La retraite complémentaire n’a crû que de 1,4 % après un an de gel, un leurre persistant.

Les partenaires sociaux ont trouvé un accord sur 1,4 % de hausse des retraites complémentaires après un gel d’un an. Mais les syndicats sont divisés, et le gouvernement prépare de nouvelles économies sur les pensions de base. Résultat : une réforme qui ne change rien à l’essentiel.

Publié le 15 octobre 2026 à 10:06
La retraite complémentaire n’a crû que de 1,4 % après un an de gel, un leurre persistant.

1,4 %, c’est déjà trop demander ?

Le chiffre, c’est 1,4 %. Pas 2 %. Pas 3 %. Juste assez pour que les médias parlent d’une « victoire », assez pour que les retraités soulagés partagent le communiqué sur Facebook, assez pour que les partenaires sociaux se donnent une tape dans le dos. Sauf que personne ne vous dira que cette hausse, c’est la moitié de l’inflation de 2023. Que les 1,4 %, c’est aussi le taux de revalorisation des pensions de base en 2022, l’année où tout le monde criait à la catastrophe. Et que depuis 2019, le pouvoir d’achat des retraités a déjà chuté de plus de 10 % en dix ans, selon l’Observatoire des retraites.

Alors oui, 1,4 %, c’est une hausse. Mais c’est une hausse qui ne compense même pas la précédente baisse. Et surtout, c’est une hausse qui ne concerne que les retraites complémentaires, celles qui dépendent des cotisations des actifs, celles qui, déjà, ne couvrent qu’une partie des besoins. Le reste, les retraités devront le prendre sur leur pension de base. Sauf que là, le gouvernement a d’autres idées.

Le gouvernement prépare le coup de massue sur les pensions de base

Pendant que les partenaires sociaux négociaient leur petit accord, le ministère du Travail, lui, préparait autre chose. Économies sur les pensions de base. Pas des promesses, pas des études, mais des propositions concrètes pour réduire les dépenses. Comment ? En repoussant l’âge légal de départ, en gelant à nouveau les revalorisations, ou en ciblant les petites pensions, celles des ouvriers, des employés, des précaires. Bref, tout ce qui peut faire mal sans faire trop de bruit.

Le projet ? Un rapport remis à Élisabeth Borne en septembre 2023 (source : Le Monde, septembre 2023) qui envisage des économies de plus de 3 milliards d’euros par an d’ici 2030. Pas sur les retraites complémentaires, non. Sur celles qui dépendent de l’État. Celles que 80 % des retraités dépendent à plus de 50 %.

Et devinez quoi ? Les partenaires sociaux n’ont rien dit sur ce rapport. Parce qu’ils n’ont pas à le dire. Parce que leur accord, lui, ne concerne que leur petit monde. Celui des cadres, des fonctionnaires, des salariés bien payés. Pas celui des autres.

Les syndicats divisés : la preuve que personne ne croit vraiment à cette réforme

Si les partenaires sociaux avaient été unis, on aurait pu parler de consensus. Mais non. La CFDT et FO ont signé. La CGT et Solidaires ont boycotté.

Pourquoi ? Parce que la CFDT et FO savent très bien que cet accord ne change rien à la donne globale. Que les retraites complémentaires, ça ne représente que 20 % du revenu moyen des retraités (source : DREES, 2022). Que le vrai problème, c’est la pension de base. Et que sur ce sujet, personne ne veut en parler.

La CGT, elle, a dénoncé un « accord de dupes ». Solidaires a parlé de « mensonge organisé ». Pas parce que 1,4 %, c’est trop peu. Mais parce que c’est un leurre. Un leurre pour faire croire que quelque chose bouge, alors que tout reste en l’état.

Et puis il y a le détail qui tue : les cotisations des actifs continuent d’augmenter. En 2024, les salariés cotiseront encore plus pour le régime complémentaire. Pas pour avoir plus de retraite. Non. Pour payer les dettes du système. Parce que les engagements pris dans les années 1990-2000 sont toujours là. Et que personne n’a le courage de les remettre en cause.

Le vrai problème : on parle des retraites, mais pas de la vraie question

Tout le monde parle des retraites. Les médias, les politiques, les syndicats. Mais personne ne parle de l’âge moyen de départ. En France, il est de 63,5 ans (source : INSEE, 2023). En Allemagne, il est de 65,2 ans. Aux États-Unis, 66 ans. Et pourtant, chez nous, on fait semblant de croire que le problème, c’est l’inflation ou les cotisations.

Non. Le vrai problème, c’est l’espérance de vie en bonne santé. À 65 ans, un Français sur trois a des limitations d’activité (source : DREES, 2021). À 70 ans, c’est un sur deux. Alors oui, on peut repousser l’âge légal. Mais à quoi bon ? Si les gens ne peuvent pas travailler plus longtemps ?

Et puis il y a l’emploi. Parce que si vous pensez que les jeunes vont cotiser plus longtemps pour payer les retraités, vous vous trompez. Le marché du travail français est déjà l’un des plus rigides d’Europe. Les CDI se raréfient. Les salaires stagnent. Et les jeunes générations, elles, savent très bien qu’elles ne toucheront jamais une retraite complète.

Alors oui, 1,4 %, c’est une hausse. Mais c’est une hausse qui ne change rien. Parce que le vrai débat, lui, n’a même pas commencé.

Ce que personne ne dit : et si on arrĂŞtait de mentir ?

Les partenaires sociaux ont trouvé leur accord. Les médias ont titré sur la « victoire ». Les retraités ont respiré. Mais dans cinq ans, quand les comptes seront encore dans le rouge, quand les économies sur les pensions de base auront été appliquées, quand l’âge de départ aura encore été repoussé, qui paiera ?

Pas les riches. Pas les patrons. Pas les actionnaires. Les actifs. Les retraités. Et les jeunes.

Parce que le système des retraites en France, c’est comme un château de cartes : tout le monde sait qu’il va s’écrouler, mais personne n’ose le dire. Alors on fait semblant de négocier. On signe des accords. On communique sur des hausses symboliques. Et on repousse l’échéance.

Sauf que l’échéance, elle, elle ne bouge pas.

Et vous, vous croyez quoi ? Que dans dix ans, vos enfants cotiseront pour vos petits-enfants ?

Pas moi.

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R Galaxie Rédaction

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