La justice condamne Federico à 26 ans de prison, un verdict sévère mais insuffisant

Les peines lourdes prononcées contre Loïk Le Priol et Romain Bouvier pour la mort de Federico Martin Aramburu marquent un tournant. Mais le procès révèle aussi les failles d’un système qui a laissé filer des jeunes en colère, et des complicités qui n’ont pas été assez sanctionnées. Antony Sorrentino, trois ans avec sursis ? Lyson Rochemir, trois ans dont la moitié assortie ? La justice a tranché, mais son verdict sonne faux.

Publié le 26 septembre 2026 à 10:01
La justice condamne Federico à 26 ans de prison, un verdict sévère mais insuffisant

Le procès de Federico a duré 10 mois. 10 mois pour comprendre comment un gamin de 17 ans se retrouvait dans un fourgon de police, menotté, avec une fracture du crâne et un AVC. 10 mois pour écouter les témoignages, les mensonges, les silences. Et puis, le verdict est tombé : 26 ans pour Loïk Le Priol, 19 pour Romain Bouvier. Assez pour dire que la justice a enfin pris la mesure de la gravité. Pas assez pour effacer ce qui s’est passé ce 23 juillet 2022, rue de la Tuilerie à Paris. Pas assez non plus pour expliquer pourquoi Antony Sorrentino, l’ami qui a aidé Romain à fuir, n’écopera que de trois ans avec sursis. Trois ans. Comme Lyson Rochemir, l’ex-compagne de Loïk, qui a menti pour protéger son ex. Trois ans. Le sursis, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’ils ne passeront peut-être même pas une nuit en taule. Trois ans de sursis, c’est une claque. Une claque pour les parents de Federico, qui pleurent toujours leur fils. Une claque pour les proches de la victime, qui se demandent encore comment en est-on arrivés là. Une claque pour ceux qui croyaient que la justice, un jour, allait rendre les choses un peu moins injustes. Elle ne les rend pas plus justes. Elle les rend moins absurdes, peut-être. Mais pas assez.

Pourquoi 26 ans et pas 30 ?

La question qui tue, celle que tout le monde se pose, c’est : pourquoi pas la perpétuité ? Pourquoi pas 30 ans ? Pourquoi pas une peine qui reflète vraiment l’horreur de ce qui s’est passé ? Les avocats de la défense ont parlé de contexte, de jeunesse, de circonstances atténuantes. Les parents de Federico ont parlé de douleur, de perte, de vidé. La justice a tranché en milieu de terrain. 26 ans, c’est lourd. 19 ans, c’est lourd aussi. Mais c’est pas la perpétuité. Et ça, ça fait mal. Parce que Federico, lui, il est mort. Il avait 17 ans. Il est mort dans un fourgon de police, après avoir été tabassé par des flics qui croyaient le maîtriser. Et maintenant, ses bourreaux, ils vont purger une peine. Pas toute leur vie. Juste une partie. Une partie de leur jeunesse, peut-être. Une partie de leur liberté. Mais pas toute. La justice ne tue pas. Elle ne rend pas la vie. Elle ne guérit pas.

Ce qui est sûr, c’est que les peines prononcées contre Loïk et Romain, elles sont proportionnelles à la gravité des faits. Enfin, presque. Parce que quand tu vois Antony Sorrentino, l’ami qui a aidé Romain à fuir, condamné à trois ans avec sursis, tu te dis que quelque chose cloche. Trois ans pour avoir aidé à faire disparaître un meurtrier présumé ? Trois ans pour avoir menti à la police ? Trois ans, c’est rien. Trois ans avec sursis, c’est presque rien. Ça, c’est la vraie injustice.

Les complicités qui n’ont pas été assez punies

Le procès de Federico, c’était aussi le procès des complicités. Des mensonges. Des silences. Des gens qui savaient et qui n’ont rien dit. Lyson Rochemir, l’ex-compagne de Loïk, elle a menti pour protéger son mec. Elle a dit qu’elle ne savait rien. Elle a dit qu’elle n’était pas au courant. Pourtant, elle était au courant. Elle savait que Loïk était violent. Elle savait qu’il avait des problèmes. Elle a choisi de fermer les yeux. Et maintenant, elle écopera de trois ans, dont trente mois avec sursis. Trois ans. Trois ans pour avoir fermé les yeux sur la violence d’un homme. Trois ans pour avoir laissé un gamin se faire tabasser jusqu’à la mort. Trois ans, c’est une peine symbolique. Une peine qui ne fait pas mal. Une peine qui ne change rien.

Et puis, il y a les autres. Ceux qui n’ont même pas été jugés. Ceux qui savaient et qui n’ont rien dit. Ceux qui ont vu et qui ont détourné les yeux. La police, d’abord. Celle qui a laissé Loïk et Romain s’en prendre à Federico sans rien faire. Celle qui a attendu trop longtemps pour intervenir. Celle qui a peut-être sauvé des vies, mais pas celle de Federico. La police, elle aussi, a ses responsabilités.

Ce que le procès ne dit pas

Le procès de Federico, il a mis en lumière beaucoup de choses. La violence des jeunes des quartiers. La brutalité de la police. Les failles du système. Mais il y a une question qui n’a jamais été posée : pourquoi Federico était là, ce soir-là ? Pourquoi il traînait rue de la Tuilerie avec Loïk et Romain ? Pourquoi il n’a pas appelé ses potes ? Pourquoi il n’a pas prévenu ses parents ? Federico, lui, il n’avait pas d’histoire de violence. Lui, il n’avait pas de casier. Lui, il n’avait pas de raison de se faire tabasser.

Le procès a parlé des agresseurs. Il a parlé des complices. Il a parlé des mensonges. Mais il n’a pas parlé de Federico. Pas vraiment. Pas assez. Parce que Federico, lui, il est mort. Et les mots, ils ne le ramèneront pas.

La justice a parlé. Maintenant, place aux parents.

Les peines sont tombées. Les familles respirent. Enfin. Enfin, elles ont une réponse. Enfin, elles savent que quelque chose va être fait. Mais la justice, elle ne guérit pas. Elle ne console pas. Elle ne rend pas la vie. Elle punit. Elle sépare. Elle isole.

Loïk et Romain, ils vont passer des années en prison. Antony Sorrentino et Lyson Rochemir, eux, ils vont peut-être ne jamais y mettre les pieds. La justice a fait son travail. Maintenant, c’est aux parents de Federico de faire le leur.

Leur travail à eux, c’est de vivre avec cette peine. Avec cette absence. Avec cette colère. Avec cette injustice. Parce que 26 ans, 19 ans, trois ans avec sursis… Ça ne rendra jamais Federico.

Et après ?

Le procès est fini. Les peines sont prononcées. Les familles peuvent peut-être, enfin, tourner la page. Mais la page, elle ne se tournera pas toute seule.

Il reste une question : et maintenant ? Maintenant, il faut que les choses changent. Maintenant, il faut que la police soit plus vigilante. Maintenant, il faut que les jeunes des quartiers aient autre chose à faire que de s’en prendre les uns aux autres. Maintenant, il faut que la justice soit plus dure avec ceux qui mentent, qui protègent, qui ferment les yeux. Parce que Federico, lui, il est mort. Et les autres, ils ne doivent pas mourir à sa place.

La justice a parlé. Elle a condamné. Elle a puni. Mais elle n’a pas empêché.

Et ça, c’est le vrai problème.

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R Galaxie Rédaction

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