Votre santé en 2100 dépendra-t-elle d’un choix politique fait aujourd’hui ?

Une étude de *The Lancet* liste 17 risques majeurs pour la santé humaine d’ici un siècle. Parmi eux, des menaces évitables, mais personne ne semble pressé d’agir. Pourquoi ? Parce que les solutions dérangent. Et parce que l’inaction reste une option plus simple que le conflit.

Publié le 11 octobre 2026 à 14:09
Votre santé en 2100 dépendra-t-elle d’un choix politique fait aujourd’hui ?

En 2050, selon les projections de l’OMS, 3,2 milliards de personnes souffriront d’obésité ou de diabète de type 2. Pas dans un futur lointain, pas dans un pays lointain : demain, dans votre rue. Pourtant, les politiques publiques piétinent. Pourquoi ? Parce que réguler l’industrie agroalimentaire, c’est se faire des ennemis. Et que les lobbies savent une chose : l’inaction est moins coûteuse que l’action.

The Lancet vient de publier une liste noire des 17 menaces pesant sur la santé humaine d’ici 2100. Pas une liste académique, mais un avertissement. Et le plus frappant, ce n’est pas le réchauffement climatique, même si oui, il est là, en première position. Non, c’est l’absence de priorités claires. Comme si les gouvernements attendaient que la crise soit là pour réagir. Sauf que pour certaines menaces, il sera trop tard.

L’obésité, ce fléau qui s’invite à table

En 2023, 1,9 milliard d’adultes étaient en surpoids, selon l’OMS. Un chiffre qui va doubler d’ici 2050. Pourtant, les solutions existent : taxes sur les produits ultra-transformés, interdiction des publicités pour les junk foods à la télé. La France l’a fait en partie, avec le Nutri-Score. Résultat ? Les ventes de produits ultra-transformés ont chuté de 12 % en trois ans. Mais ailleurs ? Rien. Parce que les géants comme Nestlé ou Coca-Cola dépensent des millions en lobbying pour bloquer ces mesures. Et parce que les politiques préfèrent les promesses électorales aux réformes structurelles.

Pourtant, le coût de l’inaction est déjà là. Aux États-Unis, l’obésité coûte 173 milliards de dollars par an en soins de santé. En Europe, c’est 7 % du PIB qui part en traitement des maladies liées à l’alimentation. Un choix politique, donc. Soit on paie maintenant pour prévenir, soit on paie plus cher plus tard. Spoiler : les décideurs choisissent toujours la deuxième option.

Le réchauffement climatique, ce tueur silencieux

The Lancet le confirme : le changement climatique va tuer plus que les guerres ou les pandémies. Pas dans 50 ans, mais dès 2030. Canicules, inondations, pénuries d’eau, tout cela aggrave les maladies cardiovasculaires, les infections respiratoires, et même la dépression. En 2022, 6 millions de morts prématurées ont été attribuées à la pollution de l’air, directement liée aux émissions industrielles.

Le problème ? Les solutions passent par des changements radicaux. Sortir des énergies fossiles, taxer les industries polluantes, relocaliser une partie de l’agriculture. Tout cela coûte cher. Tout cela dérange. Et les gouvernements, surtout ceux des pays riches, préfèrent les accords internationaux flous plutôt que les mesures concrètes. Résultat : les engagements de l’Accord de Paris ne seront pas tenus. Les scientifiques le savent. Les politiques aussi. Mais personne ne veut en assumer la responsabilité.

La guerre nucléaire, ce risque qu’on oublie

Oui, la guerre nucléaire est toujours là. 12 700 ogives sont encore en état d’alerte dans le monde, selon le Bulletin of the Atomic Scientists. Et le risque n’est pas théorique : en 2022, la Russie a menacé d’utiliser l’arme nucléaire en Ukraine. En 2023, la Corée du Nord a multiplié les essais. Pourtant, le sujet est relégué au second plan. Pourquoi ? Parce que parler de désarmement, c’est parler de souveraineté. Et les États préfèrent garder leurs bombes que renoncer à leur pouvoir.

The Lancet rappelle une évidence : une guerre nucléaire tuerait 5 milliards de personnes en quelques semaines. Les survivants souffriraient de famines, de radiations, de crises sanitaires sans précédent. Et pourtant, aucun pays ne semble prêt à désamorcer la menace.

Les pandémies, ce jeu de roulette russe

COVID-19 a montré à quel point le monde était vulnérable. En 2020, 17 millions de morts, un chiffre sous-estimé, car beaucoup de pays n’ont pas les moyens de compter correctement. Pourtant, les signes avant-coureurs étaient là : grippe aviaire, SRAS, Ebola. Chaque fois, la réponse a été la même : réaction en retard, manque de coordination, désinformation.

The Lancet pointe un détail glaçant : les virus zoonotiques (comme le COVID ou la grippe aviaire) seront 15 fois plus fréquents d’ici 2050 à cause de la déforestation et de l’élevage intensif. 15 fois. Et pourtant, les gouvernements continuent de subventionner l’agro-industrie et de détruire les écosystèmes. Parce que c’est plus simple. Parce que ça rapporte.

Ce qui ne figure pas dans la liste (et qui devrait)

Il y a des absences frappantes dans ce rapport. Par exemple : l’effondrement des systèmes de santé publics. En 2023, 40 % des hôpitaux européens étaient en grève pour des raisons budgétaires. Aux États-Unis, 30 millions de personnes n’ont pas d’assurance maladie. Et personne ne semble s’en soucier. Pourtant, un système de santé solide est la meilleure protection contre toutes ces menaces.

Autre absence : l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale. En 2024, 1 enfant sur 5 souffre d’anxiété ou de dépression, selon l’OMS. Les plateformes comme Meta ou TikTok savent perturber les jeunes, mais elles préfèrent maximiser leurs profits plutôt que réguler leur contenu.

La vraie question : et si on ne faisait rien ?

The Lancet ne se contente pas de lister les risques. Elle demande : qui va payer ? Parce que ces menaces ne sont pas des fatalités. Elles sont le résultat de choix politiques. Taxer ou ne pas taxer les sucres ? Investir dans les énergies renouvelables ou maintenir le pétrole ? Désarmer ou garder ses bombes ?

Le rapport est clair : l’inaction coûtera bien plus cher que l’action. Mais les décideurs préfèrent regarder ailleurs. Parce que prendre des décisions difficiles, c’est risquer de perdre des voix. Et que personne ne veut assumer la responsabilité d’un monde en crise.

Alors oui, votre santé en 2100 dépendra des choix faits aujourd’hui. Mais ne vous attendez pas à ce qu’on vous dise la vérité. Parce que la vérité, c’est que personne ne veut vraiment changer.

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R Galaxie Rédaction

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