Maurice s’embrase, le gouvernement serre la vis

Pénuries d’eau, vie chère, et maintenant une femme blessée par balle : l’île Maurice explose. Les autorités durcissent les restrictions, mais la colère gronde. Voici pourquoi la situation pourrait empirer.

Publié le 15 octobre 2026 à 14:00
Maurice s’embrase, le gouvernement serre la vis

Le 12 mars, à 21h30, une femme de 35 ans se fait tirer dessus par un policier à Port-Louis. Pas un accident, pas une erreur : un tir délibéré, selon les témoignages. Résultat ? Une île déjà à bout de nerfs qui s’enflamme. Le couvre-feu est prolongé jusqu’à 20h, les rassemblements interdits, les arrestations en hausse. Mais est-ce que ça calme les choses ? Non. Ça les enterre un peu plus sous le tapis.

L’eau manque, les prix montent, et personne ne bouge vraiment

À Maurice, l’eau du robinet est souvent impropre à la consommation depuis des mois. Les réservoirs sont à sec, les coupures fréquentes. Le gouvernement promet des solutions, mais les citernes promises ne arrivent pas, ou trop tard. Pendant ce temps, le coût de la vie explose : +12 % sur les produits de base en un an, selon la Central Statistics Office. Le riz, les lentilles, même l’essence deviennent des luxes. Et les salaires ? Ils stagnent.

Pourtant, quand on demande des comptes, les réponses sont lisses : « Des mesures sont en cours. » «En cours» depuis 2022.

La police tire, la population en a marre

L’affaire de la femme blessée à Port-Louis n’est pas un cas isolé. En 2023, 145 plaintes pour violences policières ont été déposées, selon Transparency Mauritius. Mais combien aboutissent ? Peu. La justice traîne, les policiers bénéficient souvent de la présomption d’innocence… jusqu’à ce qu’un tir de plus fasse basculer l’opinion.

Ce soir-là, des centaines de personnes ont défilé dans les rues de Curepipe, hurlant « On en a assez ! ». La police a chargé. Des arrestations, des matraques, des cris. Et après ? Le couvre-feu. Comme si ça résolvait quoi que ce soit.

Le vrai problème : personne ne veut voir la crise venir

Les pénuries d’eau ? Un problème structurel, lié à la mauvaise gestion des ressources depuis des années. La vie chère ? Une conséquence directe des importations coûteuses et des taxes qui écrasent les ménages. Mais en parler, c’est politiquement incorrect.

Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, mise sur le dialogue. Sauf que le dialogue, à Maurice, ça ressemble souvent à un monologue. Les syndicats crient, les opposants dénoncent, mais les décisions ? Elles arrivent en retard, ou pas du tout.

Prenez l’exemple de la compagnie des eaux, Mauritius Waterworks. En 2023, elle a dépensé 30 millions de dollars en « maintenance », mais les fuites dans les réseaux restent à 30 %. 30 % de l’eau qui disparaît dans la nature. Et que fait le gouvernement ? Il annonce des « plans d’urgence »… en 2024.

Et maintenant ? La colère va où ?

Les Mauriciens ne sont pas des rebelles. Ils veulent juste vivre normalement. Mais quand l’eau coule mal, quand les prix grimpent, et que la police tire sans raison, la patience s’épuise.

Le pire ? Personne ne sait comment ça va finir.

  • Les manifestations vont-elles s’intensifier ? Oui, probablement.
  • Le gouvernement va-t-il céder sur les prix ou la police ? Peut-être, mais trop tard.
  • La situation va-t-elle dégénérer ? Si rien ne change, oui.

Parce que quand un peuple en a marre, il ne se contente plus de manifester. Il passe à l’acte.

Et à Maurice, l’acte suivant pourrait être bien plus violent que des pierres lancées contre des voitures de police.

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R Galaxie Rédaction

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