Olise fait oublier les 20 dernières années de football français

Lundi soir, Michael Olise a marqué le football français comme peu de joueurs l’ont fait depuis longtemps. Pas avec des mots, mais avec un doublé et une passe décisive contre la Belgique. Le reste ? À classer sous « avant/après ». Voici pourquoi ça change tout, et pourquoi ça ne suffira pas.

Publié le 6 octobre 2026 à 22:02
Olise fait oublier les 20 dernières années de football français

Olise a fait ce que personne n’osait plus espérer depuis 2006

Le score final contre la Belgique, 4-1, ça ne dit pas tout. Ce qui compte, c’est le moment où ça bascule. 83e minute. Olise entre en jeu. Deux buts en cinq minutes. Une passe pour Mbappé. Et soudain, vous vous souvenez pourquoi vous aimiez le football.

Pas besoin de stats pour le savoir : depuis des années, les Bleus étaient une machine à produire des matchs sans âme, des 0-0 stériles, des victoires sans éclat. Même les victoires. Surtout les victoires. Lundi, Olise a cassé ça. Brutalement. Comme si quelqu’un avait enfin tourné la page.

Mais attention. Ce n’est pas une renaissance. Pas encore. Juste un éclair. Un rappel que le talent existe, même quand l’équipe nationale semble l’avoir oublié.

Pourquoi ça fait mal de se dire que ça pourrait durer

Olise, 22 ans, deux buts, une passe. Trois actions en 15 minutes. Le genre de performance qui, avant, aurait déclenché une crise existentielle chez les sélectionneurs. Aujourd’hui ? On en parle. Mais on minimise aussi.

« C’est une entrée en jeu, pas un match », entend-on. « Il a eu de la chance ». « Mbappé a fait le reste ».

Bref, on cherche des excuses.

Pourtant, le vrai problème, c’est que ça ne suffit pas. Pas assez souvent. Pas assez fort. Pas assez longtemps. Olise a prouvé une chose : quand il est en forme, il peut tout emporter. Mais depuis quand les Bleus misent-ils sur un seul joueur pour gagner ? Depuis quand attendent-ils qu’un seul homme sauve la mise ?

Le chiffre qui résume tout : 12. C’est le nombre de matchs que la France a joués sans Olise depuis son premier appel en équipe nationale en 2021. Sur ces 12 matchs, 7 nuls, 5 défaites. Coïncidence ? Non. Problème structurel ? Oui.

Le piège des Bleus : trop de talent, trop peu de cohérence

La France a toujours eu des joueurs de classe. Sauf qu’elle n’a jamais su les utiliser. Pas ensemble. Pas au bon moment. Pas avec une idée claire.

Olise, lui, il a une idée. Il court. Il accélère. Il ne cherche pas à faire joli, il cherche à gagner. Et lundi, il a gagné pour les autres. Pas pour lui. Pas pour son ego. Pour Mbappé, qui a marqué son 50e but en sélection. Pour Griezmann, qui a enfin l’air de jouer. Pour T. Hernández, qui a enfin l’air de devoir jouer.

Mais le reste du temps ?

Quand Olise n’est pas là, ou quand il n’est pas en forme, les Bleus retombent dans leur vieux schéma : trop de milieux défensifs, trop de latéraux en surpoids, trop de gardiens qui jouent les arbitres. Lundi, Deschamps a aligné un 4-3-3. Une rareté. Pourquoi ? Parce que ça marchait. Pas par hasard.

Le vrai danger, c’est que ça ne dure pas. Olise a montré ce qu’il pouvait faire. Maintenant, il faut qu’il le fasse tout le temps. Et ça, personne ne peut le garantir.

Ce que personne ne dit sur l’après-Olise

Olise est un génie. Un vrai. Le genre de joueur qui fait oublier les limites de son équipe. Sauf que les limites, elles existent.

Problème 1 : la concurrence. À l’Olympique de Marseille, il a déjà prouvé qu’il pouvait être le meilleur. Mais en équipe de France ? Il doit partager la vedette avec Mbappé, Griezmann, et une poignée d’autres. Résultat : il joue moins. Il est moins décisif. Il s’essouffle.

Problème 2 : le système. Deschamps adore ses schémas. Ses 4-4-2, ses 4-3-1-2, ses blocs bas. Olise ? Il a besoin d’espace. De liberté. De vitesse. Et contre la Belgique, il a eu tout ça. Contre l’Allemagne, il n’en aura pas. Contre l’Italie, encore moins.

Problème 3 : la pression. Olise est jeune. Très jeune. Et le football français a une fâcheuse tendance à broyer ceux qui montent trop vite. Zidane, Mbappé, Griezmann… Tous ont payé le prix. Olise aussi, tôt ou tard.

La question qui tue : et après ?

Olise a sauvé la France lundi. Mais la France ne se sauve pas avec un seul joueur.

Il faut une équipe. Une vraie. Pas une collection de stars qui brillent quand ça les arrange. Il faut un projet. Pas des matchs à l’arraché.

Alors oui, Olise est un génie. Mais un génie seul ne suffit pas. Il faut des partenaires. Des remplaçants. Une ligne de touche qui ne panique pas quand les choses se compliquent.

Lundi, Olise a fait ce que personne n’attendait. Maintenant, il faut que les Bleus fassent ce qu’ils n’ont jamais su faire : le suivre.

Sinon, dans deux ans, on en reparlera. Avec les mêmes excuses. Les mêmes regrets. Les mêmes espoirs brisés.

Le dernier mot (et il est amer)

Olise a redonné de l’espoir. C’est déjà ça. Mais l’espoir, ça ne se mange pas. Ça ne gagne pas des matchs. Ça ne fait pas des champions.

La France a une chance. Une seule. Celle de ne pas la gâcher. Encore une fois.

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R Galaxie Rédaction

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