À partir de 2025, ces deux solutions de chauffage vont coûter bien plus cher qu’on ne le croit

Deux voisins, un poêle à granulés, une pompe à chaleur. Même surface, même région. Pourtant, leurs factures ne vont pas converger. Voici pourquoi l’un va regretter son choix dès l’hiver prochain, et comment calculer *vraiment* ses économies avant de signer.

Publié le 5 octobre 2026 à 12:14
À partir de 2025, ces deux solutions de chauffage vont coûter bien plus cher qu’on ne le croit

Le détail qui change tout : le prix des granulés a bondi de 40 % en six mois, et personne ne le dit clairement aux clients de chez Joule ou Stovax.

C’est un matin d’octobre, dans un lotissement près de Lyon, où Thomas a branché son poêle à granulés pour la première fois. Le vendeur lui avait promis une facture divisée par deux. Résultat : en trois mois, il a déjà dépensé 1 200 euros en granulés, contre 800 euros estimés. « On m’avait parlé de 5 à 7 centimes le kWh, raconte-t-il. En réalité, avec les livraisons à prix variable et les taxes cachées, je frôle les 9 centimes. »

De l’autre côté de la rue, Sophie, elle, a opté pour une pompe à chaleur (PAC) Daikin. Son installateur avait mis en avant un coefficient de performance (COP) à 4,5. « Ça veut dire que pour 1 kWh d’électricité, j’en récupère 4,5 en chaleur », lui avait-on expliqué. Sauf que son contrat d’électricité, indexé sur le marché spot, a grimpé de 15 % depuis l’été. Son installateur n’avait pas mentionné que les PAC sont très sensibles aux hausses des tarifs. « Je paie 0,22 € le kWh aujourd’hui, contre 0,18 € l’an dernier. Mon économie s’est évaporée. »

Le problème ? Personne ne vous montre les deux factures en parallèle.

Les comparatifs officiels (ADEME, Quotidiag) se basent sur des moyennes lissées. Or, en 2024, les prix des granulés ont été tirés vers le haut par la crise en Ukraine et par la spéculation sur les stocks d’hiver. Résultat : le coût réel du kWh granulés dépasse souvent celui de l’électricité pour une PAC, surtout si vous habitez une zone mal desservie (livraison coûteuse). Pour une maison de 100 m² mal isolée, comme celles de Thomas et Sophie, la différence peut atteindre 500 à 800 euros par an entre les deux solutions.

Et voici le piège : les aides de l’État (MaPrimeRénov’, TVA réduite) sont souvent calculées sur des hypothèses dépassées. Par exemple, MaPrimeRénov’ pour une PAC table sur un prix de l’électricité à 0,17 €/kWh. Si vous payez 0,22 € comme Sophie, l’aide couvre une partie bien moindre de votre surcoût.

Ce que les installateurs ne vous disent pas sur les granulés

  1. Le stockage coûte cher. Un silo de 1 000 kg à 3 000 €, c’est déjà 300 € de plus que rien. Et si vous commandez des sacs de 15 kg en vrac, prévoyez 20 à 30 € par livraison (surtout en zone rurale).

  2. Les granulés ne sont pas tous égaux. Un sac à 5 €/15 kg chez Lidl ? Vérifiez le pouvoir calorifique. Certains granulés bas de gamme (type « classe B ») brûlent mal, encrassent le poêle, et réduisent votre rendement de 10 à 15 %. Résultat : vous consommez plus pour le même confort.

  3. L’entretien ? 200 à 400 € par an. Nettoyage de la cheminée, vidange du cendrier, contrôle obligatoire tous les deux ans. Personne ne vous le rappelle après la vente.

  4. Le poêle à granulés, c’est comme une voiture : plus vous roulez, plus ça coûte. Une maison de 100 m² mal isolée avec des déperditions ? Comptez 1 500 à 2 500 kg de granulés par an. À 0,08 €/kWh (prix réel en 2024), ça fait 1 200 à 2 000 € de combustible seul.

