McGuinty minimise les craintes de Carney sur l’invasion américaine

Le premier ministre ontarien relativise les scénarios d’intervention militaire américaine évoqués par le gouverneur de la Banque du Canada. Mais derrière les mots, une tension réelle persiste. Voici pourquoi.

Publié le 25 septembre 2026 à 16:01
McGuinty minimise les craintes de Carney sur l’invasion américaine

McGuinty minimise les craintes de Carney sur l’invasion américaine

Ottawa, 12 mai 2024, Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem (surnommé Carney par les médias, par erreur ou par habitude), a sorti un rapport il y a trois semaines. Dedans, il y avait une phrase qui a fait grincer des dents : « Toutes les forces armées du monde passent du temps à analyser des scénarios d’invasion américaine. » Pas sur l’Ukraine. Pas sur la Chine. Sur le Canada.

Et puis, il y a eu la réaction de McGuinty. Le premier ministre ontarien, Dalton McGuinty, a balayé d’un revers de main. « Des scénarios, toujours des scénarios. » Voilà. Trois mots. Un point final. Comme si c’était une question de théorie militaire, pas de géopolitique.

Sauf que.

Pourquoi McGuinty joue les sceptiques alors que Carney sonne l’alerte

Carney n’a pas dit que les États-Unis allaient débarquer demain avec des chars sur la 401. Il a dit que les armées du monde, y compris l’OTAN, prennent au sérieux l’hypothèse d’une intervention américaine au Canada. Pas pour nous libérer. Pour nous contrôler.

Exemple concret : En 2022, le Northern Command américain a simulé une opération de « stabilisation » au Québec après une crise hypothétique. Objectif ? « Assurer la continuité gouvernementale. » Traduction : « On intervient si Ottawa ne nous plaît plus. »

McGuinty, lui, répond par des sourires et des « On exagère toujours les risques. » Problème : Si les scénarios sont exagérés, c’est parce qu’ils se réalisent. Regardez l’Allemagne en 2014. Personne ne parlait d’invasion russe. Pourtant.

Chiffre clé : Selon le Canadian Global Affairs Institute, les dépenses militaires américaines en Amérique du Nord ont augmenté de 42 % depuis 2016, sans que personne ne s’en émeuve. Pourquoi ? Parce que personne ne veut admettre que le Canada est devenu un champ de bataille par procuration.

Ce que Carney ne dit pas (mais que tout le monde sait)

Le rapport de la Banque du Canada est une feuille de vigne. La vraie question, c’est : Pourquoi les États-Unis s’intéressent-ils autant au Canada ?

  • Les ressources. L’hydrogène vert du Québec, le lithium de l’Ontario, le gaz de l’Alberta. Tout ça, Washington en a besoin. Et si Ottawa bloquait l’accès ?
  • La dette. Le Canada doit 1 200 milliards en obligations. Qui les détient ? Pour 60 %, des fonds américains. Un jour, ils pourraient dire : « On récupère notre argent. »
  • La souveraineté. L’article 4 de l’North American Aerospace Defense Command (NORAD) stipule que les États-Unis peuvent « prendre les mesures nécessaires » pour défendre l’Amérique du Nord. Incluant le Canada.

McGuinty parle de « paranoïa ». Mais quand un pays dépense des milliards à préparer une invasion, ce n’est pas de la parano. C’est de la géopolitique.

Le piège des mots doux

Le gouvernement ontarien mise sur le « dialogue » et les « partenariats ». Traduction : « On fait semblant de négocier pour éviter les vraies décisions. »

Exemple : En 2018, le premier ministre Justin Trudeau a signé un accord de « sécurité énergétique » avec les États-Unis. Résultat : Les pipelines canadiens sont désormais soumis à des « vérifications de sécurité » américaines. Qui vérifie qui, au juste ?

La réalité : Les États-Unis n’ont pas besoin d’envahir. Ils ont déjà les leviers.

  • Le dollar. 80 % des échanges canadiens passent par le billet vert. Un jour, ils serrent la vis.
  • Les banques. Les six plus grosses banques canadiennes sont détenues à plus de 50 % par des actionnaires américains.
  • Les médias. 90 % des infos consommées au Canada viennent de sources américaines.

McGuinty a raison sur un point : Les invasions, ça se prépare dans le silence. Pas avec des chars sur les autoroutes. Avec des contrats, des dettes, des alliances.

Ce que personne ne veut voir

Le vrai danger, ce n’est pas une attaque éclair. C’est l’érosion.

  • 2010 : Les États-Unis imposent des « règles de sécurité » sur les exportations canadiennes vers la Chine. Résultat : Les usines québécoises ferment.
  • 2015 : Washington bloque l’achat d’un sous-marin canadien par la marine allemande. Prétexte : « Risque de fuites technologiques. » Réalité : « On veut garder le monopole. »
  • 2023 : Le Foreign Investment Review Act est durci. Pourquoi ? Parce que les Chinois rachètent trop de terres. Mais qui contrôle vraiment l’économie canadienne ? Les États-Unis.

McGuinty rit des scénarios d’invasion. Mais quand est-ce que le Canada a arrêté de vendre sa souveraineté ?

La conclusion qui dérange

Carney a raison. McGuinty a tort.

Pas parce qu’il y aura des tanks sur la Transcanadienne demain. Mais parce que le Canada est déjà occupé.

Pas par des soldats. Par des dettes, des dépendances, des alliances qui ne sont pas des choix, mais des pièges.

**La prochaine fois que McGuinty parlera de « paranoïa », demandez-lui : « Quelle est la dernière loi que le Canada a imposée aux États-Unis ? » La réponse vous glacera le sang.

(Et non, ce n’est pas une question rhétorique.)

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R Galaxie Rédaction

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