31-ans-de-presence-onusienne-qui-ne-règlera-pas-le-sort-du-sahara
R Galaxie Rédaction · 4 novembre 2026 à 14:00 · 3 min de lecture
La fermeture de la MINURSO après 31 ans de mission laisse intact le conflit du Sahara occidental. L’ONU maintient une offre de dialogue, mais les positions des parties restent irréconciliables. Les conséquences humanitaires et politiques se précisent.
Un mandat qui s'achève sans solution en vue
La liquidation de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) marque la fin d’une présence onusienne de 31 ans dans le territoire. Contrairement à d’autres opérations de maintien de la paix, dont le retrait s’inscrit dans un processus de paix abouti, celui-ci intervient sans accord politique entre les parties. La question centrale reste entière : comment concilier l’autodétermination promise par les résolutions onusiennes avec les revendications souveraines du Maroc et les aspirations à l’indépendance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ?
La MINURSO, créée en 1991 après le retrait des troupes marocaines et mauritaniennes du Sahara occidental, avait pour mandat initial d’organiser un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU. Son renouvellement annuel, systématiquement voté à l’unanimité au Conseil de sécurité, reflétait un consensus international sur la nécessité de maintenir une présence neutre. Pourtant, malgré des extensions successives, aucune avancée concrète n’a été réalisée sur le terrain. Le 31 octobre 2026, son mandat a expiré sans prolongement, ouvrant une phase de liquidation administrative.
Qui décide de la liquidation, et selon quelles règles ?
Dans ce cas, l’absence de veto ou de blocage a permis la clôture du mandat.
La liquidation implique des étapes techniques : réduction progressive du personnel, vente ou transfert des biens, et clôture des comptes. Ces opérations, supervisées par le Secrétaire général, sont financées par le budget ordinaire de l’ONU, sans coût supplémentaire pour les États membres.
Quelles conséquences pour les populations concernées ?
Pour les premiers, la mission assurait une présence humanitaire et un canal de dialogue avec les autorités marocaines. Son retrait risque d’aggraver leur isolement, déjà marqué par des restrictions d’accès aux organisations internationales.
La liquidation ne change pas fondamentalement sa position, mais elle supprime un contrepoids diplomatique. Les observateurs onusiens, bien que limités à la surveillance du cessez-le-feu, servaient de garantie minimale pour les civils. Leur départ pourrait, à terme, fragiliser la sécurité dans les zones frontalières.
L’ONU maintient-elle une offre de dialogue ?
L’ONU n’a pas abandonné son rôle de médiation. Dans un communiqué publié le 1er novembre 2026, le Secrétaire général a réaffirmé la « disponibilité » de l’organisation à faciliter un dialogue entre les parties, conformément aux résolutions 2440 (2018) et 2494 (2020). Cette offre reste however vague, car elle ne précise ni les modalités ni les concessions attendues.
Ce dernier exige un référendum sous supervision onusienne, comme prévu initialement. Les deux camps s’accordent sur un point : aucun compromis n’est envisageable sans l’arbitrage d’une tierce partie. Or, la liquidation de la MINURSO supprime l’unique acteur neutre capable de superviser un processus.
Quels précédents pour guider l’avenir ?
La liquidation de la MINURSO s’inscrit dans une tendance plus large : depuis 2010, l’ONU a fermé ou réduit 12 missions, dont certaines (comme au Timor oriental ou au Kosovo) ont abouti à des accords de paix. Cependant, aucun de ces cas ne correspond à la situation du Sahara occidental, où aucune des parties ne reconnaît la légitimité de l’autre.
Un parallèle peut être établi avec la Mission d’observation des Nations unies en Géorgie (MONUG), dont le retrait en 2009 n’a pas résolu le conflit d’Abkhazie. Comme au Sahara, l’absence de solution politique a conduit à un gel des tensions, mais sans progrès vers une réconciliation. La leçon est claire : sans engagement des parties, la sortie d’une mission onusienne ne règle pas un conflit.
Un désaccord qui persiste malgré l’absence de la MINURSO
Les deux camps s’opposent sur la nature même du problème.
L’ONU, bien que neutre, se retrouve dans une position délicate : elle ne peut imposer une solution, mais son retrait risque d’affaiblir les mécanismes de dialogue. La liquidation de la MINURSO ne clôt pas le dossier ; elle le transfère, sans garantie de reprise.
La vraie question n’est plus de savoir si la MINURSO était utile, mais comment éviter que son absence ne creuse davantage les divisions. Sans initiative extérieure, le Sahara occidental reste un territoire où se jouent des enjeux géopolitiques bien plus larges que son sort immédiat.