L'Italie a inventé Nutella par accident pendant une canicule

En 1964, une vague de chaleur en Italie a forcé Ferrero à modifier sa recette de Giandujot. Résultat : une pâte à tartiner bon marché, ultra-transformée, qui a conquis le monde. Aujourd’hui, elle domine le marché malgré ses critiques. Pourquoi personne ne l’a arrêtée ?

Publié le 7 octobre 2026 à 22:04
L'Italie a inventé Nutella par accident pendant une canicule

En 1946, Pietro Ferrero, un industriel piémontais, lance le Giandujot dans un atelier de 20 mètres carrés à Alba. C’est une pâte à tartiner, mais pas celle qu’on connaît. À l’époque, le beurre est rare, cher, et les pénuries de l’après-guerre obligent à innover. Alors Ferrero remplace une partie du beurre par de l’huile de palme, moins chère, plus stable, et surtout, disponible. Le Giandujot naît comme un produit de survie, pas comme un luxe. Pourtant, en 1964, une canicule en Italie va tout changer. Les stocks d’huile de palme s’épuisent. Les usines surchauffent. Les machines grillent. Ferrero doit improviser. Cette fois, il double la dose d’huile de palme, ajoute du sucre en poudre, et remplace le cacao en poudre par du concentré de cacao, plus liquide, plus facile à mélanger. Le résultat ? Une pâte plus douce, plus collante, moins chère à produire. Et surtout, une pâte qui ne se sépare pas à la cuisson. C’est le début de Nutella. Personne ne l’a décidé. C’est la chaleur, la pénurie, et une usine en surchauffe qui ont fait le produit. Aujourd’hui, Ferrero vend 750 000 tonnes de Nutella par an (source : rapport annuel Ferrero 2022). Un chiffre qui parle. Mais ce qui intrigue, c’est comment un accident industriel est devenu un empire. Et pourquoi, 60 ans plus tard, on continue d’en manger sans sourciller, alors que les études (comme celle de l’ANSES en 2017) pointent ses risques : huile de palme, sucre ajouté, additifs. Pourtant, les ventes explosent. En France, on en achète 120 000 tonnes par an. Les enfants en mangent à la cuillère, les adultes en tartinent sur des tartines de pain blanc. Et personne ne bronche. Alors, pourquoi ce succès ? Parce que Nutella, c’est l’histoire d’une recette née dans la précipitation, mais optimisée pour plaire. Douceur, texture onctueuse, goût addictif. Et surtout, un prix accessible. Mais derrière ce succès, il y a une autre histoire : celle d’un produit qui a su se vendre comme un incontournable, alors qu’il est avant tout le résultat d’une adaptation forcée. Une pâte à tartiner conçue pour survivre à une crise, pas pour nourrir sainement. Le marché a avalé l’accident. Et aujourd’hui, même les critiques nutritionnelles ne suffisent pas à ébranler son trône. En 2023, Ferrero a généré 12,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec Nutella (source : Bloomberg). Un empire bâti sur une erreur de calcul climatique. Pourtant, personne ne semble vouloir arrêter la machine. Même quand on sait que l’huile de palme détruit la forêt tropicale, que le sucre est un poison lent, et que les additifs sont là pour masquer le goût bas de qualité. Alors, comment un produit né d’une canicule et d’une pénurie est-il devenu un standard ? Parce que le marketing a fait le reste. Les campagnes

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R Galaxie Rédaction

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