Le REM de l’Est, version 2028 ?
En 2019, le gouvernement Legault annonçait la phase 1 du REM pour 2022. Aujourd’hui, on nous parle de 2028 ou 2029, avec un budget gonflé à 3-5 milliards. Soit. Mais quand on sait que le seul tronçon déjà construit (Brossard-Verdun) a explosé son budget de 50 %, on se demande bien où s’arrêtent les optimistes.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a sorti sa pelleteuse symbolique pour 2028. « La première pelletée de terre », dit-il. Très bien. Mais entre la pelletée et le premier train, il y a les appels d’offres, les recours juridiques, les changements de plans et les grèves. Le REM de Montréal, c’est comme un enfant malade : ça traîne, ça coûte cher, et personne ne meurt jamais vraiment.
Le vrai problème, ce n’est pas le coût, c’est l’absence de plan B
Le gouvernement actuel a déjà dépensé 10,8 milliards pour le REM (source : Rapport de la Vérificatrice générale, 2023). 10,8 milliards. Pour un réseau qui ne sera pas complet avant 2030 dans le meilleur des cas. Et maintenant, on nous propose d’ajouter 3 à 5 milliards pour une extension à l’Est, sans même savoir si la phase 1 sera livrée à temps.
Pourtant, personne ne bronche. Pas les médias, pas les élus, pas les citoyens. Comme si on avait déjà oublié que le métro de Montréal a mis 15 ans à relier Brossard à Montréal, et qu’il a coûté trois fois plus cher que prévu. Le REM, c’est la même recette : on commence petit, on agrandit, et à la fin, c’est toujours le contribuable qui paie.
L’Est de Montréal, le parent pauvre du REM
L’extension à l’Est, c’est le nouveau jouet des politiciens. Mais qui va vraiment en profiter ? Les quartiers comme Ahuntsic, Rosemont ou Saint-Michel, déjà mal desservis, vont-ils enfin avoir leur ligne ? Ou est-ce encore une promesse électorale qui finira dans les tiroirs ?
Le projet actuel prévoit un tronçon entre Montréal et Saint-Léonard. Très bien. Mais où sont les études de trafic ? Où sont les simulations de fréquentation ? Le REM de l’Ouest a déjà du mal à justifier son existence. Celui de l’Est, lui, part de zéro.
Et puis, il y a la question des coûts cachés. Les terrains à exproprier, les travaux de voirie, les retards imprévus. Le REM de Brossard a déjà coûté 16 000 dollars le mètre carré (source : Rapport de la Ville de Montréal, 2022). À ce rythme, 5 milliards, ce n’est même pas un début.
Pourquoi personne ne pose les bonnes questions ?
Parce que c’est plus facile de promettre un REM que de dire non. Parce que les politiciens savent que personne ne va les sanctionner pour un projet qui ne sera pas livré avant 2030. Parce que les médias préfèrent parler des pelletées de terre que des trous dans le budget.
Et puis, il y a cette petite musique qui revient sans cesse : « On va créer des emplois ». Oui, des emplois. Pour les entrepreneurs, pour les ingénieurs, pour les syndiqués. Mais pour les usagers ? Pour ceux qui attendent depuis 20 ans un transport décent ?
Le REM de l’Est, c’est déjà un échec avant d’avoir commencé
On nous vend une histoire : « En 2028, vous aurez votre REM ». Mais en 2028, les enfants nés en 2020 auront 8 ans. Ils auront déjà attendu plus longtemps que leur père pour avoir un métro qui fonctionne.
Le vrai problème, ce n’est pas le coût. C’est l’absence totale de transparence. On nous parle de milliards, mais personne ne nous dit comment on va les dépenser. On nous promet des délais, mais personne ne nous explique pourquoi les précédents ont été ratés.
Et surtout, personne ne semble se demander si c’est vraiment utile. Le REM de l’Ouest a déjà du mal à remplir ses wagons. Celui de l’Est, lui, partira-t-il à moitié vide ?
Ce qu’on sait, c’est que les promesses, ça ne vaut pas grand-chose
En 2013, Jean Charest promettait un REM pour 2020. En 2018, Philippe Couillard repoussait à 2022. Aujourd’hui, on nous parle de 2028. Et si, dans 10 ans, on nous disait que c’est pour 2035 ?
Le REM de l’Est, c’est comme un bateau qui prend l’eau : tout le monde voit les fuites, mais personne ne veut arrêter les machines. Parce que c’est trop tard. Parce que c’est déjà trop cher. Parce que personne ne veut assumer.
Et vous, vous allez encore attendre.
La vraie question, c’est : qui va payer ?
Parce que 3 milliards, c’est l’équivalent de 100 000 logements sociaux. Ou de 50 000 emplois bien payés. Ou de 20 ans de salaires pour 10 000 enseignants.
Alors oui, le REM de l’Est, ça fait joli sur les affiches électorales. Mais dans la vraie vie, ça coûte cher, ça prend des années, et ça ne sert pas toujours à grand-chose.
Et cette fois, on ne vous promet même pas que ça marchera.