Le mode PC, une blague pour développeurs
Honor a passé des mois à vanter son PC Mode, comme si c’était la prochaine grande révolution. Sauf que personne ne l’utilise. Pas même les testeurs. Pourquoi ? Parce que c’est lent. Parce que c’est instable. Parce que les applications compatibles Windows sont rares, et celles qui le sont fonctionnent comme des vieilles voitures rouillées. Vous voulez faire du montage vidéo ? Trop lent. Du retouche photo ? Les logiciels pros ne tournent pas. Même Microsoft Office, censé être optimisé, plante toutes les 30 minutes. Et puis, il y a le stylet. Un S Pen basique, sans pression variable, sans latence réduite. À 1 200 euros, vous vous attendez à mieux. Surtout quand vous voyez des tablettes comme la Samsung Galaxy S23 Ultra, qui propose un stylet digne de ce nom pour moitié moins cher.
Le pire ? Honor sait très bien que ça ne marche pas. Leur argumentaire repose sur des promesses creuses : « Idéal pour les étudiants », « Parfait pour le télétravail ». Sauf que les étudiants préfèrent leurs vieux PC à 400 euros, et les télétravailleurs veulent des machines stables, pas des bricolages qui plantent à la première mise à jour.
Et puis, il y a le Snapdragon 8s Gen 4. Une puce correcte, mais pas assez puissante pour justifier le prix. Vous voulez du gaming ? Oubliez. Vous voulez du multitâche fluide ? Même pas en rêve. Honor a misé sur une puce milieu de gamme pour une tablette haut de gamme, et ça se voit. La concurrence, elle, mise sur des puces plus puissantes (comme le Dimensity 9300 de la Xiaomi Pad 6 Pro) ou des designs plus aboutis (comme l’iPad Pro, qui reste intouchable malgré son prix).
Le clavier, ce parent pauvre
Le clavier magnétique fourni avec la Pad 20 Pro, c’est l’arbre qui cache la forêt. Honor le présente comme un must-have, mais en réalité, c’est un accessoire low-cost qui fait plus de bruit qu’autre chose. Le mécanisme de fixation claque, les touches sont molles, et l’angle de repose est ridicule. Vous voulez taper sérieusement ? Prenez un vrai PC portable. Vous voulez une tablette pour regarder des vidéos ? Le clavier est inutile. C’est comme acheter une voiture avec un siège passager qui grince : vous savez que ça va vous agacer, mais vous l’achetez quand même parce que le vendeur vous a dit que c’était « pratique ».
Et puis, il y a le prix. 1 200 euros pour une tablette qui ne fait ni l’un ni l’autre, c’est du vol. Vous pouvez avoir un PC portable correct pour moins cher. Vous pouvez avoir une tablette haut de gamme pour moins cher. Mais vous ne pouvez pas avoir les deux dans cette machine, parce que Honor a essayé de faire les deux à la fois et a échoué.
Le vrai problème : Honor ne sait plus où elle va
Honor, c’est l’enfant gâté de Huawei. Quand le géant chinois a été sanctionné par les États-Unis en 2019, Honor est devenue son plan B, sa marque « safe » pour contourner les embargos. Résultat : une entreprise qui copie, qui improvise, qui mise sur des gadgets plutôt que sur des vraies innovations. La Pad 20 Pro, c’est le symbole de cette stratégie. Une machine qui essaie de plaire à tout le monde sans jamais convaincre personne.
Prenez l’exemple de Xiaomi. La Pad 6 Pro, c’est une tablette aboutie, avec un bon écran, une puce puissante et un prix juste. Elle ne prétend pas être un PC portable, elle assume son rôle. Honor, elle, veut être partout et finit nulle part. C’est comme si un restaurant essayait de faire à la fois une pizza, un sushi et un burger, et finissait par servir trois plats immangeables.
Et maintenant ?
Alors, la Honor Pad 20 Pro, elle est faite pour qui ? Pour les gens qui veulent une tablette avec un clavier parce qu’ils n’osent pas acheter un vrai PC portable ? Pour les pros qui croient encore aux miracles technologiques ? Pour les étudiants qui n’ont pas les moyens d’un MacBook mais rêvent d’un iPad Pro ?
Non. Elle est faite pour personne. Sauf peut-être pour les revendeurs qui veulent écouler du stock avant la sortie du modèle suivant. Parce que, soyons clairs : cette tablette n’a aucune raison d’exister. Elle ne remplace pas un PC. Elle ne remplace pas une tablette. Elle ne fait ni l’un ni l’autre assez bien pour justifier son prix.
Honor aurait dû choisir. Soit elle misait sur une tablette premium, soit elle tentait le coup du PC portable. Mais essayer de faire les deux, c’est comme essayer de marcher sur l’eau : vous finissez par couler.
Le marché des tablettes PC est mort, Honor l’ignore
En 2012, Microsoft lançait la Surface, une tablette qui voulait tout révolutionner. Résultat ? Un échec commercial relatif, malgré les efforts. Pourquoi ? Parce que le marché n’est pas prêt. Les gens veulent soit une tablette, soit un PC. Pas un hybride qui fait les deux à moitié. Les chiffres le prouvent : selon Counterpoint Research, les ventes de tablettes hybrides (c’est-à -dire avec clavier détachable) ont chuté de 15 % en 2023 par rapport à 2022. Personne n’en veut.
Pourtant, Honor persiste. Elle croit encore au rêve d’une tablette qui fait office de PC portable. Sauf que la réalité, elle, est moins rose. Les utilisateurs veulent des machines simples, efficaces, sans compromis. La Pad 20 Pro en est l’exemple parfait : une machine qui en fait trop et qui finit par ne rien faire correctement.
La leçon de la Pad 20 Pro
La Honor Pad 20 Pro, c’est le symptôme d’un problème plus large : les fabricants de tablettes ont perdu leur boussole. À force de vouloir copier les PC, les smartphones et les consoles, ils ont oublié ce qui faisait leur force : la simplicité. Une tablette, c’est fait pour regarder des vidéos, dessiner, surfer sur le web. Pas pour faire du montage vidéo ou du développement logiciel.
Honor aurait dû écouter ses utilisateurs. Elle aurait dû se dire : « On fait des tablettes, pas des PC. Alors on fait les meilleures tablettes possibles. » Au lieu de ça, elle a essayé de faire les deux, et elle a tout raté.
La Pad 20 Pro, c’est une machine qui ne sert à rien. Pas parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’elle n’a pas d’âme. Elle n’est ni tablette, ni PC. Juste une coquille vide, un gadget sans utilité réelle. Et dans un marché saturé, où chaque euro compte, c’est une insulte à l’intelligence des consommateurs.
Alors, à qui s’adresse cette tablette ? À personne. Sauf peut-être à ceux qui croient encore aux contes de fées technologiques. Mais eux, ils vont déchanter vite.
La dernière ligne.
Honor va continuer à sortir des tablettes hybrides. Parce que c’est leur stratégie, leur marque de fabrique. Mais le marché, lui, ne les attend pas. Les utilisateurs veulent des machines qui font une chose et qui la font bien. Pas des Frankenstein numériques qui font tout mal. La Pad 20 Pro est le parfait exemple de ce qui arrive quand une marque oublie sa raison d’être. Et ça, c’est bien plus grave qu’un simple échec commercial.