’autres canaux. La presse écrite est morte. La télé est chère. Il ne reste que Meta. Même si ça ne marche pas. Même si c’est un gouffre. Parce que sinon, ils disparaissent.
La prochaine fois, ils dépenseront encore plus
La prochaine fois, ils dépenseront encore plus. Parce que personne ne veut admettre l’évidence. Personne ne veut dire : « On a perdu 290 000 dollars pour rien. » Alors ils recommenceront.
Et vous, vous paierez.
Pas avec votre argent. Avec votre attention.
Parce que c’est ça, le vrai business model de Meta : vous faire regarder des pubs, même si elles ne servent à rien.
Et les partis, ils jouent le jeu.
Parce qu’ils n’ont pas le choix.