Google impose son data center prÚs de Chùteauroux malgré la colÚre

Un millier de personnes ont manifesté à Ozans contre le projet de data center de Google. Les riverains pointent des promesses non tenues et un processus opaque. Pourquoi les élus locaux ferment-ils les yeux ?

Publié le 18 octobre 2026 à 14:08
Google impose son data center prÚs de Chùteauroux malgré la colÚre

Le 12 novembre, Ă  Ozans, prĂšs de ChĂąteauroux, un millier de personnes se sont retrouvĂ©es sous une banniĂšre qui ne tremblait pas. « Google, dĂ©gagez ! », scandait-on entre deux slogans plus techniques. Pas de banderoles fleuries, pas de discours larmoyants. Juste des visages fermĂ©s, des tracts distribuĂ©s Ă  la va-vite, et cette certitude : le gĂ©ant amĂ©ricain va s’installer ici, qu’on veuille ou non. Pourtant, les promesses de Google sonnent creux depuis le dĂ©but. En 2021, le groupe promettait 20 emplois locaux et un impact « neutre » sur l’environnement. Aujourd’hui, les riverains savent que les 20 emplois ? Une blague. Et la neutralitĂ© carbone ? Un calcul de comptable qui omet de prĂ©ciser que les data centers consomment l’équivalent de la production Ă©lectrique d’un petit pays. À Ozans, on a compris une chose : Google ne nĂ©gocie pas. Il impose.

Un projet qui part d’un mensonge simple

Le data center de Google Ă  Ozans, c’est d’abord une histoire de chiffres bidonnĂ©s. Officiellement, le projet consommera « seulement » 59 mĂ©gawatts. Sauf que les riverains, eux, ont fait leurs comptes. Avec les pics de consommation, on frĂŽle les 100 mĂ©gawatts. Assez pour alimenter une ville de 10 000 habitants. Sauf qu’Ozans en compte Ă  peine 2 000. Alors oĂč ira l’électricitĂ© ? La rĂ©ponse est dans les rapports de RTE : les lignes Ă  haute tension vont ĂȘtre saturĂ©es. RĂ©sultat ? Des coupures programmĂ©es pour les habitants, des fermetures d’usines voisines, et une facture d’électricitĂ© qui va exploser. « On nous a dit que ça ne changerait rien, se dĂ©sole un agriculteur du coin. Maintenant, mon contrat EDF a augmentĂ© de 30 %. »

Mais le vrai problĂšme, c’est l’opacitĂ©. Google refuse de communiquer sur les donnĂ©es prĂ©cises de consommation. *« On nous parle de ‘flexibilité’, de ‘stockage d’énergie’, mais personne ne veut nous montrer les chiffres rĂ©els »**, explique une habitante qui a tentĂ© de saisir la DREAL. En vain. Les Ă©tudes d’impact ? ClassĂ©es « confidentielles ». Les rĂ©unions publiques ? AnnulĂ©es au dernier moment. Ce n’est pas un projet. C’est une opĂ©ration de contournement.

Les élus locaux jouent les complices

À ChĂąteauroux, on fait semblant de ne pas voir. La mairie a signĂ© l’accord avec Google en 2022, sans concertation rĂ©elle. Les opposants ? Des « opposants systĂ©matiques », selon le maire, qui minimise les risques. Pourtant, les associations d’urbanisme et les Ă©cologistes ont alertĂ© : « Ce projet va transformer Ozans en ville-dortoir pour les ingĂ©nieurs de Google, avec des prix immobiliers qui explosent et des services publics saturĂ©s ». Mais personne n’écoute.

Pourquoi ? Parce que Google paie. 10 millions d’euros d’indemnitĂ©s pour la commune, des emplois (peu qualifiĂ©s, mal payĂ©s) pour quelques chĂŽmeurs locaux, et une image de ‘territoire innovant’ pour les Ă©lus. Le reste ? Des dĂ©gĂąts collatĂ©raux. L’eau, dĂ©jĂ  rare dans le Berry, va servir Ă  refroidir les serveurs. Les nappes phrĂ©atiques vont baisser. Les cultures locales vont souffrir. « On nous vend du rĂȘve numĂ©rique, mais sur le terrain, c’est la sĂ©cheresse qui gagne », lance un viticulteur dont les vignes jaunissent dĂ©jĂ .

Ce que Google ne veut pas que vous sachiez

Le pire, c’est que ce n’est pas un cas isolĂ©. Google construit des data centers partout en Europe, avec les mĂȘmes mĂ©thodes : promesses creuses, pressions sur les Ă©lus, et riverains qui se rĂ©veillent trop tard. En Finlande, Ă  Hamina, les habitants ont dĂ» manifester pendant des mois avant que le projet ne soit revu. En SuĂšde, Ă  Falkenberg, c’est la mĂȘme histoire : des coupures d’électricitĂ© promises, des emplois qui ne viennent pas. À Ozans, on est en train de rĂ©pĂ©ter la mĂȘme erreur.

Mais il y a un dĂ©tail qui cloche. Google a dĂ©jĂ  un data center Ă  Saint-Gratien, prĂšs de Paris. Un autre Ă  The Dalles, dans l’Oregon, oĂč la riviĂšre a failli sĂ©cher Ă  cause de la surconsommation. Pourtant, personne ne pose de questions. Pourquoi ? Parce que les data centers, c’est l’avenir. Ou du moins, c’est ce qu’on nous raconte. Sauf que l’avenir, parfois, ça pue le diesel et la bureaucratie.

La bataille d’Ozans est aussi la vître

Vous croyez que ça ne vous concerne pas ? DĂ©trompez-vous. Si Google peut faire ça Ă  Ozans, il le fera ailleurs. Demain, ce sera votre ville. Demain, ce sera votre facture d’électricitĂ© qui explosera. Demain, ce seront vos enfants qui devront boire une eau pompĂ©e Ă  sec pour refroidir les serveurs d’un gĂ©ant qui ne paiera pas le prix fort.

Alors oui, Ă  Ozans, ils crient « Google, dĂ©gagez ! ». Mais ce n’est pas qu’une manif de plus. C’est un avertissement.

Un dernier dĂ©tail : les data centers, ça ne crĂ©e pas que des emplois. Ça crĂ©e aussi des dĂ©serts. Des dĂ©serts numĂ©riques, oĂč plus personne ne veut vivre. OĂč les prix montent, oĂč les services disparaissent. OĂč les promesses de Google deviennent des cicatrices.

À Ozans, on a encore le choix. Pour combien de temps ?

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R Galaxie Rédaction

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