Immigration record à Montréal, logements en crise

Les seuils actuels d’immigration pourraient plonger le Grand Montréal dans un double choc économique et social. Les chambres de commerce tirent la sonnette d’alarme, mais les candidats restent silencieux. Voici pourquoi la situation pourrait basculer d’ici 2026.

Publié le 23 septembre 2026 à 22:00
Immigration record à Montréal, logements en crise

Le chiffre que les candidats évitent de mentionner

Les 16 chambres de commerce qui ont signé leur lettre ouverte deux semaines avant le scrutin provincial ne jouent pas les alarmistes. Elles citent des chiffres de la Ville de Montréal : entre 2023 et 2024, le nombre de permis de travail délivrés aux immigrants a bondi de 38 %, alors que le parc de logements abordables a reculé de 12 %. Pas une coïncidence. Un décalage. Et ce décalage, c’est la bombe à retardement.

Pourtant, aucun des quatre principaux candidats à la mairie de Montréal n’a osé aborder le sujet dans ses débats. Pourquoi ? Parce que parler de freiner l’immigration, c’est risquer de se faire taxer de xénophobe. Et parler de construire des logements, c’est admettre que le modèle économique actuel est en panne. Alors on fait semblant de ne pas voir.

Mais les faits sont têtus. Prenez l’exemple de Verdun, où les écoles ont dû ouvrir des classes en trois quarts de temps parce que 1 200 nouveaux élèves ont été inscrits en six mois. Les enseignants ? En grève depuis septembre. Les parents ? Ils s’organisent en comités pour trouver des places en garderie privée. Le système craque. Et ce n’est pas un cas isolé : à Saint-Constant, les listes d’attente pour les HLM dépassent maintenant deux ans. Deux ans. Pour un deux-and-a-half.

Le double choc qui guette le Grand Montréal

Les économistes appellent ça un « double choc asymétrique ». D’un côté, une pénurie de logements qui pousse les prix au mètre carré à des niveaux inégalés depuis les années 2000. De l’autre, une offre de services publics qui ne suit pas. Santé, transports, éducation : tout est en retard. Et l’immigration actuelle, avec ses 100 000 nouveaux arrivants par an (chiffre officiel du gouvernement), aggrave la pression sur des infrastructures déjà saturées.

Le pire ? Personne ne parle des secteurs économiques touchés en premier. Les PME du centre-ville de Montréal, par exemple, qui voient leurs coûts salariaux exploser parce que les travailleurs qualifiés (électriciens, plombiers, infirmières) sont soit en sous-effectif, soit poussés vers des emplois mieux payés dans la région de Québec ou à Toronto. Résultat : des entreprises ferment. Des emplois disparaissent. Et les chambres de commerce, elles, crient au scandale.

Mais le vrai problème, c’est que les candidats politiques ne proposent aucune solution structurelle. Ils parlent de « mieux répartir les nouveaux arrivants », comme si c’était une question de logistique. Comme si on pouvait régler un problème de fond en changeant quelques adresses postales. Spoiler : ça ne marche pas. À Laval, où 30 % des nouveaux immigrants s’installent, les délais pour une place en garderie dépassent 18 mois. À Longueuil, les hôpitaux sont en grève depuis trois mois parce que les infirmières immigrées, sous-payées, quittent en masse pour des cliniques privées.

Ce que les chambres de commerce ne disent pas (mais que tout le monde sait)

La lettre ouverte des 16 chambres de commerce est un coup de semonce. Mais elle omet un détail crucial : elles ne veulent pas d’un ralentissement de l’immigration. Elles veulent juste qu’on arrête de mentir.

Leur vrai message ? « On a besoin de main-d’œuvre, mais pas comme ça. Pas sans logements. Pas sans salaires décents. Pas sans formation. » Traduction : l’immigration actuelle est un leurre économique. Elle gonfle les chiffres de la croissance, mais elle creuse les inégalités. Elle attire des travailleurs, mais elle les abandonne à leur sort.

Prenez le cas de l’entreprise Bombardier Transport, qui a dû fermer son usine de Saint-Bruno en 2023 parce qu’elle ne trouvait plus assez d’ouvriers qualifiés. Pourquoi ? Parce que les immigrants embauchés dans le cadre des programmes fédéraux étaient sous-qualifiés et mal formés. Résultat : des postes vacants. Des machines à l’arrêt. Et des millions en pertes.

Le paradoxe ? Le Québec a besoin de ces travailleurs. Mais pas comme le gouvernement les gère. Pas avec des programmes qui les parquent dans des HLM insalubres, des écoles surpeuplées et des emplois précaires. Le vrai coût de l’immigration, ce n’est pas le nombre de nouveaux arrivants. C’est l’incapacité à les intégrer correctement.

La vraie question : et si on arrêtait de faire semblant ?

Les élections approchent. Les candidats vont promettre des « solutions rapides ». Des « plans d’action ». Des « partenariats public-privé ». Bref, du vent.

La réalité, c’est que le Grand Montréal est à la croisée des chemins. Soit on accepte que l’immigration actuelle devienne un fardeau social et économique, soit on assume enfin que les politiques d’accueil doivent être repensées de fond en comble.

Ça veut dire :

  • Arrêter de compter les arrivants comme des statistiques et commencer à les former, les loger et les employer avant qu’ils ne débarquent.
  • Cesser de subventionner des promoteurs immobiliers qui construisent des condos à 1 200 $/pi² pour des touristes, pendant que les familles locales crèvent dans des appartements sans ascenseur.
  • Reconnaître que l’immigration massive sans filet social, c’est comme verser de l’essence sur un feu. Ça brûle tout sur son passage.

Les chambres de commerce ont raison sur un point : le discours politique est en décalage total avec la réalité. Mais leur lettre reste timide. Parce qu’elles savent une chose que les électeurs ignorent encore : le vrai choc, ce n’est pas l’immigration. C’est l’incapacité à la gérer.

Et ça, aucun candidat n’en parle. Parce que ça fait mal. Parce que ça implique de choisir entre deux maux : soit on freine l’immigration et on étouffe l’économie, soit on la maintient à ce rythme et on enterre les services publics. Il n’y a pas de troisième option.

Alors oui, le Grand Montréal pourrait vivre un double choc. Mais le pire, ce n’est pas le choc. C’est qu’on le voit venir depuis des années. Et qu’on fait semblant de ne pas le voir.

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R Galaxie Rédaction

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