Le jour où Maxime Prévot a reçu sa visite surprise à Namur, tout a basculé pour les activistes belges anti-ICE
C’était un matin comme les autres, ou presque. Maxime Prévot, député namurois et figure de proue des opposants aux visites domiciliaires, a vu débarquer des policiers chez lui. Pas pour une enquête criminelle, non. Pour vérifier si son logement respectait les règles de sécurité. Une procédure administrative, en théorie. Une intrusion, en pratique. Sauf que cette fois, les activistes avaient préparé leur coup. Ils ont répondu en envahissant son bureau à Bruxelles.
« Puisque vous voulez entrer chez nous, nous venons chez vous », ont-ils lancé. Pas en mots, non. En corps. En affiches. En bruit. En occupation symbolique. La police a dû dégager. Le message était passé : la loi sur les visites domiciliaires, prévue pour 2025, divise déjà. Et Namur, avec son député rebelle, est devenu l’épicentre de la guerre.
La loi qui va tout changer (et que personne ne veut vraiment appliquer)
Officiellement, le texte vise à « moderniser » les contrôles. Officieusement, il donne un blanc-seing aux forces de l’ordre pour fouiller chez les citoyens sous prétexte de « sécurité ». Problème : les activistes, eux, y voient une porte ouverte à l’arbitraire. « On nous parle de prévention, mais en réalité, c’est du contrôle de masse », lance un membre du collectif « No ICE in Belgium », qui s’inspire des luttes américaines contre les expulsions migratoires. Leur argument ? Si la loi passe, ce ne seront plus seulement les logements insalubres qui seront visés. Mais les quartiers, les associations, les foyers. « Demain, ce sera votre tour », avertissent-ils.
Le chiffre qui cloche : selon une étude de l’Université de Gand (2023), 68 % des Belges estiment déjà que les visites domiciliaires sont une atteinte à leur vie privée. Pourtant, le gouvernement belge avance, sourd aux protestations. Pourquoi ? Parce que cette loi, c’est aussi une question de pouvoir.
L’État belge joue avec le feu en croyant maîtriser l’incendie
À Bruxelles, on minimise. « C’est une mesure ciblée, pas une chasse aux sorcières », assure-t-on du côté du ministère de l’Intérieur. Sauf que sur le terrain, les choses dérapent. À Liège, des syndicalistes ont bloqué une visite dans un immeuble HLM. À Gand, des habitants ont scellé leurs portes avec des chaînes. Et à Namur, Maxime Prévot a transformé sa maison en QG.
Le député namurois ne cache pas son mépris pour une loi qu’il qualifie de « totalitaire light ». « On nous dit que c’est pour notre bien, mais en réalité, c’est pour nous surveiller », lâche-t-il, sans filtre. Son argument massue ? « Si demain, on peut fouiller chez moi parce que mon voisin a un problème de chauffage, alors où s’arrête le contrôle ? »
Le vrai danger, c’est que la loi ne distingue pas. Elle donne aux policiers un pouvoir discrétionnaire. Et quand la discrétion rencontre l’arbitraire, ça fait des drames. En France, les « contrôles au faciès » ont été condamnés par le Conseil constitutionnel. En Belgique, personne n’a encore osé sauter le pas. Pourtant, les signes sont là.
Ce que la loi ne dit pas (mais que tout le monde sait)
Le texte officiel parle de « sécurité », de « salubrité », de « prévention ». Mais ce qu’il ne dit pas, c’est comment on évite que ça dérape. Parce que quand vous donnez un pouvoir sans limites, les abus suivent.
Prenez l’exemple des « zones de non-droit » à Bruxelles. Officiellement, les visites domiciliaires y sont censées lutter contre la pauvreté. Officieusement, elles servent aussi à faire pression sur les locataires. « On nous menace de couper le gaz si on ne signe pas un contrat », témoigne une habitante de Molenbeek. Un témoignage parmi d’autres.
Le vrai problème, c’est que la loi ne protège personne. Ni les citoyens, ni les policiers. Parce qu’une fois que vous avez franchi la porte, il n’y a plus de retour en arrière.
La Belgique à la croisée des chemins : céder ou résister ?
Namur n’est qu’un début. Si la loi passe, ce sera partout. À Liège, à Gand, à Bruxelles. Et les activistes ne comptent pas lâcher l’affaire. Leur stratégie ? Désobéir, occuper, bloquer. « On ne va pas se laisser faire comme des moutons », déclare un militant, les poings serrés.
Le gouvernement a le choix. Soit il recule, soit il affronte une rébellion qui grandit. Soit il écoute les citoyens, soit il les ignore.
Pour l’instant, il ignore.
Et ça, c’est le vrai danger.
Ce que ça signifie pour vous
Si vous pensez que ça ne vous concerne pas, détrompez-vous. Parce que demain, ce ne sera plus seulement les logements insalubres qui seront visés. Ce sera les vôtres. Ce sera vos voisins. Ce sera vos enfants.
La question n’est pas « Est-ce que ça peut arriver ? », mais « Quand est-ce que ça arrivera ? »
Et la réponse, elle est déjà écrite dans les rues de Namur.
La Belgique a le choix. Mais le temps presse.