Et la PAC, alors ? Le vrai calcul

Oui, une PAC bien dimensionnée et installée par un pro (pas un artisan du coin) peut diviser votre facture par deux. Mais seulement si :

  • Votre maison est bien isolée (toit, murs, fenêtres). Une PAC a du mal à compenser des déperditions importantes.
  • Vous avez un contrat d’électricité stable. Les offres à prix fixe (comme celles d’Enercoop ou Mint Energie) protègent mieux que le marché libre.
  • Vous acceptez de monter en puissance. Une PAC de 8 kW pour 100 m² ? Ça peut coûter 15 000 € posés. Et si votre besoin réel est de 6 kW, vous payez pour du superflu.

Le chiffre que les installateurs cachent : le rendement réel d’une PAC baisse avec le froid.

En théorie, une PAC a un COP de 4 à 5. En pratique, quand il gèle, ce COP tombe à 2,5 ou 3. Résultat : pour une température extérieure à -5 °C, vous dépensez presque autant qu’avec un radiateur électrique. Or, dans le Grand Est ou les Alpes, les hivers durent 3 à 4 mois.

La vraie question n’est pas « poêle ou PAC ? », mais « votre maison est-elle prête ? »

Prenez l’exemple de la région Auvergne-Rhône-Alpes : selon l’ADEME, 60 % des maisons individuelles ont une isolation insuffisante. Dans ces cas-là, une PAC sous-dimensionnée ou mal réglée peut coûter plus cher qu’un poêle à granulés, surtout si vous payez cher l’électricité.

Le test à faire avant de choisir

  1. Faites un audit énergétique (obligatoire pour les aides). Pas une estimation à la va-vite, mais un vrai diagnostic avec thermographie. Coût : 300 à 600 €, mais ça évite les mauvaises surprises.

  2. Demandez les factures réelles de 3 clients ayant choisi la même solution que vous dans votre région. Pas les moyennes, mais les vrais relevés des 12 derniers mois. La plupart des installateurs refusent. C’est un mauvais signe.

  3. Comparez le coût global sur 5 ans, pas sur 1 an. Un poêle à granulés peut sembler moins cher à l’achat, mais si vous devez le remplacer après 10 ans (usure du brûleur), le coût réel explose. Une PAC bien choisie dure 15 à 20 ans.

Le piège des économies « garanties »

Les promesses des vendeurs reposent sur des hypothèses optimistes :

  • Prix des granulés à 5,5 centimes/kWh (ils sont à 8 aujourd’hui).
  • Électricité à 0,15 €/kWh (elle est à 0,20 € en moyenne).
  • Isolation parfaite (rare).

Résultat : 80 % des clients surestiment leurs économies. Une étude de l’UFC-Que Choisir sur 500 foyers équipés montre que seulement 30 % réalisent des économies supérieures à 30 % par rapport à un chauffage classique.

Ce qui se joue vraiment en 2025 : la fin des aides mal ciblées

À partir de janvier 2025, l’État va réduire MaPrimeRénov’ pour les poêles à granulés (sauf en zones rurales). Pourquoi ? Parce que les granulés restent une solution polluante (particules fines, bois souvent importé) et peu durable (dépendance aux cours du bois).

Pour les PAC, les aides seront maintenues, mais sous conditions : isolation minimale obligatoire, installation par un pro certifié RGE. Problème : 40 % des installateurs ne sont pas RGE. Si vous tombez sur l’un d’eux, vous ne toucherez rien.

Le scénario le plus probable pour 2025

  • Si vous avez une maison bien isolée et un contrat d’électricité à prix fixe : la PAC reste la meilleure option, mais seulement si vous acceptez de payer 12 000 à 18 000 € pour une installation haut de gamme.
  • Si votre maison date des années 1980 ou 1990 : un poêle à granulés peut être une solution… à condition de prévoir un budget combustible annuel de 1 500 à 2 500 €. Sinon, mieux vaut combiner PAC (pour les pièces principales) et radiateurs électriques (pour les chambres peu utilisées).
  • Si vous habitez en zone rurale sans réseau gaz : la PAC air-eau (avec plancher chauffant) peut être intéressante, mais seulement si vous avez un jardin pour évacuer la chaleur résiduelle (sinon, risque de surchauffe du compresseur).

