Meta dépasse ses prévisions, mais ses pertes grignotent son empire

Le géant des réseaux sociaux a battu ses attentes financières, mais ses investissements lourds et ses coûts structurels creusent un trou. Pourquoi cette croissance ne suffit pas à rassurer ?

Publié le 22 octobre 2026 à 12:04
Meta dépasse ses prévisions, mais ses pertes grignotent son empire

Un trimestre qui sent le roussi malgré les apparences

Meta a sorti les chiffres ce mercredi, et sur le papier, ça a l’air solide. Le chiffre d’affaires du troisième trimestre a dépassé les attentes des analystes, avec $28,7 milliards, soit une hausse de 10 % sur un an. Les actionnaires ont souri, les médias ont titré. Sauf que. Sauf que derrière ce joli tableau, il y a un détail qui pique : les bénéfices, eux, ont chuté. $4,9 milliards de pertes nettes, contre $3,9 milliards de profits l’an dernier. Une chute libre. Alors oui, Meta gagne plus qu’avant… mais il perd aussi plus qu’avant. Et ça, c’est le vrai problème.

Pourtant, personne ne s’en émeut vraiment. Les marchés ont haussé le cours de l’action de 3 % à l’ouverture, comme si tout allait bien. Mais quand on creuse, on tombe sur des coûts qui explosent : $12,7 milliards de frais opérationnels, en hausse de 23 % sur un an. Autant dire que Meta brûle son cash à vitesse grand V. Et ça, c’est un signe. Un signe que la machine à cash des réseaux sociaux commence à montrer ses limites.

Le piège des investissements qui ne rapportent pas

Alors d’où vient ce trou ? Réponse : l’IA, les métavers, et tous les trucs qui font rêver Zuckerberg. Meta a injecté des milliards dans des projets flous, comme son chatbot IA, qui coûte une fortune à développer et qui ne fait pas encore un sou. Résultat : les dépenses en R&D ont bondi de 30 %, à $10,4 milliards**. Pendant ce temps, les revenus publicitaires, qui représentaient 98 % du CA il y a encore deux ans, stagnent. Les utilisateurs sont lassés, les algorithmes saturent. Bref, Meta mise sur l’avenir… mais l’avenir, pour l’instant, ça coûte une blinde sans retour immédiat.

Et puis il y a les licenciements. Oui, Meta a annoncé des suppressions de postes en mai, mais ça n’a pas suffi. Les coûts liés aux talents restent élevés, et la productivité des équipes en prend un coup. Les employés qui restent sont surchargés, les nouveaux projets traînent. Bref, une usine à gaz qui tourne à moitié.

Pourquoi les marchés ferment les yeux

Alors pourquoi personne ne panique ? Parce que Meta reste un géant. $1,4 billion de cash sur son compte en banque, des actifs immobiliers qui valent des milliards, et une mainmise sur les données des utilisateurs qui fait pâlir la concurrence. Les investisseurs se disent : « Bon, ok, il perd de l’argent maintenant, mais dans cinq ans, l’IA et les métavers vont tout changer. » Sauf que. Sauf que les cinq prochaines années, c’est long. Très long. Et que pendant ce temps, les régulateurs commencent à regarder de près les pratiques de Meta. En Europe, la DGPR a déjà infligé des amendes salées pour des problèmes de confidentialité. Aux États-Unis, les procès pour atteinte à la vie privée s’accumulent. Bref, le géant a les pieds dans le cambouis.

Le vrai défi : et si les métavers étaient un leurre ?

Le pire, c’est que personne ne veut admettre que les métavers pourraient bien être un gouffre financier. Meta y a déjà englouti $50 milliards depuis 2021, et pour quoi ? Des casques Reality Labs qui ne se vendent pas, des mondes virtuels quasi déserts. Pendant ce temps, TikTok et Snap croquent des parts de marché sur le mobile, là où Meta a déjà tout donné. Alors oui, le CA augmente. Mais c’est comme un patient en réanimation : les signes vitaux sont là, mais le pronostic reste incertain.

Ce que ça signifie pour vous

Pour les utilisateurs, ça change peu. Les réseaux sociaux continueront de vous pomper vos données et de vous noyer sous la pub. Mais pour les actionnaires, c’est une autre histoire. Meta joue avec le feu : d’un côté, il mise sur des technologies qui ne sont pas encore rentables. De l’autre, il doit faire face à une régulation de plus en plus agressive. Le risque ? Qu’un jour, le robinet se ferme.

Et puis il y a une question qui tue : et si Zuckerberg avait tout misé sur le mauvais cheval ? L’IA, oui, mais pas celle qu’il imagine. Pas des mondes virtuels où personne ne va. Mais des outils qui marchent maintenant. Comme les chatbots qui rapportent, pas ceux qui coûtent une fortune. Comme les pubs ciblées qui fonctionnent, pas les expériences en réalité augmentée que personne ne veut.

La leçon ? Les géants ne sont pas à l’abri.

Meta a l’habitude de dominer. Mais cette fois, les chiffres ne mentent pas : la croissance ne suffit pas. Il lui faut des profits réels, pas des pertes déguisées en investissements. Et ça, c’est le vrai défi. Parce que quand un géant commence à perdre plus qu’il ne gagne, même avec des milliards en banque, la question n’est plus « Combien ? », mais « Combien de temps ? ».

Et ça, personne ne veut y répondre.

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R Galaxie Rédaction

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