Votre pouvoir d’achat dépendra des querelles de la majorité en 2026

Les tensions au sommet de la majorité risquent de faire dérailler les mesures sociales avant même les législatives. Voici pourquoi votre portefeuille est en jeu.

Publié le 21 septembre 2026 à 12:03
Votre pouvoir d’achat dépendra des querelles de la majorité en 2026

Les promesses du gouvernement s’effritent avant même les élections de 2026

Le 22 mai 2024, le Premier ministre a annoncé devant l’Assemblée un « bouclier pouvoir d’achat » étendu pour 2025. Trois mois plus tard, les ministres LR et Renaissance se tirent déjà dans les pattes sur le financement. Résultat : les aides promises pour les retraités et les classes moyennes traînent. Pendant ce temps, l’INSEE publie un chiffre qui claque : +2,1 % d’inflation résiduelle sur les produits de première nécessité (source : INSEE, rapport trimestriel 2024).

Et si le vrai problème, ce n’était pas l’inflation… mais l’incapacité de la majorité à se mettre d’accord sur comment la combattre ?

Le gouvernement joue avec votre argent sans même s’en rendre compte

Prenez la réforme des APL. En théorie, elle doit entrer en vigueur en janvier 2025 pour aider 3 millions de foyers. En pratique ? Les débats entre le ministère des Finances (qui veut geler les budgets) et celui de la Cohésion des territoires (qui réclame +1,2 milliard) bloquent tout. Un retard de six mois, c’est 6 mois de factures d’eau et d’électricité qui continuent de grimper sans contrepartie.

Pourtant, personne ne s’en émeut. Pourquoi ? Parce que les Français ont autre chose à faire. Ou parce que les partis de la majorité préfèrent se disputer entre eux plutôt que d’assumer des choix clairs.

Et puis, il y a le casse-tête des niches fiscales. Le gouvernement a supprimé 12 milliards d’euros de dépenses fiscales en 2023, mais les lobbies ont déjà fait annuler la moitié des mesures. Résultat : les entreprises comme TotalEnergies (qui a économisé 400 millions grâce à une niche maintenue sur les carburants professionnels) continuent de bénéficier de cadeaux fiscaux, tandis que les ménages subissent des hausses de taxes indirectes.

La cohésion de la majorité ? Un mythe électoral

Les législatives de 2026 approchent. Et avec elles, la peur d’un scénario à la grecque : une majorité divisée qui se saborde avant même le premier tour.

Prenez le débat sur le bouclier tarifaire. Les Républicains veulent le limiter aux ménages modestes. Renaissance insiste pour l’étendre. Résultat ? Un flou juridique qui laisse les collectivités locales dans le flou. La mairie de Lille a déjà prévenu : si rien n’est clarifié d’ici l’automne, elle ne pourra plus subventionner les factures d’électricité des retraités. C’est 15 000 foyers en plus qui vont devoir serrer la ceinture.

Et puis, il y a les fuites. Celle du projet de loi sur le pouvoir d’achat, révélée par Le Monde le 10 juin, a montré que même les textes les plus sensibles fuitaient avant d’être votés. Preuve que personne ne croit vraiment à l’efficacité de ces mesures.

Ce que les marchés savent avant vous

Les actionnaires, eux, ne se trompent pas. Depuis le début de l’année, le CAC 40 a progressé de 8 %, tandis que les indices boursiers liés aux services publics stagnent. Pourquoi ? Parce que les investisseurs anticipent une instabilité politique qui va freiner les grands chantiers.

Prenez Engie. L’entreprise a annoncé un plan de licenciements de 3 000 emplois en Europe. Officiellement, c’est pour « s’adapter à la transition énergétique ». Officieusement, c’est parce que les aides publiques aux ménages (qui pourraient relancer la consommation) sont bloquées par les querelles internes.

Votre pouvoir d’achat n’est pas une variable d’ajustement. C’est le thermomètre de la crédibilité du gouvernement. Et pour l’instant, le thermomètre est en panne.

2026 : l’année où tout bascule

Si la majorité ne se serre pas les coudes d’ici là, attendez-vous à trois scénarios :

  • Le statu quo. Les mesures sociales arrivent en retard, mal financées, et les Français votent avec leurs pieds. Résultat : une abstention record aux législatives, comme en 2022.

  • Le coup de force. Un parti (LR ou Renaissance) impose sa vision en échange du soutien d’un autre. Les mesures deviennent clivantes, et le gouvernement perd sa légitimité.

  • La fuite en avant. On vote des lois floues, on promet des compensations, et on repousse les échéances. Comme pour la réforme des retraites, mais en pire.

Le vrai risque ? Que personne ne s’en aperçoive avant qu’il ne soit trop tard.

Ce que vous pouvez faire, vous

Vous n’êtes pas impuissant. Voici trois leviers pour peser :

  1. Exigez des comptes sur les niches fiscales. Pourquoi TotalEnergies paie moins de taxes que votre boulanger ? Demandez à votre député de publier la liste des exonérations par secteur. (Oui, c’est possible, mais personne ne le fait.)

  2. Surveillez les retards administratifs. Si votre dossier de demande d’APL ou de prime énergie traîne, signalez-le à la Défenseure des droits. Les retards ne sont pas anodins : ils coûtent cher.

  3. Préparez-vous à un hiver 2025-2026 tendu. Si les aides ne sont pas votées avant l’été, anticipez : constituez une épargne de précaution (même 300 euros par mois), renégociez vos contrats d’énergie, et évitez les crédits à la consommation.

Le gouvernement a trois mois pour éviter le chaos

D’ici les législatives, la majorité a le choix : soit elle se serre les coudes et vote des mesures claires, soit elle continue à tergiverser et laisse les Français payer l’addition. Votre portefeuille dépendra de ce choix.

Et si rien ne bouge d’ici là, une question restera en suspens : pourquoi voter pour ceux qui ne savent pas gérer l’essentiel ?

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R Galaxie Rédaction

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