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"title": "Le Maroc éduque mal, et ça ne changera pas sans choc",
"slug": "pisa-2025-maroc-education-systeme-bloque",
"excerpt": "Les résultats PISA 2025 confirment le déclin des élèves marocains. Pourtant, les réformes s’enchaînent sans résultats. Le vrai problème ? Un système éducatif conçu pour reproduire les inégalités, pas pour les combattre.",
"content": "# **Les élèves marocains reculent encore. Et cette fois, c’est pire.**
En 2025, les scores PISA du Maroc sont une claque. En lecture, les élèves de 15 ans marquent **426 points** (contre 487 pour la moyenne OCDE). En maths, c’est **389** (contre 472). En sciences, **413** (contre 489). Pour rappel, en 2012, le Maroc était déjà en dessous de la moyenne. Aujourd’hui, il a **perdu 10 points en lecture depuis 2018**.
Personne ne s’en émeut vraiment. Pas même les syndicats d’enseignants, habituellement prompts à manifester. Comme si on avait intégré que le déclin était une fatalité.
Pourtant, il y a un détail qui saute aux yeux : **le Maroc dépense plus que jamais pour l’éducation**. En 2024, le budget alloué s’élève à **plus de 6% du PIB** (contre 4,5% en 2010). Des milliards sont injectés dans les écoles, la formation des profs, les infrastructures. Alors pourquoi ça ne marche pas ?
Parce que l’argent ne suffit pas quand le système est conçu pour échouer.
## **Le piège des réformes cosmétiques**
Depuis 2011, le Maroc a lancé **trois grandes réformes éducatives**. La dernière, en 2015, était censée tout changer : moins de cours magistraux, plus d’autonomie pour les établissements, une évaluation continue. Résultat ? **Zéro impact mesurable sur les scores PISA**.
Pourquoi ? Parce que ces réformes ignorent le vrai problème : **l’école marocaine est un outil de reproduction sociale**. Elle forme des élèves pour qu’ils restent à leur place, pas pour qu’ils montent.
Prenez l’exemple des **lycées d’excellence**. Créés en 2011 pour former une élite, ils coûtent **5 fois plus cher** qu’un lycée classique. Pourtant, leurs résultats ? **À peine meilleurs** que la moyenne nationale. La raison ? Ils recrutent leurs élèves parmi les enfants de fonctionnaires et de cadres. Autrement dit, ils ne transforment pas le système : ils le confirment.
Même chose pour les **écoles bilingues**. À Casablanca ou Rabat, les enfants de familles aisées apprennent l’anglais dès la maternelle. Ceux des quartiers populaires ? Ils ont droit à des cours de français… et encore, si l’école de leur quartier a les moyens de les payer.
**L’éducation marocaine est un marché à deux vitesses.** Et les réformes actuelles ne font que creuser le fossé.
## **Le vrai scandale : personne ne parle des profs**
Quand on demande aux ministres de l’Éducation pourquoi les résultats stagnent, ils répondent toujours la même chose : *« Il faut plus de moyens, plus de formations, plus de motivation. »* Sauf que les profs marocains sont déjà **les moins bien payés du monde arabe**. Un enseignant débutant touche **environ 6 000 dirhams net par mois** (soit **550 euros**). Avec ça, vous croyez qu’on motive qui que ce soit ?
Et puis, il y a **l’absentéisme**. Dans certaines régions, **plus de 30% des profs ne se présentent pas en cours** (source : rapport du ministère de l’Éducation, 2023). Pourquoi ? Parce qu’ils ont un deuxième job. Parce que leur salaire ne leur permet pas de vivre. Parce que personne ne les contrôle vraiment.
Le ministère sait tout ça. Mais au lieu de **augmenter les salaires** ou de **sanctionner les absences**, on préfère lancer des campagnes de *« motivation »* avec des slogans du genre *« L’école, c’est l’avenir du Maroc »*. Comme si répéter ça 10 fois allait changer quelque chose.
## **Ce que personne ne veut dire**
Il y a un chiffre qui résume tout : **seulement 12% des élèves marocains terminent leurs études secondaires avec un niveau suffisant en maths** (OCDE, 2022). 12%. Vous vous rendez compte ? Cela signifie que **88% des jeunes sortent du système sans compétences de base**. Et après, on s’étonne que le chômage des jeunes soit à **25%**.
Le vrai problème, c’est que **l’école marocaine ne sert pas à éduquer. Elle sert à trier.**
- Vous êtes enfant de cadre ? Vous irez dans un lycée bilingue, avec des profs motivés, des salles équipées. Vous aurez une chance.
- Vous êtes issu d’un milieu modeste ? Vous irez dans une école surchargée, avec des profs démotivés, des manuels usés. Vous aurez peu de chances.
**Aucune réforme ne changera ça tant qu’on ne touchera pas à cette logique.**
## **La solution ? Un choc, pas une réforme de plus**
En 2000, la Finlande était dans la même situation que le Maroc aujourd’hui. Résultat ? Ils ont **réinventé leur système éducatif de fond en comble** :
- **Des profs mieux payés** (salaire moyen : **4 000 euros net** par mois).
- **Moins de notes, plus d’évaluations qualitatives**.
- **Des classes moins chargées** (maximum 20 élèves par classe).
- **Une formation continue obligatoire** pour les enseignants.
Résultat ? Aujourd’hui, la Finlande est **n°1 en lecture et n°2 en maths** dans le classement PISA.
Le Maroc pourrait faire pareil. Mais pour ça, il faudrait :
1. **Arrêter les demi-mesures** et reconnaître que le système actuel est un échec.
2. **Investir massivement dans les profs** (salaire, formation, conditions de travail).
3. **Lutter contre les inégalités territoriales** en redistribuant les moyens vers les zones défavorisées.
4. **Arrêter de mentir aux familles** en leur disant que *« tout va bien »* alors que les résultats s’effondrent.
Au lieu de ça, on continue à **jeter de l’argent par les fenêtres** en construisant des écoles inutilisées ou en formant des enseignants qui n’auront jamais les moyens d’enseigner correctement.
## **Le Maroc éduque mal. Et ça ne changera pas sans un vrai choc politique.**
Les résultats PISA 2025 ne sont pas une surprise. Ils sont la conséquence d’un système qui **refuse de se remettre en question**. Tant que les élites marocaines continueront à voir l’école comme un **outil de contrôle social** plutôt que comme un levier d’émancipation, les scores ne feront que baisser.
La vraie question n’est pas *« Comment améliorer les résultats PISA ? »*. C’est **« Qui a intérêt à ce que le système reste comme il est ? »**
Et tant qu’on n’aura pas la réponse, les élèves marocains continueront à payer le prix.
**La prochaine fois que vous entendrez un ministre parler de *« nouvelle réforme »*, demandez-lui une chose : *« Combien de points PISA comptez-vous gagner d’ici 2030 ? »**
S’il ne sait pas répondre, c’est qu’il ment.
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R Galaxie Rédaction