Ndour balance un coup bas à Sow, la transhumance politique en mode survie

En 2017, Pape Malick Ndour, figure de l’APR, explose contre Abdoulaye Seydou Sow pour son ralliement au parti. Un clash qui révèle les failles d’un système politique où les alliances se brisent aussi vite qu’elles se forment. Qui gagne vraiment dans cette guerre des egos ?

Publié le 14 septembre 2026 à 10:05
Ndour balance un coup bas à Sow, la transhumance politique en mode survie

Le jour où Ndour a traité Sow de traître sans le dire directement

C’était un mercredi d’avril 2017. Pape Malick Ndour, alors responsable de la jeunesse à l’APR, postait un message sur les réseaux sociaux. Pas un message comme les autres. Pas un coup de gueule en l’air. Une phrase courte, sèche, calculée : « Abdoulaye Seydou Sow a choisi son camp. Le nôtre n’est plus le sien. » Pas de nom d’ennemi, pas de menace voilée. Juste un constat. Une porte qui claque. Et derrière, la question qui tue : pourquoi un homme comme Sow, ancien proche de l’APR, a-t-il décidé de sauter dans le panier adverse ?

Sow, lui, souriait en photo avec Macky Sall. L’APR, elle, serrait les dents. Parce que Sow, c’était un poids lourd. Un ancien ministre, un homme qui connaissait les rouages du pouvoir mieux que personne. Et Ndour, dans son message, avait résumé en trois mots ce que tout le monde pensait sans oser le dire : la transhumance politique, c’est aussi une trahison.

L’APR perd un homme, gagne une leçon

L’APR avait cru à une fidélité. Elle s’est réveillée avec un désert. Sow, c’était un peu son talisman : un visage connu, un nom qui rassurait. Sauf que Sow, lui, avait ses calculs. Et en 2017, les calculs, ça se fait à l’aune des promesses non tenues et des portes qui se ferment. L’APR, à l’époque, était dans le dur. Macky Sall était au pouvoir, et les opposants se serraient les coudes comme jamais. Sow a vu l’opportunité. Et il a sauté.

Ndour, lui, n’a pas pleuré. Il a réagi. Pas avec des mots en l’air, mais avec un coup bas bien placé : « On ne négocie pas avec les déserteurs. » Sous-entendu : tu as choisi ton camp, maintenant assume. C’était brutal. Efficace. Et surtout, c’était vrai. Parce que dans la politique sénégalaise, quand tu changes de bord, tu ne reviens pas en arrière. Tu deviens un fantôme. Ou pire, un paria.

La transhumance, ce jeu où tout le monde ment

Le problème avec la transhumance politique, c’est que c’est un jeu où personne ne croit vraiment en ses partenaires. Vous signez une alliance aujourd’hui, mais demain, vous savez déjà que l’un de vous deux va lâcher. C’est comme ça. Et Sow l’a compris avant tout le monde.

En 2017, le Sénégal était en ébullition. Les élections approchaient, les tensions montaient, et les partis cherchaient des renforts. L’APR, elle, était affaiblie. Elle avait besoin de figures. Sauf que les figures, parfois, préfèrent jouer ailleurs. Comme Sow.

Ndour, dans son message, n’a pas parlé de trahison. Il a parlé de choix. Parce que c’est ça, le vrai problème : quand tu es dans l’opposition, tu n’as pas le choix. Tu dois soit te battre, soit te taire. Sow a choisi de se taire. Et Ndour, lui, a choisi de le lui reprocher.

Ce que Sow a gagné en changeant de camp

Sow n’était pas un débutant. Il savait que l’APR, même affaiblie, restait un parti puissant. Mais il a misé sur autre chose : la visibilité. En rejoignant le camp adverse, il est devenu une cible médiatique. Des interviews, des tribunes, des débats. Tout ce que l’APR, dans l’ombre, ne pouvait plus lui offrir.

Le chiffre qui résume ça ? 37 %. C’est le taux de satisfaction des Sénégalais envers leurs dirigeants en 2017, selon un rapport de l’AFD (Agence Française de Développement). 37 %. Autrement dit, personne ne croyait vraiment en personne. Alors dans ce monde-là, mieux vaut être du côté qui gagne, même si c’est en mentant un peu.

Sow a gagné en exposition. Ndour a gagné en crédibilité. Parce que lui, au moins, il a dit les choses clairement. Pas de demi-mesure. Pas de sourire en coin. Juste un « Tu as choisi, assume ». Brutal. Honnête. Et surtout, utile.

La leçon que personne ne veut entendre

Aujourd’hui, cinq ans plus tard, la transhumance politique est toujours là. Les mêmes visages changent de camp. Les mêmes promesses sont trahies. Les mêmes hommes politiques sourisent en serrant des mains, tout en préparant leur prochain virage.

Ndour avait raison sur un point : quand tu changes de bord, tu ne reviens pas en arrière. Mais il avait tort sur un autre : la politique, ce n’est pas une question de loyauté. C’est une question de survie.

Sow a survécu. L’APR a survécu. Mais le vrai perdant, c’est le citoyen. Parce que lui, il ne choisit rien. Il subit. Et il paie.

La dernière image avant la sortie

En 2019, Sow était de nouveau dans le collimateur. Cette fois, ce n’était plus Ndour qui le visait, mais d’autres. Parce que dans ce jeu, personne ne reste en place. Pas même ceux qui croyaient tenir le bon bout.

La transhumance, c’est comme un serpent qui se mord la queue. Tu avances, tu recules, tu changes de direction. Et au final, tu finis par tourner en rond.

Ndour l’a compris en 2017. Sow aussi. La question, c’est : le citoyen, lui, quand est-ce qu’il va le comprendre ?

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R Galaxie Rédaction

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