Empruntis finance la Ligue contre le cancer, mais les dons restent un leurre

Depuis 2024, Empruntis reverse 1% de ses commissions à la Ligue contre le cancer. Un geste médiatisé, mais qui cache une réalité : les dons des particuliers chutent, et les entreprises préfèrent les partenariats aux dons directs. Pourquoi cette stratégie ? Et surtout, à quoi sert-elle vraiment ?

Publié le 22 octobre 2026 à 06:13
Empruntis finance la Ligue contre le cancer, mais les dons restent un leurre

Empruntis finance la Ligue contre le cancer, mais les dons restent un leurre

En 2023, la Ligue contre le cancer a reçu 123 millions d’euros de dons privés, soit 7% de moins qu’en 2019. Pourtant, Empruntis, la plateforme de courtage en crédits, annonce un partenariat jusqu’en 2026 pour reverser 1% de ses commissions à l’association. Un coup de com’ ? Pas seulement. Mais ça ne compense pas l’effondrement des dons individuels.

Un partenariat qui ne change rien aux vrais problèmes

Empruntis, c’est 3,5 millions d’utilisateurs en France. Le 1% de commissions reversé à la Ligue, ça fait quelques centaines de milliers d’euros par an. Assez pour un coup de projecteur, pas assez pour bouger l’aiguille. Surtout quand on sait que les dons des particuliers baissent depuis 2018, et que les entreprises, elles, préfèrent les partenariats aux dons directs. Pourquoi ? Parce que reverser 1% de ses marges, c’est fiscalement avantageux et ça fait propre sur le rapport RSE.

La Ligue contre le cancer, elle, a besoin de dons récurrents et massifs. Pas de chèques en bois signés par des fintechs. En 2022, seulement 15% des dons venaient des entreprises. Le reste ? Des particuliers, des legs, des subventions publiques. Or, depuis 2020, les legs baissent (-12% en 3 ans), et les subventions stagnent. Alors oui, Empruntis met de l’argent sur la table. Mais c’est de la monnaie de singe dans un océan de besoins.

Pourquoi les entreprises fuient les dons directs ?

Prenez Danone. En 2023, l’entreprise a reversé 5 millions d’euros à des associations, dont une partie à la Ligue. Mais en interne, les salariés savent que ces dons sont négociés avec l’État pour des contreparties fiscales. Résultat : peu d’impact réel, beaucoup de communication.

Empruntis, c’est pareil. Le 1% de commissions, c’est un geste symbolique, mais pas un engagement structurel. La Ligue, elle, a besoin de dons récurrents et prévisibles. Pas de coups d’éclat qui finissent en pub. En 2021, une étude de l’INSEE montrait que 60% des Français font un don par an, mais seulement 12% le font de manière régulière. Les entreprises, elles, préfèrent les partenariats parce que c’est moins engageant. Un don, ça s’annule. Un partenariat, ça se contrôle.

La Ligue contre le cancer joue un jeu dangereux

La Ligue a besoin d’argent. Beaucoup. En 2022, 38% de son budget venait des dons. Le reste ? Des subventions (42%) et des legs (15%). Or, les subventions publiques sont gelées depuis 2017, et les legs, comme dit plus haut, reculent. Alors oui, elle accepte les partenariats avec des fintechs. Mais à quel prix ?

Un partenariat comme celui d’Empruntis, ça rapporte quelques centaines de milliers d’euros par an. Ça fait 0,2% du budget total de la Ligue. Assez pour un communiqué de presse, pas assez pour sauver des vies. Surtout quand on sait que les frais de collecte (marketing, plateformes de paiement) mangent 20% des dons avant même qu’ils n’arrivent à destination.

Et si on parlait cash ?

La Ligue contre le cancer a un problème : elle dépend trop des dons aléatoires. Les entreprises, elles, ont une solution : les partenariats. Empruntis, c’est un bon client. Elle a de l’argent, une audience, et une image à soigner. La Ligue, elle, a besoin de dons massifs et stables. Pas de miettes reversées par des algorithmes.

Alors oui, Empruntis s’engage. Mais ce n’est pas un engagement, c’est une opération. Une opération qui coûte peu, qui rapporte beaucoup en visibilité, et qui laisse la Ligue avec les miettes d’un gâteau qu’elle ne peut pas se permettre de manger.

La vraie question, c’est : jusqu’à quand la Ligue va-t-elle accepter ces partenariats de complaisance ? Parce que derrière les beaux discours, il y a une réalité brutale : sans dons massifs et sans pression politique, la lutte contre le cancer en France va continuer à manquer d’argent. Et les partenariats avec des fintechs, aussi jolis soient-ils, ne changeront rien à ça.

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R Galaxie Rédaction

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