Dufrêne a vendu à Mélenchon l’idée folle d’effacer 1 000 milliards d’euros

Un haut fonctionnaire, Nicolas Dufrêne, a convaincu Jean-Luc Mélenchon de faire de l’annulation de la dette détenue par la BCE une priorité. Mais derrière ce pari politique, des blocages juridiques, économiques et médiatiques rendent la bataille presque impossible. Pourquoi ce combat acharné ? Et surtout, pourquoi personne ne veut en parler vraiment.

Publié le 22 octobre 2026 à 18:03
Dufrêne a vendu à Mélenchon l’idée folle d’effacer 1 000 milliards d’euros

Pourquoi Mélenchon a-t-il soudainement une dette à effacer ?

Pas par hasard. Dufrêne, directeur de l’Institut Rousseau, un think tank proche de la gauche radicale, a passé des années à marteler un argument simple : la BCE possède une partie énorme de la dette française, et cette dette, elle pourrait la griller d’un trait de stylo. Pas une annulation symbolique. Une effacement pur et simple. Le genre de coup qui ferait trembler les marchés… si ça marchait.

En 2023, Mélenchon, alors dans l’opposition, écoute. Il sent que le sujet peut devenir un étendard. Un moyen de casser l’image d’un parti trop sage, trop ancré dans le réalisme. Dufrêne, lui, y voit une opportunité politique et économique. Annuler cette dette, c’est réduire la charge de la France, c’est affaiblir l’austérité, c’est montrer que l’Europe peut servir autre chose que les banques.

Sauf que.

Sauf que personne ne veut en entendre parler. Pas les économistes mainstream, qui y voient une violation des traités. Pas la BCE, qui rappelle gentiment que son mandat, c’est la stabilité des prix, pas la politique monétaire déguisée. Pas même les médias, qui préfèrent parler de croissance ou de pouvoir d’achat… mais jamais de dette publique comme d’un problème soluble.

Pourtant, le chiffre est là. Selon la Banque de France, la dette détenue par la BCE représente plus de 20 % du PIB français. Effacer ça, ce serait comme supprimer une couche de dettes qui pèse sur les épaules des contribuables depuis des décennies. Alors pourquoi personne ne bouge ?

Parce que derrière ce débat, il y a une guerre. Une guerre entre ceux qui veulent que l’Europe reste un cadre rigide, et ceux qui rêvent d’un coup de poker.

La BCE, ce rempart invisible

La Banque centrale européenne a un problème : elle achète massivement des dettes publiques depuis la crise de 2008. Officiellement, c’est pour sauver l’euro. Officieusement, c’est devenu un filet de sécurité pour les États en difficulté. Mais si elle annule une partie de ces dettes, elle ouvre une boîte de Pandore.

D’un côté, les États pourraient se dire : « Puisqu’on peut effacer la dette, autant en emprunter plus. » De l’autre, les marchés pourraient paniquer : « Si la BCE peut griller des dettes, demain, elle grillera les miennes. » Résultat ? Un risque de fuite des capitaux, une crise de confiance, et peut-être même une remise en cause de l’euro.

La BCE a répondu à Dufrêne et consorts par des communiqués lisses, des rapports techniques, et surtout, un silence radio. Personne ne veut endosser la responsabilité d’un tel choix. Même les économistes les plus critiques sur la politique monétaire européenne restent prudents. Parce que parler d’annulation de dette, c’est parler de tabou.

Le piège juridique : les traités, toujours les traités

Annuler la dette détenue par la BCE, c’est comme vouloir sauter un mur sans outils. Techniquement, c’est possible. Juridiquement, c’est une descente aux enfers.

Les traités européens interdisent toute mesure qui remettrait en cause la stabilité financière de la zone euro. Effacer des dettes, c’est exactement ça : une remise en cause. Sauf que.

Il y a des failles. Des interprétations. Des zones grises. Par exemple : la BCE pourrait arguer que son mandat inclut désormais la stabilité sociale, pas seulement économique. Une interprétation audacieuse, mais pas impossible. Sauf que pour la faire passer, il faudrait une majorité politique écrasante au Parlement européen, une BCE prête à jouer le jeu, et surtout, un pays prêt à porter le chapeau.

La France ? Mélenchon en parle. Mais Macron ? Jamais.

Parce que si la France tente le coup, elle se retrouve seule. L’Allemagne, elle, préférerait voir brûler l’Europe plutôt que de toucher à ses règles budgétaires. Et les marchés ? Ils attendent. Ils savent que si un pays ose, les autres suivront. Et ça, personne ne veut.

L’homme qui ne lâche rien

Nicolas Dufrêne, lui, ne lâche rien. Ancien haut fonctionnaire, il connaît les rouages du système. Il sait que les idées folles finissent souvent par devenir des évidences. Son argument ? « Pourquoi la BCE peut-elle créer de la monnaie pour racheter des dettes, mais pas pour les effacer ? »

Réponse : parce que personne ne veut entendre ça.

Il a écrit des livres, donné des conférences, harcelé les médias. Il a même réussi à faire inscrire l’idée dans les programmes de la NUPES. Mais au fond, il sait que le vrai combat, ce n’est pas contre la BCE. C’est contre l’inertie.

Parce que l’annulation de la dette, ce n’est pas qu’une question économique. C’est une question de pouvoir. Qui décide ? Les marchés ? Les traités ? Ou les citoyens ?

Dufrêne mise sur la deuxième option. Mélenchon aussi, dans une certaine mesure. Mais pour l’instant, ils sont seuls.

Et si on en parlait vraiment ?

Le problème, c’est que personne ne veut aborder le sujet frontalement. Parce que parler d’annulation de dette, c’est parler de justice sociale. De redistribution. De remise en cause du capitalisme financier.

Les médias préfèrent les sujets consensuels : l’inflation, le pouvoir d’achat, les retraites. La dette, eux, la traitent comme un mal nécessaire.

Pourtant, le débat est là. 1 000 milliards d’euros, c’est l’équivalent de 10 ans de budgets de l’Éducation nationale. Effacer ça, ce serait comme offrir un chèque en blanc aux hôpitaux, aux écoles, aux infrastructures. Alors pourquoi on n’en parle pas ?

Parce que ça fait peur. Parce que ça remettrait en cause des décennies de dogmes économiques. Parce que ça obligirait à choisir : soit on reste dans le cadre actuel, avec ses limites, soit on ose.

Dufrêne a choisi. Mélenchon aussi. Les autres ? Ils attendent.

Mais pour combien de temps ?

La dette, ce fantĂ´me qui nous hante

La dette française, c’est comme un fantôme. On en parle sans cesse, mais personne ne veut la regarder en face. On la gonfle, on la réduit, on la renégocie, mais on ne la tue jamais.

Pourtant, il y a des exemples. La Grèce a tenté de renégocier. Les États-Unis ont annulé des dettes après des crises. Alors pourquoi pas l’Europe ?

Parce que l’Europe, c’est un monstre bureaucratique. Parce que les marchés, c’est comme une bête sauvage : si tu la provoques, elle te déchire. Et parce que personne n’a encore osé.

Dufrêne et Mélenchon, eux, osent. Mais est-ce que ça suffira ?

Peut-être pas. Peut-être que cette idée restera une lubie de plus dans le paysage politique français. Peut-être que la dette continuera de nous étouffer, année après année.

Sauf que.

Sauf que des idées comme celle-là, elles reviennent toujours. Un jour, peut-être, on en parlera vraiment. Et ce jour-là, ce ne sera pas grâce aux médias. Ce sera grâce à des hommes comme Dufrêne, qui refusent de lâcher prise.

*Parce que la vraie question, ce n’est pas : « Peut-on annuler la dette ? »

C’est : « On veut vraiment le savoir ? »

R
R Galaxie Rédaction

ARTICLES SIMILAIRES

Politique De ConfidentialitéMentions LégalesConditions Générales De VenteConditions Générales D'utilisationPolitique De CookiesTous Droits RéservésR Galaxie
Dufrêne a vendu à Mélenchon l’idée folle d’effacer 1 000 milliards d’euros | R Galaxie