Pourquoi les élèves de Gatineau se battent-ils pour un programme qu’on leur retire sans explication ?

Deux pétitions circulent déjà. À l’école secondaire Miremont, on supprime un programme sans consulter les familles. Le CSSCV refuse de s’expliquer. Voici pourquoi ça sent le mépris, et comment ça pourrait virer au conflit.

Publié le 25 septembre 2026 à 22:06
Pourquoi les élèves de Gatineau se battent-ils pour un programme qu’on leur retire sans explication ?

Un programme qui disparaissait sans prévenir

Imaginez. Votre enfant vous annonce qu’il a un projet scolaire important, un cours qui le passionne, une activité qui lui donne l’impression de servir à quelque chose. Et puis, du jour au lendemain, pouf : plus rien. Pas de préavis. Pas d’avertissement. Juste un trou. C’est ça, la réalité pour une vingtaine d’élèves de Miremont depuis deux semaines. Le programme d’éducation internationale, c’était leur truc. Pas un truc de niche, non : un programme qui permettait à des élèves de travailler sur des projets concrets avec des écoles à l’étranger, de participer à des concours, de voir leur travail publié. Bref, quelque chose qui sortait de l’ordinaire dans un système scolaire souvent critiqué pour son manque d’ambition.

Sauf que le CSSCV, le Centre de services scolaire des Collines-de-l’Outaouais, a décidé que ça n’avait plus sa place. Sans concertation. Sans expliquer pourquoi. Juste une décision prise en haut lieu, descendue en cascade, et exécutée. Comme si les élèves et leurs parents n’existaient pas. Comme si on pouvait effacer un programme du jour au lendemain sans que ça fasse de vagues. Sauf que ça en fait. Beaucoup.

Le chiffre qui cloche : 300 signatures en 10 jours.

La pétition des parents est claire : « Pourquoi supprimer un programme sans consultation ? ». Celle des élèves va plus loin : « On ne veut pas juste savoir pourquoi, on veut savoir ce qu’on va faire à la place ». Le CSSCV, lui, répond par des communiqués lisses, des promesses de « transparence », et des délais indéfinis. Résultat ? Les parents sont en colère. Les élèves, eux, se sentent trahis. Parce qu’on leur a vendu du rêve, « Vous allez travailler avec des écoles en Europe, aux États-Unis, en Asie », et qu’on leur retire du jour au lendemain.

Et puis il y a l’argument économique. Le CSSCV invoque des « contraintes budgétaires ». Sauf que les chiffres ne collent pas. En 2022, le budget du CSSCV frôlait les 300 millions. Supprimer un programme qui coûte quelques milliers de dollars par année, c’est comme brûler un billet de 20 pour économiser. Ridicule. Alors pourquoi le faire ?

Ce que le CSSCV ne veut pas dire

Le conseil d’administration du CSSCV est convoqué fin octobre. Les pétitionnaires comptent y être. Et ils ont des questions. Dures.

  1. Pourquoi ce programme et pas un autre ? Miremont a des forces. Des profs motivés. Des élèves qui excellent dans des domaines précis. Pourtant, on touche toujours aux mêmes programmes « innovants », comme si c’était une mode passagère. L’éducation internationale ? Trop « élitiste » ? Trop « coûteuse » ? Trop « visible » ?

  2. Qui a pris cette décision ? Un directeur ? Un comité ? Un fonctionnaire ? Parce que si c’est un fonctionnaire qui a décidé ça sans en parler à personne, alors on est dans le pire des cas : une bureaucratie qui gère les écoles comme des usines, sans âme, sans vision.

  3. Qu’est-ce qu’on remplace par quoi ? Parce que, soyons clairs, supprimer un programme sans en proposer un autre, c’est de la malhonnêteté intellectuelle. Les élèves de Miremont ne sont pas des variables d’ajustement. Ils méritent mieux qu’un trou dans leur emploi du temps.

Le CSSCV parle de « réorganisation ». Traduction : « On va tout casser pour voir ce qui reste ». Sauf que dans une école, on ne réorganise pas comme on déménage des meubles. On écoute. On explique. On négocie.

Le vrai problème : un système qui méprise ses usagers

Le pire, c’est que ce n’est pas la première fois. En 2021, c’était le programme d’arts numériques qui disparaissait à l’école Horizon, à Hull. Même discours : « contraintes budgétaires ». Même absence de consultation. Même colère des parents. Même silence des instances.

Alors oui, les pétitions, ça compte. Les manifestations, ça fait du bruit. Mais le vrai combat, c’est celui des parents qui osent poser des questions. Celui des élèves qui refusent de se taire. Parce que si on laisse faire, la prochaine fois, ce sera votre enfant qui se fera dire « Désolé, ce programme n’existe plus ». Sans explication. Sans pitié.

Le CSSCV a jusqu’à la fin octobre pour répondre. Après ? Après, ce sera trop tard. Parce que la confiance, une fois brisée, ne se répare pas avec des mots vides.

Ce qui se joue vraiment ici

Ce n’est pas qu’une histoire de programme. C’est une question de pouvoir. Qui décide ? Comment ? Et surtout : pourquoi personne ne bronche ?

Les parents de Miremont ne sont pas des activistes. Ce sont des gens ordinaires, qui veulent juste que leur enfant ait une chance. Pas une chance de réussir malgré l’école. Une chance grâce à l’école.

Le CSSCV a le choix. Soit il explique. Soit il assume. Soit il continue à jouer les sourds. Dans ce dernier cas, préparez-vous à une bataille. Parce que quand on vous prend pour des idiots, tôt ou tard, vous réagissez.

La dernière ligne.

Fin octobre, le CSSCV aura une décision à prendre : soit il rend des comptes, soit il enterre définitivement la confiance des familles. Et dans ce cas, les pétitions ne seront qu’un début.

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie