Les cours du pétrole reculent de 3 % malgré la guerre en Ukraine

Les investisseurs respirent un peu. Mais la baisse des cours masque des tensions toujours vives. Voici pourquoi le marché joue avec le feu.

Publié le 6 octobre 2026 à 12:06
Les cours du pétrole reculent de 3 % malgré la guerre en Ukraine

Les cours du pétrole reculent de 3 % malgré la guerre en Ukraine, et ça ne veut rien dire de bon

Lundi dernier, le baril de Brent a perdu 3 % en une séance, frôlant les 80 dollars. Une baisse qui sent le soulagement artificiel. Les raisons ? Les exportations saoudiennes tiennent bon, malgré les attaques des Houthis. Et puis, il y a cette rumeur tenace : les États-Unis pourraient lâcher une partie de leurs réserves stratégiques. Assez pour faire baisser les prix, assez pour calmer les marchés… pour l’instant.

Pourtant, personne ne parle de l’essentiel. Le conflit en Ukraine ne s’apaise pas. La Russie pompe toujours son pétrole à fond, et la Chine, elle, rouvre ses raffineries comme si de rien n’était. Les stocks américains ? Ils sont pleins à craquer, mais les prix ne reflètent pas la réalité : le vrai risque, c’est la pénurie là où ça compte. Pas à New York, pas à Londres, mais dans les ports de la mer Noire, bloqués par les mines et les missiles.

Le marché mise sur un miracle.

Les Saoudiens tiennent le coup, mais à quel prix ?

Arabie Saoudite, c’est le gros du jeu. Le royaume a promis de maintenir ses exportations à 10 millions de barils par jour, malgré les raids houthis. Sauf que les Houthis, eux, visent précisément les tankers qui passent par le détroit de Bab el-Mandeb. Résultat : les assurances maritime explosent. Une étude de la Lloyd’s de Londres (juin 2024) estime que les primes ont grimpé de 120 % depuis le début des attaques. Et les Saoudiens ? Ils compensent en réduisant leurs marges. Bref, ils vendent du pétrole à perte pour éviter le chaos.

Pourquoi les marchés s’en fichent ? Parce que les Saoudiens peuvent. Pas comme l’Iran, dont les exportations s’effondrent sous les sanctions. Pas comme la Russie, dont le pétrole discount ne suffit plus à nourrir l’Europe. Les Saoudiens, eux, ont des réserves de cash et des alliés dans les capitales occidentales. Ils jouent les pompiers, mais à quel moment ça s’arrête ?

La vraie question, c’est : et si Riyad lâchait l’affaire ?

Les réserves américaines, ce leurre qui cache tout

Les États-Unis ont sorti 180 millions de barils de leurs réserves stratégiques depuis 2022. Assez pour faire baisser les prix de 5 à 10 %, selon l’EIA (rapport de mai 2024). Sauf que personne ne parle de l’après. Ces stocks, ils sont presque vides. Et si les Houthis coulaient un pétrolier saoudien de plus ? Si la Russie décidait de fermer le robinet sur son gaz vers l’Europe ?

Les marchés comptent sur un déblocage supplémentaire. Mais les réserves américaines, c’est comme un parapluie troué : ça protège un peu, mais dès qu’il pleut fort, tout s’inonde. Et aujourd’hui, la pluie, c’est la demande chinoise. Pékin relance ses raffineries à fond, et les cours du fret maritime grimpent à nouveau. Les prix baissent, mais les tensions, elles, montent.

Le piège ? Les investisseurs ferment les yeux.

La Chine relance tout, et personne ne bronche

La Chine, c’est le vrai moteur. Ses importations de pétrole ont bondi de 8 % en un mois (données de la CNPC, juillet 2024). Pourquoi ? Parce que son économie étouffe, et que Pékin a besoin d’énergie pour relancer ses usines. Sauf que la Chine, elle n’achète pas n’importe où. Elle se tourne vers l’Iran, vers la Russie, vers le Venezuela. Des pays sous sanctions, des pays instables. Et les marchés ? Ils s’en moquent.

Pourquoi ? Parce que la Chine paie en yuans, en or, en infrastructures. Elle contourne les sanctions comme une brèche dans un mur. Et les Occidentaux ? Ils regardent ailleurs. Trop occupés à parier sur une baisse des prix pour se soucier des risques.

Le problème, c’est que cette stratégie a une limite.

Le vrai risque : la mer Noire, zone de guerre oubliée

Personne n’en parle, mais la mer Noire, c’est le cœur du problème. Les ports ukrainiens sont sous les bombes, les mines russes bloquent l’accès. Résultat : le pétrole roumain et géorgien, lui, doit passer par des détours de 3 000 kilomètres. Coût ? Le triple en fret. Et les raffineries européennes ? Elles tournent au ralenti, parce que le transport, c’est trop cher.

Pourtant, les cours baissent. Pourquoi ? Parce que les marchés misent sur un scénario : la guerre en Ukraine s’enlise, la Russie se lasse, et les exportations reprennent. Sauf que personne ne sait si ce scénario est réaliste.

La vérité, c’est que le pétrole reste un marché de dupes.

Conclusion : la fête ne fera pas long feu

Les cours reculent, les investisseurs sourient. Mais la réalité, c’est que le système tient par des fils fragiles : des Saoudiens qui vendent à perte, une Chine qui achète n’importe où, et des réserves américaines presque vides. La prochaine crise viendra de là où on ne regarde pas.

Et quand elle frappera, les marchés seront pris au dépourvu.

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R Galaxie Rédaction

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