Strasbourg humilie PP et Vox sur le Maroc

La résolution anti-marocaine portée par PP et Vox au Parlement européen s’est soldée par un revers cuisant. Pourquoi leurs alliés européens les ont lâchés, et ce que ça révèle de leurs calculs politiques.

Publié le 19 septembre 2026 à 16:00
Strasbourg humilie PP et Vox sur le Maroc

Le calcul qui a foiré

PP et Vox ont cru jouer les gendarmes de l’Europe contre le Maroc. Leur pari ? Faire pression sur Bruxelles pour qu’elle adopte une ligne dure sur le Sahara occidental, en s’appuyant sur des pays comme la Suède, l’Allemagne ou les Pays-Bas. Sauf que ces mêmes pays ont des intérêts économiques avec Rabat, et une mémoire longue des crises diplomatiques. La résolution finale, édulcorée à l’extrême, parle de « dialogue » et de « solution politique ». Pas un mot sur l’autodétermination, encore moins sur une indépendance du Polisario. Bref, le texte ressemble à une lettre d’amour platonique : tout le monde est d’accord sur le principe, mais personne ne veut s’engager.

Pourtant, PP et Vox ont insisté. Pourquoi ? Parce qu’ils savent que le dossier du Sahara est une mine politique en Espagne. Depuis des années, le Parti socialiste (PSOE) et Podemos évitent soigneusement le sujet, par peur de braquer l’électorat marocain en Espagne, un électorat clé dans des régions comme la Catalogne ou l’Andalousie. PP et Vox, eux, misent sur le contraire : jouer la carte de l’anti-marocanisme pour mobiliser leur base. Sauf que cette fois, l’Europe ne leur a pas donné le feu vert.

Le lobby qui a tout fait basculer

Derrière les couloirs de Strasbourg, une poignée d’acteurs a fait pencher la balance. D’abord, les lobbies pro-marocains, bien organisés. Ils ont rappelé à qui voulait l’entendre que le Maroc est un partenaire stratégique pour l’Europe : pêche en Méditerranée, énergie, sécurité aux frontières. Ensuite, les États-Unis, qui ont fait pression discrètement. Washington ne veut pas d’un nouveau conflit gelé en Afrique, surtout avec un acteur comme l’Algérie qui pourrait en profiter pour semer le trouble. Résultat : les pays européens ont préféré la prudence.

Et puis il y a le détail qui tue : le Parlement européen n’a même pas osé mentionner le nom du Polisario. Une omission volontaire ? Probablement. Parce que reconnaître ce mouvement, c’est reconnaître un État en devenir, et donc potentiellement ouvrir la boîte de Pandore d’un nouveau conflit. Les députés européens ont préféré tourner autour du pot, comme à leur habitude.

Ce que ça change (ou pas) pour l’Espagne

Pour PP et Vox, c’est une défaite. Pas une défaite militaire, non, juste une défaite politique. Leur résolution a été vidée de sa substance, et maintenant, ils doivent expliquer à leur électorat pourquoi l’Europe les a lâchés. Le problème ? Ils n’ont pas de plan B. Leur stratégie repose sur l’escalade, pas sur la diplomatie.

Pour le Maroc, c’est une victoire à la Pyrrhus. Rabat a évité l’humiliation, mais le dossier du Sahara reste un sujet explosif. Et surtout, cette résolution montre que l’Europe ne prendra pas position clairement, ce qui laisse la porte ouverte à de nouvelles tensions.

Pour l’Espagne, c’est un rappel brutal : Madrid ne peut plus ignorer le Maroc. Le pays est un partenaire économique majeur (12 % du commerce extérieur espagnol, selon le ministère des Affaires étrangères), et un allié clé sur les questions migratoires. Pourtant, PP et Vox continuent de jouer les provocateurs, comme si le reste de l’Europe n’avait pas d’intérêts.

Le vrai perdant : la crédibilité de PP et Vox

Le plus ironique ? PP et Vox se présentent comme les défenseurs de la souveraineté espagnole. Pourtant, leur manœuvre à Strasbourg a montré une chose : sans soutien européen, leurs gesticulations n’ont aucun poids. Pire, en jouant la carte anti-marocaine, ils se coupent des alliés potentiels, comme la France, qui a toujours soutenu le Maroc sur ce dossier.

Alors, que faire maintenant ? PP et Vox pourraient tenter de relancer le débat, mais à quoi bon ? L’Europe a parlé, et son message est clair : on ne veut pas d’un nouveau conflit en Afrique. Reste à savoir si PP et Vox ont les épaules pour assumer cette réalité, ou s’ils préféreront continuer à crier dans le désert.

Ce que ça dit de l’Europe

Cette résolution ratée révèle une Europe divisée, mais aussi une Europe pragmatique. Bruxelles ne veut pas d’un nouveau conflit, surtout pas un conflit qui pourrait menacer ses accords commerciaux. Le message est simple : on peut critiquer le Maroc, mais sans aller trop loin. Parce qu’au final, l’Europe a besoin de Rabat.

Pourtant, cette prudence a un prix : elle laisse le champ libre aux extrêmes. PP et Vox, mais aussi d’autres partis en Europe qui veulent jouer les gendarmes. Le problème ? Personne ne les suit. Parce que, au fond, l’Europe préfère les compromis mous aux prises de position claires.

La prochaine étape ?

Rabat va continuer à jouer la carte de la modération, en misant sur ses alliances économiques. PP et Vox, eux, vont devoir trouver un autre cheval de bataille, parce que sur le Sahara, ils ont perdu la partie.

Et vous, vous en pensez quoi ? Est-ce que l’Europe a eu raison de ne pas prendre position clairement ? Ou est-ce que PP et Vox ont simplement révélé leur incapacité à jouer dans la cour des grands ?

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R Galaxie Rédaction

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