Le détail technique qui fait basculer le choix : le delta T

C’est la différence entre la température intérieure et extérieure. Plus elle est élevée, plus votre système de chauffage doit travailler.

  • Pour une PAC : au-delà de 10 °C de delta T (ex. : 20 °C intérieur / -10 °C extérieur), le rendement chute brutalement.
  • Pour un poêle à granulés : le rendement reste stable, mais le confort aussi. Vous aurez des pièces plus froides et plus chaudes, selon l’emplacement du poêle.

Ce que personne ne vous dit sur l’entretien

  • Une PAC mal entretenue (nettoyage du filtre, contrôle du fluide frigorigène) peut perdre 20 % de son rendement en un an.
  • Un poêle à granulés encrassé (surtout si vous brûlez du bois traité) émet jusqu’à 3 fois plus de particules fines qu’un modèle neuf. Résultat : vous polluez votre intérieur et vous payez plus cher en combustible.

La solution hybride qui marche (mais que personne ne propose)

Certains installateurs français (comme ceux du réseau QualiPAC) commencent à proposer des systèmes mixtes :

  • Une petite PAC (3 à 5 kW) pour couvrir 70 % des besoins.
  • Un poêle à granulés (ou un radiateur électrique) en appoint pour les pics de froid.

Coût ? 18 000 à 22 000 €, mais économies réelles de 40 à 50 % sur 10 ans. Le problème ? Peu de pros osent le vendre, car c’est moins rentable qu’une solution clé en main.

Le vrai calcul, celui que vous ne ferez pas

Prenez ces deux factures types pour 100 m² dans le Grand Est (hiver 2023-2024) :

SolutionInvestissementCoût annuel combustibleEntretien annuelDurée de vieCoût total 5 ans*
Poêle à granulés5 000 €2 000 €300 €10 ans15 500 €
PAC air-eau (8 kW)14 000 €800 € (électricité)200 €15 ans16 000 €
PAC + appoint18 000 €1 000 €350 €12 ans16 500 €

*Calcul incluant amortissement, entretien, et hausse des prix (+3 %/an pour granulés, +5 %/an pour électricité).

Pourquoi ces chiffres mentent encore

Parce qu’ils ne prennent pas en compte :

  • La hausse des prix (les granulés pourraient atteindre 0,10 €/kWh d’ici 2026, l’électricité 0,25 €/kWh).
  • L’inflation des aides : MaPrimeRénov’ pourrait être réduite de 30 % en 2025.
  • Les pannes : une PAC tombe en panne tous les 7 à 10 ans (coût : 3 000 à 5 000 € de réparation). Un poêle à granulés, lui, peut s’arrêter à cause d’un capteur HS (200 € la pièce, mais 2 jours sans chauffage = stress garanti).

Le choix de Thomas et Sophie en 2024

Thomas, avec son poêle, va payer 1 800 € de combustible cette année. Sophie, avec sa PAC, va s’en sortir à 1 200 €, mais son installateur lui a caché que son contrat d’électricité serait renégocié à la hausse en 2025. Résultat : elle pourrait dépasser les 1 500 €.

Ce qu’ils auraient dû faire

  1. Faire isoler leur comble (5 000 € d’aides inclus). Ça aurait réduit leur besoin de chauffage de 30 %.
  2. Prendre une PAC air-eau avec un ballon tampon (pour stocker la chaleur et lisser la consommation).
  3. Négocier un contrat d’électricité à prix bloqué (même si c’est plus cher aujourd’hui, ça protège demain).

La leçon

Aucune solution n’est magique. Le vrai levier d’économie, c’est l’isolation. Une maison mal isolée, même avec la meilleure PAC ou le poêle le plus performant, vous coûtera toujours plus cher que prévu.

Et en 2025, avec la fin des aides mal ciblées et la hausse des prix, ceux qui auront tout misé sur les granulés ou une PAC mal adaptée vont le payer cash.

R
R Galaxie Rédaction

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