Le 20 septembre 2024, à New York, le siège de l’ONU était bondé. Pas par les dirigeants du monde, non. Juste par leurs représentants. Putin a envoyé un ministre. Xi Jinping, un vice-Premier. Biden, un conseiller. Même l’Ukraine, en pleine guerre, n’a pas envoyé Zelensky. Juste un ambassadeur. Un chiffre résume l’absurdité : sur les 193 États membres, seulement 70 chefs d’État ou de gouvernement étaient présents. (Source : United Nations Department of Public Information, rapport préliminaire 2024). C’est moins que l’an dernier. Moins que 2022. Moins que 2019, avant la pandémie. L’ONU n’est plus le grand rendez-vous du pouvoir. Elle est devenue une formalité.
Pourquoi les dirigeants fuient-ils l’ONU ?
Pas par mépris. Par réalisme.
D’abord, le coût. Un voyage à New York, c’est une semaine de meetings, des dizaines de milliers de dollars en frais de déplacement, des heures perdues dans des discours creux. À quoi bon ? Les décisions se prennent ailleurs : à Davos, dans les coulisses du G7, ou dans les coups de fil entre capitales. L’ONU, c’est du théâtre.
Ensuite, l’inefficacité. Prenez la guerre en Ukraine. Personne n’a réussi à faire bouger les lignes à l’ONU. La Russie bloque, la Chine s’abstient, les États-Unis menacent de veto. Résultat : des résolutions vides. En 2023, seulement 12% des résolutions de l’Assemblée générale ont été appliquées (étude Global Policy Forum, 2023). À quoi bon y aller si rien ne change ?
Et puis, il y a le calcul électoral. Biden évite New York depuis 2021. Pourquoi ? Parce que l’ONU, c’est l’image d’un monde qui ne tourne plus rond. Les Américains préfèrent parler sécurité à Washington ou économie à Davos. Même chose pour Macron ou Sunak : leur légitimité se joue ailleurs.
L’ONU, un miroir brisé
Le pire, c’est que personne ne s’en offusque vraiment.
Les médias parlent de « désamour » pour l’ONU. Mais qui s’en soucie ? Les diplomates, oui. Les ONG, parfois. Le reste du monde a tourné la page.
Prenez la Chine. Xi Jinping n’a pas mis les pieds à New York depuis 2018. Pourquoi ? Parce que Pékin a compris une chose simple : l’ONU ne sert plus à grand-chose pour imposer sa vision. La Chine fait valoir ses intérêts à l’OMC, dans les accords bilatéraux, via ses entreprises. Pas besoin de discours à l’ONU.
Même l’Ukraine, pourtant en guerre, a réduit sa présence à un minimum. Zelensky était là en 2022, quand l’émotion était forte. Cette année ? Un ambassadeur. Pourquoi ? Parce que l’ONU ne peut plus gagner la guerre à sa place.
Et puis, il y a le syndrome Trump. Quand un président américain traite l’ONU de « cercle de haine », il donne une excuse en or aux autres dirigeants pour boycotter. Pourquoi perdre son temps dans un lieu où on vous insulte ?
Ce que ça signifie pour demain
L’ONU n’est pas morte. Mais elle est en train de devenir ce qu’elle était censée éviter : un club de riches.
Les pays pauvres y viennent encore, par habitude. Parce qu’ils n’ont pas le choix. Les autres ? Ils ont mieux à faire.
Le vrai pouvoir se joue ailleurs. Dans les sommets informels. Dans les lobbies de Bruxelles. Dans les salles de marché de Londres. L’ONU, c’est le dernier refuge des discours pompeux.
Le problème, c’est que personne ne veut plus y croire.
Et si on arrêtait de faire semblant ?
L’Assemblée générale de 2024 a été une farce. Pas parce que les sujets étaient insignifiants. Mais parce que ceux qui comptent n’y étaient pas.
Alors soit on réforme l’ONU en profondeur. Soit on l-enterre.
Choisissez.