La Santé, un ministère en mode survie
En 2023, le Québec a dépensé 1,2 milliard de dollars en heures supplémentaires pour les infirmières et infirmiers, selon la Fédération des syndicats de l’éducation (FSÉ). Un chiffre qui résume tout : le système est à genoux. Laflamme arrive avec un CV de gestionnaire municipale, pas de soignante. Ses seules références en santé ? Une brève collaboration avec le ministère en 2021, le temps d’un comité sur le logement des aînés. Rien sur les urgences, les pénuries de personnel ou les hôpitaux qui ferment des lits.
Et pourtant, c’est elle qui doit gérer la crise des ressources humaines. En 2024, 12 000 postes d’infirmières et infirmiers sont vacants, selon l’Institut de la statistique du Québec. 12 000 trous dans la raquette, et on mise sur une ministre qui n’a jamais dirigé un CHSLD.
Pourtant, Plamondon mise sur son profil « jeune et dynamique ». Problème : la dynamique ne paie pas les salaires. Les infirmières veulent des hausses de 20 %, des conditions de travail décents et un plan de recrutement. Laflamme a-t-elle déjà négocié un conflit social de cette ampleur ? Non.
L’Éducation, un champ de bataille permanent
De l’autre côté, Arseneau hérite d’un ministère en ébullition. Depuis 2022, les grèves se multiplient : enseignants, techniciens, personnel de soutien. La dernière en date, celle des techniciens en éducation, a paralysé des centaines d’écoles en septembre. Résultat ? 150 000 élèves sans service pendant des semaines, selon la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).
Arseneau, lui, a géré les forêts. Pas les classes surchargées, pas les écoles sans chauffage, pas les profs qui démissionnent par milliers. Son expérience ? Un ministère où l’on coupe des arbres, pas où l’on forme des générations.
Et pourtant, c’est lui qui doit calmer le jeu. Le gouvernement Legault a injecté 1,5 milliard en 2023 pour « sauver l’Éducation ». Assez pour embaucher 3 000 enseignants. Assez pour payer trois mois de salaire à 1 000 profs en grève. Mais assez pour quoi d’autre ?
Personne ne sait. Parce qu’Arseneau n’a jamais eu à gérer un conflit de cette envergure. Son prédécesseur, Bernard Drainville, a tenu six ans. Arseneau a deux ans pour prouver qu’il peut faire mieux.
Le vrai problème : personne ne veut de ces dossiers
Plamondon a fait un choix simple : donner les pires dossiers aux ministres les moins expérimentés. Pourquoi ? Parce que personne d’autre ne veut toucher à ça. La Santé, c’est la guerre des infirmières. L’Éducation, c’est la guerre des syndicats.
Laflamme et Arseneau sont des pions, pas des stratèges. Leur CV ? Une succession de postes courts, sans réel impact. Pas de trace d’un plan pour la crise des soins. Pas de vision pour l’école publique.
Et le pire ? Ils n’ont pas le temps de se former. Les grèves reprennent en janvier. Les hôpitaux vont encore manquer de personnel. Le gouvernement mise sur l’urgence pour justifier ses choix.
Ce qui se joue vraiment : la survie du gouvernement
Legault sait une chose : ces dossiers sont des pièges. Mais il sait aussi que personne ne peut les éviter. Donc autant les confier à des inconnus.
Laflamme et Arseneau vont devoir improviser. Ou alors, ils vont couler avec le bateau. Le Québec n’a pas besoin de nouveaux visages. Il a besoin de solutions.
Et pour l’instant, personne ne voit la moindre.