Le 21 octobre 2026, à 22h01, Boursorama relaye une nouvelle qui aurait pu passer inaperçue si elle n’était pas aussi révélatrice. Meta va émettre des actions de classe D, ces fameuses Class D shares réservées aux actionnaires existants et aux employés. Une opération classique, en apparence. Sauf que cette annonce tombe pile quand le géant des réseaux sociaux vient de réviser ses prévisions de dépenses en IA à la baisse. Et ça, c’est un aveu.
Pas besoin de lire entre les lignes : l’IA, chez Meta, n’est plus un pari gagnant. Ou alors, c’est un pari qui coûte si cher que même Zuckerberg commence à s’inquiéter. Les Class D shares, c’est du pain béni pour les actionnaires actuels, qui peuvent souscrire sans diluer leur part du capital. Sauf que cette fois, le timing est pourri. Pourquoi Meta joue-t-elle ce coup alors que les coûts explosent ?
Parce que les marchés ont besoin d’une illusion. Les investisseurs veulent croire que tout va bien, que l’IA reste un moteur de croissance, alors que les chiffres disent le contraire. En 2025, Meta a dépensé 16,7 milliards de dollars en R&D liée à l’IA, selon une estimation interne partagée par des sources proches du dossier. En 2026, les prévisions tablaient sur 20 milliards. Maintenant ? Personne ne mise plus sur ces chiffres. Les analystes de Bernstein ont revu leurs estimations à la baisse de 12 % en un trimestre, et ce n’est pas une coïncidence.
Ces actions qui cachent une hémorragie
Les Class D shares, c’est un peu comme si un restaurant en difficulté offrait des parts sociales à ses clients réguliers pour les rassurer. Ça ne nourrit personne, mais ça donne l’impression que tout est sous contrôle. Sauf que chez Meta, le problème n’est pas la liquidité. C’est la rentabilité. L’IA, censée être le graal, se révèle un gouffre. Les modèles comme Llama ou les outils de modération automatique coûtent des fortunes sans générer de revenus proportionnels. Et les publicitaires, eux, commencent à fatiguer.
Prenez le cas de Reels. En 2024, Meta promettait que l’IA allait révolutionner la monétisation des courtes vidéos. Résultat ? Les revenus publicitaires liés à Reels ont stagné en 2025, selon les données de MediaRadar. Pendant ce temps, TikTok, lui, continue de grignoter des parts de marché sans même avoir besoin de dépenser des milliards en R&D. Meta court après son ombre.
Le marché ferme les yeux, mais pas pour longtemps
Les actionnaires, eux, savent. Les Class D shares sont un signal faible : Meta a besoin de cash, mais elle n’ose pas le dire ouvertement. Alors elle émet des actions préférentielles, avec des droits de vote limités, pour éviter les remous. C’est une façon de dire : « On vous donne un peu de pouvoir, mais pas assez pour nous embêter. »
Sauf que les marchés ne sont pas dupes. Les actions Meta ont chuté de 8 % en une semaine après l’annonce, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. La réponse ? Parce que tout le monde sent la supercherie. Les investisseurs institutionnels, eux, se tournent vers d’autres valeurs. Les fonds activistes, comme Elliott Management, commencent à poser des questions gênantes sur la stratégie IA. Et les régulateurs, eux, observent.
En Europe, la Commission examine de près les dépenses de Meta en IA, sous l’angle de la concurrence déloyale. Si l’IA devient un service subventionné par les actionnaires, alors c’est une distorsion de marché. Personne ne veut que Meta utilise ses ressources pour écraser la concurrence sous couvert d’innovation. Mais jusqu’à présent, Bruxelles reste silencieuse.
L’IA, ce piège à long terme
Le vrai problème, c’est que Meta a misé tout sur l’IA sans avoir de plan B. Pas de modèle économique clair, pas de monopole réel, juste l’espoir que les algorithmes finiront par rapporter. Sauf que les algorithmes, ça coûte cher. Très cher. Et les revenus publicitaires, eux, ne suivent pas.
En 2024, Meta a généré 146 milliards de dollars de revenus. En 2026, les prévisions tablaient sur 160 milliards. Sauf que les coûts en IA grignotent une partie croissante de cette croissance. Si les dépenses continuent à ce rythme, Meta sera obligée de licencier ou de vendre des actifs. Et personne ne veut voir ça.
Ce que ça signifie pour vous
Si vous êtes actionnaire Meta, les Class D shares sont une aubaine… à court terme. Vous pouvez acheter des actions à prix réduit, avec des droits de vote. Mais attention : si Meta continue à brûler son cash en IA sans retour sur investissement, votre portefeuille va prendre cher.
Si vous êtes utilisateur, rien ne change pour l’instant. Mais si Meta est obligée de réduire ses coûts, attendez-vous à moins d’innovations, plus de pubs, et peut-être des services payants.
Et si vous êtes concurrent ? C’est l’heure de rire. TikTok, Google, même Microsoft : tous regardent Meta se débattre avec son propre modèle. L’IA, c’est comme un feu de forêt : ça consume tout sur son passage, y compris celui qui l’a allumé.
La conclusion qui dérange
Meta émet des actions préférentielles parce qu’elle n’a plus le choix. L’IA, c’est devenu un trou noir budgétaire. Les Class D shares, c’est du maquillage financier. Dans six mois, quand les chiffres du quatrième trimestre 2026 seront connus, tout le monde saura que Meta a menti. Pas par malhonnêteté, mais par désespoir.
Et vous, vous serez encore actionnaire. Ou pas.