Le Pro coûte 300 € de plus pour presque rien en retour
Google a toujours eu ce réflexe : le Pro, c’est le jouet pour early adopters qui kiffent les chiffres techniques. Le Pixel 11 Pro, avec ses 5x zoom, son écran pliable en option (oui, vous avez bien lu), et ses 120 Hz en théorie, c’est exactement ça. Un gadget pour ceux qui veulent se sentir supérieurs en regardant leur smartphone comme on regarde une montre Rolex : parce que le prix justifie l’existence.
Mais voici le truc : personne ne s’en sert vraiment. Le zoom 5x ? Utile si vous photographiez des éléphants à 200 mètres. Sinon, c’est du décor. L’écran pliable ? Un gimmick marketing qui ajoute 300 € à la facture pour un gain de 2 cm d’affichage. Et les 120 Hz ? Sur un écran de 6,7 pouces, la différence avec 90 Hz est moins visible qu’un cheveu sur une boule de billard.
Le vrai problème, c’est que Google a oublié de rendre le Pro désirable. Pas seulement cher. Désirable. Comme un iPhone Pro, où chaque euro dépensé se justifie par une expérience qui change quelque chose. Là , non. Le Pro, c’est du parce que c’est écrit Pro.
Et puis il y a ce détail qui tue : la batterie. Le Pro tient 4h30 en usage intensif. Le Pixel 11, lui, tient 5h15. Oui, vous avez bien lu. Le modèle entry-level a une meilleure autonomie. C’est comme acheter une Mercedes AMG et constater que la Clio fait 10 km de plus au litre.
→ Le Pro, c’est le smartphone qu’on regrette d’avoir acheté après trois jours.
Le Pixel 11, lui, fait tout sans chichi
Revenons au Pixel 11. Lui, il a compris une chose simple : les gens veulent un téléphone qui marche, pas un labo ambulant.
- L’écran : 90 Hz, oui, mais fluide. Pas de lag, pas de faux-ronds. Et surtout, il est moins cher à produire, donc Google a pu mettre cet argent ailleurs. Dans la batterie, par exemple. Ou dans le capteur photo.
Parlons-en, du capteur. Le Pixel 11 a le même capteur principal que le Pro, mais avec un traitement logiciel plus agressif sur les couleurs. Résultat ? Les photos sont plus vives, plus contrastées, sans perdre en détails. Le Pro, lui, lisse tout. Comme un tableau de musée passé au polish. C’est beau, mais c’est mort.
Et puis il y a le zoom. Oui, le Pro a son 5x. Mais le 11 a un 3x optique qui fonctionne. Pas de flou, pas de artefacts. Juste une image nette. Parfait pour shooter votre chat sur l’étagère ou votre enfant qui court dans le parc. Le Pro, avec son 5x, rate souvent la mise au point. Comme si Google avait cru que plus de zoom = mieux, sans se soucier de la stabilisation.
Le vrai coup de génie du Pixel 11 ? Son prix. 799 € contre 1 099 € pour le Pro. La différence ? 300 € pour des fonctionnalités que 90 % des utilisateurs ne toucheront jamais.
Et puis il y a ce truc qui n’a rien à voir avec la tech : le son. Le Pixel 11 a les meilleurs haut-parleurs de la gamme. Ceux du Pro ? Étouffés. Comme si Google avait économisé sur les aimants pour mettre plus d’argent dans le zoom inutile.
→ Le Pixel 11, c’est le smartphone qu’on garde parce qu’il répond à un besoin.
Google a merdé sur un point : le stockage
Bon, ok, il y a un truc où le Pro écrase le 11. Le stockage.
Le Pro arrive avec 12 Go de RAM et 256 Go de stockage de base. Le 11, lui, se contente de 8 Go de RAM et 128 Go de stockage. Problème : Google ne propose pas de version 11 avec plus de stockage en standard.
Résultat ? Si vous prenez le 11 et que vous voulez ajouter de la mémoire, il faut passer par un microSD. Une microSD. En 2024. Comme si on revenait à l’ère des baladeurs MP3.
Le Pro, lui, a au moins l’option 512 Go en standard. Mais est-ce que ça vaut 300 € de plus ? Non.
→ Le stockage, c’est le seul domaine où le Pro gagne. Et encore, à peine.
Le vrai jeu : ce que Google ne dit pas
Google vend le Pro comme le smartphone des créateurs. Des photographes, des vidéastes, des gens qui ont besoin de chaque détail. Sauf que les vrais pros n’achètent pas de Pixel.
Ils prennent des Sony, des Canon, des Fujifilm. Parce que le traitement d’image de Google, aussi bon soit-il, reste limité.
Le Pro, c’est un leurre. Un leurre pour ceux qui veulent se sentir premium sans vraiment l’être. Le 11, lui, est honnête. Il ne promet pas la lune, il livre ce qu’il dit.
Et puis il y a ce détail qui en dit long : les mises à jour. Le Pixel 11 et le Pro auront les mêmes mises à jour logicielles pendant 5 ans. Mêmes correctifs, mêmes fonctionnalités.
Donc pourquoi payer 300 € de plus ?
Sauf si vous êtes un collectionneur de gadgets ou un influenceur qui veut poster des photos avec un Pro dans la légende. Sinon, le 11 fait très bien l’affaire.
→ Google joue la carte du prestige. Le marché, lui, a choisi l’efficacité.
La conclusion qui dérange
Le Pixel 11 n’est pas parfait. Rien ne l’est. Mais il est meilleur que le Pro sur presque tout ce qui compte.
- Photo : aussi bon, parfois meilleur.
- Autonomie : bien supérieure.
- Prix : presque deux fois moins cher.
- Son : bien meilleur.
- Fluidité : assez pour ne pas regretter les 120 Hz.
Le Pro, lui, reste un produit pour early adopters en quĂŞte de validation sociale.
Si vous voulez un vrai smartphone pro, prenez un Sony A7 IV en mode photo ou un MacBook pour le montage. Si vous voulez un Pixel, le 11 est le seul choix rationnel.
Google a mis la charrue avant les bœufs. Et le marché lui a répondu en achetant le bon.