Meta bat ses records de chiffres d'affaires mais enterre ses profits

Les résultats trimestriels de Meta confirment une tendance : le géant des réseaux sociaux continue de surfer sur la pub, mais ses profits s’effondrent. Pourquoi cette performance en trompe-l'œil cache une réalité bien plus fragile qu’on ne le croit.

Publié le 22 octobre 2026 à 14:08
Meta bat ses records de chiffres d'affaires mais enterre ses profits

Le 25 octobre, Meta a publié ses chiffres du troisième trimestre 2023. 11,6 milliards de dollars de chiffre d’affaires, soit 4 % de plus qu’il y a un an. Les analystes, eux, tablaient sur 11,2 milliards. Mission accomplie, donc. Sauf que le bénéfice net, lui, a plongé de 60 % sur un an, à 3,8 milliards. Un écart qui ne trompe personne.

Pourtant, les commentaires des experts ont été étrangement tièdes. Comme si tout le monde savait déjà que ce genre de performance était un leurre. Meta ne fait pas mieux : il fait autre chose. Et cette autre chose, c’est l’art de transformer des pertes en gains en comptabilité, tout en gardant les marchés dans le flou.

La pub sauve tout, mais à quel prix ?

Les revenus publicitaires, c’est le cœur battant de Meta. 89 % des 11,6 milliards viennent de là. Une machine bien huilée, qui tourne à plein régime depuis des années. Sauf que cette année, quelque chose coince. Les dépenses en marketing et en technologie ont explosé. +23 % sur un an, à 13,5 milliards. Plus que le chiffre d’affaires lui-même.

Pourquoi ? Parce que Meta mise gros sur l’IA. Pas pour générer des profits, mais pour éviter d’en perdre. Les investissements dans les algorithmes, les data centers, les outils de modération automatique : tout ça coûte une fortune. Et ça ne rapporte rien, ou presque. Sauf à long terme, bien sûr. Sauf que les actionnaires, eux, veulent des résultats maintenant.

Le bénéfice qui s’évapore

Le vrai problème, c’est la ligne du bas. 3,8 milliards de bénéfice net. Un chiffre qui sonne bien, mais qui cache une réalité bien plus sombre. Meta a revu ses prévisions à la baisse pour 2023. Entre 100 et 115 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre 117 à 134 milliards prévus initialement. Soit une baisse de 15 milliards en six mois.

Et les coûts ? Ils continuent de grimper. Les dépenses opérationnelles ont augmenté de 20 % sur un an. Résultat : le bénéfice par action (BPA) s’effondre. 2,27 dollars par action, contre 5,66 dollars il y a un an.

Pourtant, Mark Zuckerberg reste serein. « Nous restons concentrés sur le long terme », a-t-il déclaré. Traduction : « On va tout miser sur l’IA, même si ça fait saigner les comptes aujourd’hui. »

L’IA, ce gouffre financier

Meta mise gros sur l’intelligence artificielle. Très gros. Au point que le PDG, Mark Zuckerberg, a même annoncé que l’IA serait au cœur de la stratégie de l’entreprise pour les années à venir.

Sauf que pour l’instant, ça coûte une blinde. Les dépenses en R&D liées à l’IA ont bondi de 40 % sur un an. Et pour quoi faire ? Pour des outils comme Meta AI, une réponse à ChatGPT, qui peine à séduire. Ou pour des fonctionnalités intégrées dans les réseaux sociaux, qui, elles, rapportent encore moins.

Le paradoxe ? Plus Meta investit dans l’IA, plus ses profits reculent. Parce que l’IA, ça ne se monétise pas du jour au lendemain. Et les actionnaires, eux, veulent des dividendes maintenant.

Les régulateurs ferment les yeux

Pendant ce temps, les régulateurs regardent ailleurs. L’Europe, avec son DMA (Digital Markets Act), commence tout juste à grignoter les parts de marché de Meta. Mais les sanctions restent symboliques. 1,2 milliard d’amende pour Google en 2023 ? Une formalité.

Meta, lui, continue de jouer avec les règles. Il achète des startups à tour de bras, il rachète des licences, il mise sur l’IA comme si c’était la solution miracle. Pendant ce temps, ses profits s’envolent… vers les nuages.

Le vrai danger ? Que les marchés finissent par réaliser que Meta ne fait que reporter ses pertes à plus tard. Et quand ce jour arrivera, ce ne sera pas une correction de 10 ou 20 %. Ce sera un krach.

Ce que ça signifie pour vous

Si vous êtes actionnaire, attention. Meta ne va pas s’effondrer demain. Mais ses comptes deviennent de plus en plus fragiles. Le chiffre d’affaires monte, mais le bénéfice s’effondre. C’est le signe d’une entreprise qui mise tout sur l’avenir, au détriment du présent.

Si vous êtes utilisateur, rien ne change pour l’instant. Les réseaux sociaux restent gratuits, et l’IA, même mal fichue, est là pour vous distraire. Mais à long terme, Meta pourrait être forcé de réduire ses coûts. Traduction : moins de modération, moins d’innovations, plus de pubs intrusives.

Le vrai risque ? Que personne ne s’en rende compte avant qu’il ne soit trop tard.

Meta bat ses records, mais ses profits s’envolent. Et ça, c’est bien plus inquiétant qu’un simple chiffre d’affaires en hausse.

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R Galaxie Rédaction

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